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Détails20h30-23h30
Cinéma Le Méliès, centre commercial de la Croix de Chavaux, 93100 Montreuil.
Mer 28 nov, Mer 19 déc, Mer 30 jan (séance annulée en soutien de la grève menée par l'équipe du Méliès)
Mer 12 déc (18h10) BFI (British Film Institute) Southbank, Belvedere Road, South Bank, London, SE1 8XT
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Cycle conçu et organisé avec la Maison Populaire de Montreuil, le cinéma Le Méliès et l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Le Collège international de philosophie a toujours eu comme ambition de permettre les « intersections » entre la philosophie et les autres modes de la pensée. La réflexion sur le cinéma est un aspect important de la philosophie contemporaine. Les « Écrans philosophiques », organisés en partenariat avec La Maison Populaire, le cinéma Le Méliès de Montreuil et l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sont une nouvelle occasion d’un philosopher qui se déploie en un dialogue avec une œuvre d’art déterminée. Carte blanche est donnée à un philosophe (directeur de programme ou invité) qui choisit un film, et propose, après sa projection, la réflexion qu’il lui inspire.
Mercredi 28 novembre
In Bruges ou l’atteinte à la « ciné-moralité »
Film : Bons baisers de Bruges (In Bruges) de Martin McDonagh (UK, USA, 2008, 1 h 47) avec Colin Farrell, Brendan Gleeson, Ralph Fiennes.
Présenté par Matthew Pateman, professeur de l'esthétique populaire à l’Université de Kingston, Londres.
In Bruges est l’histoire de deux tueurs à gages, Ray et Ken, à qui l’on a donné l’ordre de se cacher à Bruges. Dans l’attente de consignes ultérieures, les deux hommes se promènent dans l’ancienne ville médiévale. Au sein de l’art et de l’architecture religieux anciens, l’histoire de ces deux hommes émerge. Le passé meurtrier et violent de Ray explique que les deux hommes aient à se cacher et pousse Ray au bord du suicide.
Violent, souvent obscène, et très drôle, le film installe des personnages cinématiques (le tueur à gages, le couple dépareillé, la mère nourricière, le truand, l’Amérique arrogante, et le nain) et des structures discursives (une histoire de rédemption, un récit d’honneur, et de vengeance) afin de mieux subvertir les certitudes morales que celles-ci présupposent. In Bruges nous présente un récit dont les « figures » (dans le sens que proposait Jean-François Lyotard) dérangent alors même qu’elles semblent destinées à conforter la « ciné-moralité » de ces structures discursives.
Matthew Pateman
Mercredi 19 décembre
Lonesome Cowboy
Film : La prisonnière du désert (The Searchers) de John Ford (USA, 1956, 1 h 59) avec John Wayne, Jeffrey Hunter, Natalie Wood.
Présenté par Pierre Lauret, professeur de philosophie en classes préparatoires littéraires (lycée Louis-le-Grand), directeur de programme au CIPh
"La Prisonnière du désert délivre sans lésiner les plaisirs enfantins du western : grands espaces, méchants indiens, héros invincibles et magnanimes, le tout sous l’œil infaillible du plus visuel des grands cinéastes américains. Le miracle du film est de faire coexister cette jouissance simple de la nature et de l’aventure, et une âpreté politique et morale sans égale. Un homme poursuit des Comanches pour ramener à la maison sa jeune nièce qu’ils ont enlevée. Mais lui la connaît à peine, il l’a vue au plus quelques heures. La « maison » n’existe plus, les Comanches l’ont brûlée, et ont tué le reste de la famille. Le héros protecteur de la famille, de la communauté et de la race, n’a ni famille ni communauté, et ceux dont il est le plus proche dans son errance sont ces Indiens qu’il exècre et poursuit, mené par une pulsion opaque. Au terme de son entreprise, ayant ramené la jeune fille dans une communauté qui n’est plus la leur, il retourne au désert, comme Ulysse doit repartir au pays des morts."
Pierre Lauret
Mercredi 30 janvier
Le paradis est toujours pour demain
Film : La classe ouvrière va au Paradis (La classe operaia va in paradiso) de Elio Petri (Italie, 1971, 2h05) avec Gian Maria Volontè, Mariangela Melato, Gino Pernice, Salvo Randone.
Présenté par Gérard Bras, philosophe, ancien directeur de programme au CIPh.
"La classe ouvrière va au paradis, titre pris ironiquement, puisque le film expose l’enfer de l’usine, du travail d’usine. À l’instar du Arbeit macht frei, sa vérité serait chez Dante : « Vous qui entrez, laissez toute espérance. » Il s’agirait alors du récit d’une prise de conscience, de la restitution à soi qui surmonte l’aliénation. Ce serait méconnaître l’antinomie dont le film explore les arcanes : utopie gauchiste versus réalisme syndical ; désir versus ordre social. Formons l’hypothèse que l’humour mis en œuvre par Elio Petri est un levier pour se libérer des pièges de l’antinomie, pour rendre sensible la capacité de la vie à frayer sa voie au sein même des dispositifs mortifères de l’exploitation du travail."
Gérard Bras
Pour des raisons relatives à la disponibilité du film, le public est invité à vérifier que les séances ont bien lieu auprès du cinéma Le Méliès : T 01 48 58 90 13 - www.montreuil.fr/culture/cinema/ ou de la Maison Populaire de Montreuil : T 01 42 87 08 68 - www.maisonpop.fr
La projection commence à 20h30 sous réserve que la durée de la projection précédente n'en modifie pas l'horaire.
Le prix de la séance, conférence comprise, est de 6,50 euros pour le plein tarif, 5 euros pour le tarif réduit, 4,60 euros par carnet de 10 (carnet non nominatif, utilisable sur toutes les séances), et 4 euros (chômeurs, RSA, familles nombreuses).
L’entrée à la conférence qui suit est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
Dans le cadre d'un échange avec la London Graduate School (Kingston University, Royaume-Uni) seront organisées au British Film Institute de Londres des projections de films suivies de débats philosophiques.
Mercredi 12 décembre (18h10)
à BFI (British Film Institute) Southbank, Belvedere Road, South Bank London, SE1 8XT
Le véhicule de la transmission
Film : Gran Torino de Clint Eastwood (USA, 2008). Avec Clint Eastwood, Bee Vang, Ahney Her.
Présenté par Pascal Sévérac est maître de conférences à l'Université Paris-Est Créteil, directeur de programme au Collège International de Philosophie et rédacteur en chef pour la revue laviedesidees.fr. Spécialiste de Spinoza, il s'intéresse aussi à certaines questions concernant l'éducation et le handicap.
Comme la voiture qui lui donne son titre, le film de Clint Eastwood joue des opposés: classique dans sa facture, il dégage une grande liberté; modeste dans ses moyens, il jouit d'une belle aura. Film traversé par les bons et les mauvais sentiments, par le conflit larvé ou explosif (les cicatrices de la guerre, l'opposition entre les générations, la violence urbaine, le racisme…), il se tend entre comédie et tragédie, et devient le véhicule de la discorde et de la réconciliation.
Pascal Sévérac
Détails20h30-23h30
Cinéma Le Méliès, centre commercial de la Croix de Chavaux, 93100 Montreuil.
Mer 27 février (séance annulée en soutien de la grève menée par l'équipe du Méliès), Mer 27 mars , Mer 24 avr, Mer 29 mai, Mer 12 juin (séances annulées)
En signe de désaccord avec l'éviction de Stéphane Goudet, directeur du cinéma le Méliès et co-responsable de longue date des "Ecrans philosophiques" proposés par le Collège et la Maison Populaire de Montreuil, le Collège renonce à organiser l'ensemble des prochaines séances prévues ce semestre. Nos excuses au public, nombreux, qui assistait à ces séances de cinéma et aux débats qui les suivaient.
Cycle conçu et organisé avec la Maison Populaire de Montreuil, le cinéma Le Méliès et l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Le Collège international de philosophie a toujours eu comme ambition de permettre les « intersections » entre la philosophie et les autres modes de la pensée. La réflexion sur le cinéma est un aspect important de la philosophie contemporaine. Les « Écrans philosophiques », organisés en partenariat avec La Maison Populaire, le cinéma Le Méliès de Montreuil et l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, sont une nouvelle occasion d’un philosopher qui se déploie en un dialogue avec une œuvre d’art déterminée. Carte blanche est donnée à un philosophe (directeur de programme ou invité) qui choisit un film, et propose, après sa projection, la réflexion qu’il lui inspire.
La projection commence à 20h30 sous réserve que la durée de la projection précédente n'en modifie pas l'horaire. Renseignements auprès du cinéma Le Méliès : www.montreuil.fr/culture/cinema/ -Tél. 01 48 58 90 13 ou de la Maison Populaire de Montreuil : www.maisonpop.fr - Tél. 01 42 87 08 68.
Le prix de la séance, conférence comprise, est de 6,50 euros pour le plein tarif, 5 euros pour le tarif réduit, 4,60 euros par carnet de 10 (carnet non nominatif, utilisable sur toutes les séances), et 4 euros (chômeurs, RSA, familles nombreuses).
L’entrée à la conférence qui suit est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
Dans le cadre d'un échange avec la London Graduate School (Kingston University, Royaume-Uni) seront organisées au British Film Institute de Londres des projections de films suivies de débats philosophiques. Renseignements et programme sur le site du Collège : www.ciph.org
Mercredi 27 février
Filmer ou agir, faut-il choisir ?
Film : Cloverfield de Matt Reeves (USA, 2008, 1h21) avec Michael Stahl-David, Lizzy Caplan, Jessica Lucas.
Présenté par Emmanuel Burdeau, critique de cinéma, collaborateur à Mediapart et à Trafic, programmateur du Festival International du film de La Roche-sur-Yon.
« Cloverfield est un film de fiction qui appartient au genre catastrophe ou horrifique mais qui se donne pour un documentaire, pour le reportage réalisé en direct par un jeune homme se trouvant en possession d'une caméra le soir où un monstre attaque New York. Il existe une vieille alternative, dans la pensée et dans l'éthique du cinéma, qui dit à peu près : filmer ou agir il faut choisir, on ne peut faire l'un et l'autre à la fois. Serge Daney l'a résumé d'une formule géniale : filmer, disait-il, c'est « bien souvent non-assister une personne en danger ». Mais que se passe-t-il lorsque, grâce à l'avènement du numérique, les caméras sont devenues assez légères et petites pour pouvoir filmer d'une main, et de l'autre parer au danger qui vous menace ou menace vos amis ? De quelle manière se trouvent alors redéfinis les rapports du cinéma à ses limites, notamment morales ? »
Emmanuel Burdeau
Mercredi 27 mars
La connaissance de l'homme par l'homme : une projection contrariée
Film : La Grotte des Rêves Perdus de Werner Herzog (film documentaire, France, USA, Grande Bretagne, Canada, Allemagne, 2011, 1h30).
Présenté par Patrice Maniglier, maître de conférences en philosophie à l'Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, ancien élève de l'École Normale Supérieure (Ulm), directeur de programme au CIPh.
« Werner Herzog a eu l’autorisation de filmer pour la première et peut-être, dit-on, pour la dernière fois, les peintures pariétales de grotte Chauvet qui datent d’il y a 35 000 ans et qui ne sont accessibles qu’à de très rares spécialistes. Le film étant sorti en 3D comme un blockbuster américain pouvait laisser imaginer qu’on allait assister à une fête visuelle, à une véritable épiphanie. Mais c’est une œuvre au contraire qui s’adresse à l’esprit que Werner Herzog a réalisé, une méditation sur l’identité humaine et les limites du visible. »
Patrice Maniglier
Mercredi 24 avril
Les affects du politique
Film : Le Cuirassé Potemkine de Serguei Eisenstein (Russe, 1926, 1h10) avec Alexandre Antonov, Vladimir Barsky, Grigori Aleksandrov.
Présenté par Frédéric Lordon, économiste, directeur de recherche au CNRS, chercheur au Centre de sociologie européenne et membre du collectif « Les Économistes atterés ».
L'ambition de la séance sera de mettre en rapport la thématique politique du film avec les analyses de Spinoza développées dans son dernier ouvrage, le Traité politique.
Mercredi 29 mai
Qu'est-ce que voir ?
Film : Fenêtre sur cour d'Alfred Hitchcock (USA, 1955, 1h50) avec James Stewart, Grace Kelly, Wendell Corey.
Présenté par Nicolas Piqué, maître de conférences en philosophie à l'université de Grenoble (IUFM), ancien directeur de programme au CIPh.
« Comme souvent Hitchcock allie dans ce film suspense prenant et réflexion sur la question décisive du cinéma, qu’est-ce que voir ? Il y met en scène et questionne la confiance dans ce que nous voyons. C’est alors la réalité même qui se trouve affectée, interrogeant la capacité de la photographie et du cinéma à en rendre compte. Hitchcock mêle ainsi plaisir narratif et réflexion sur les pouvoirs de l’artifice. »
Nicolas Piqué
Mercredi 12 juin
Cette séance sera présentée par Catherine Weathley, maître de conférence en Études filmiques dans le département d'Études filmiques au King's College, Université de Londres, à Londres.
Les informations complémentaires seront consultables sur le site du Collège www.ciph.org
Détails18h30-20h30
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 27 mars, Mer 3 avr, Mer 10 avr : Salle JA05 Germaine Tillion
Mer 17 avr : Salle JA01 Maurice Allais
Mer 24 avr : Salle JA05 Germaine Tillion
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
« Je me porte bien dans la mesure où je me sens capable de porter la responsabilité de mes actes, de porter des choses à l’existence et de créer entre les choses des rapports qui ne leur viendraient pas sans moi, mais qui ne seraient pas ce qu’ils sont sans elles. Et donc j’ai besoin d’apprendre à connaître ce qu’elles sont pour les changer ».
Georges Canguilhem, La Santé : concept vulgaire et question philosophique
La médecine – sciences et techniques, théorie et pratique – est d’abord une relation, entre soignant et soigné, exprimée à travers une gestuelle médicale ancestrale.
Que s’échange-t-il entre médecin et malade ? Les séminaires précédents se sont interrogés sur la nature d’une telle relation, à partir des trois dimensions suivantes : le regard du médecin, le sentiment du malade, et le dialogue qui s’établit entre ces deux sujets sous des formes très diverses. Tout un ensemble de savoirs, d’expériences, de gestes et de paroles investissent cette relation : science, expérience, maladie, thérapeutique, mais aussi conflit, informations, discours explicite et implicite… Ce sont autant de données essentielles pour comprendre la complexité de cette relation, si richement et diversement restituée par la littérature médicale des siècles passés comme par des textes plus contemporains.
Une étude suivie de la construction de la relation médecin malade dans la médecine occidentale, prenant en compte la variété et la diversité des documents relatifs à cette étude, invite à interroger les sources médicales de la connaissance de l’Homme, à travers des questions d’épistémologie, d’histoire, de philosophie ou encore d’éthique.
Une thématique dominera cette nouvelle série de séminaires : l’importance accordée par la médecine, depuis son origine, à la santé morale de l’homme. À partir de quels critères devient-on un « fou » ? Et aux yeux de quels médecins ? Selon quelle anthropologie ? Car la question des rapports entre le moral et le physique prend, dans ce contexte, toute son importance. Depuis le registre des passions, jusqu’à celui des affections mentales qui font l’objet d’études, d’expériences et de classifications médicales, la médecine propose un discours riche, varié, parfois contradictoire, et offre aux philosophes d’inépuisables sources d’interrogations.
Un tel parcours sollicitera des chercheurs et spécialistes d’histoire de la médecine, de la philosophie de l’éthique médicale.
Détails
Détails18h30-20h30
Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mar 20 nov (séance annulée) : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03)
Mar 11 déc (séance annulée), Mar 15 jan : Salle N33bis devient (Salle PrM-1.02)
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé en collaboration avec l'EHESS, Centre Norbert Elias.
L’enquête conduite dans le cadre de ce séminaire vise à rendre compte d’une sorte d’énigme : le retour contemporain du concept de société civile qui, après avoir joué un rôle central dans la formation de la modernité politique, était tombé en désuétude depuis le milieu du XXe siècle. Qu’est-ce que ce revival soudain et massif peut nous apprendre sur la conjoncture théorique contemporaine ? Comment, en retour, devons-nous renouveler notre compréhension de la modernité politique et de son histoire ?
Engagée en 2007, cette recherche d’histoire conceptuelle a conduit aux résultats suivants : 1/. Le concept de société civile nous est apparu comme un « concept champ » formé au tout début de la modernité et à partir duquel se sont distingués successivement ceux d’État et de marché, qui représentent respectivement la société sous les paradigmes de l’autorité et de la transaction et tendent l’un et l’autre à subsumer sans reste l’ensemble des rapports sociaux. 2/. Loin d’épuiser les potentialités du concept de société civile, ces deux mutations se sont faites en écartant et recouvrant, sans le supprimer, un troisième paradigme dont elle est porteuse : la représentation de la société comme association. Nous avons discerné toute une série de buttes témoins qui attestent de la vitalité récurrente de ce paradigme. 3/. Il nous a semblé possible enfin, en recoupant ces résultats avec les observations initiales dont nous étions partis, de penser par hypothèse le retour présent de la société civile comme effet sur le long terme du heurt entre ces deux paradigmes, comme expression d’une résistance à cette double subsomption de la société, comme une figure renouvelée du paradigme de l’association.
La dernière année de ce programme de recherche (2012-2013) aura pour objet de mettre à l’épreuve cette hypothèse sur le double terrain de l’histoire et du concept : en interrogeant les conditions du retour de la société civile dans les dernières décennies du XXe siècle et en interrogeant la consistance et la fécondité présentes d’une représentation de la société comme association.
Ce séminaire se tient en parallèle à Paris et à Marseille, où il est accueilli par le Centre Norbert Elias de l’EHESS, Centre de la Vieille Charité.
Détails
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Détails18h30-20h30
Lun 12 nov : Salle 1, Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris, 18h30-20h30
Ven 16 nov : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris, 18h30-20h30
Lun 3 déc, Lun 10 déc : Salle 1, Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris, 18h30-20h30
Lun 14 jan, Lun 21 jan : Salle Seminarraum 1, Hochschulübergreifendes Zentrum Tanz Berlin, Uferstudios, Uferstr. 23, 13357 Berlin (Allemagne)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Séminaire organisé avec le soutien du Centre inter-universitaire de danse de Berlin et du Centre Parisien d'Études Critiques.
Que la danse puisse être considérée comme un dispositif, procède du constat que cette danse agit dans l’en deçà de la société et non dans un monde clos de l’Art, pensé en tant qu’espace fonctionnalisé du social. La pratique culturelle de la danse est devenue un modèle, une ligne directrice dotée d’un pouvoir d’agir et de faire agir, qui justifie qu'on la qualifie de dispositif. Par là, la danse acquiert en même temps la valeur de symbole de toutes les tendances à réduire la vie à un effet du performatif, à traiter celle-ci comme un processus ne puisant qu’en lui-même ses valeurs et ses énergies, isolant et délimitant l’individu dans sa lutte pour son auto-suffisance. Ce processus est également à l’œuvre dans les structures et structurations civiles de communautés soumises aux pas d’un capitalisme tardif et placées sous le signe du post-national. La question du contemporain en tant qu’épithète de pratiques culturelles (dont « la danse contemporaine ») et de ses appétits hégémoniques appelle donc à des réflexions radicales.
Il s’agit donc de juxtaposer le dispositif de la danse (contemporaine) au modèle hybride d’une aperception contemporaine. Car le postulat du Contemporain de proposer en même temps une catégorie de valeur (donc qualitatif) et de suprématie tant intellectuelle que discursive ne va plus de soi. Existe-il des critères, au sein d’une culture mondialisée, qui au nom du Contemporain seraient applicables à n’importe quelle pratique artistique, quels que soient le lieu, le temps et la condition de sa création ? Et s’il en était ainsi, en quoi ce geste universel trouverait-il son fondement ? Le Contemporain, peut-il réclamer la même dimension que, par exemple, les droits de l’homme, le marché ou l’écologie ?
Le séminaire tentera, en adoptant des perspectives et des approches disciplinaires diverses, d’examiner la notion diachronique du Contemporain et sa conceptualisation transnationale actuelle.
Intervenants :
- Lundi 12 novembre (Paris) : Franz Anton Cramer (CIPh)
- Vendredi 16 novembre (Paris) : François Frimat (Latitudes contemporaines, Lille) remplacé par Franz Anton Cramer (CIPh)
- Lundi 3 décembre (Paris) : Boyan Manchev (Université nouvelle de Sofia, ancien directeur de programme au CIPh)
- Lundi 10 décembre (Paris) : Salim Abdelmadjid (CIPh)
- Lundi 14 janvier (Berlin) : Franz Anton Cramer
- Lundi 21 janvier (Berlin) : Boyan Manchev
Détails18h30-20h30
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 26 nov : Salle JA01 Maurice Allais
Mer 28 nov, Ven 30 nov : Salle JA05 Germaine Tillion
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Ce séminaire fait également partie des activités du projet de recherche intitulé « Les désaccords du temps » entre l'Université pontificale catholique de Rio de Janeiro, l'Université fédérale de Rio de Janeiro, l'Université Paris Diderot-Paris 7 et l'Université de Picardie Jules Verne (Amiens) dans le cadre de l'accord CAPES-COFECUB.
Si, jusqu’au XVIIIe siècle, le domaine de l’expérience humaine se trouve fortement lié aux notions d’intériorité et de maîtrise de soi, la modernité philosophique trouve ses fondements et sa puissance propre justement dans le bouleversement de ces rapports, impliquant une tension irréductible entre le propre et l’impropre, le pur et l’impur, le même et l’autre, le soi et le hors-soi, le corps et son entourage.
En ce sens, le domaine de l’esthétique devient un champ d’expérimentation inépuisable, s’appropriant incessamment son dehors. La conquête de l’autonomie esthétique ne va désormais plus sans une sorte d’hétéronomie, qui pousse les arts à déborder sans cesse le cadre historique où se définissent leurs objets, leurs outils et leurs procédés. L’expérience de l’art constitue donc en quelque sorte le lieu où l’expérience de la pensée, l’expérience du monde, l’expérience du langage et l’expérience de soi se brouillent, se traduisent, se trahissent, bref se mettent réciproquement en question.
Il s’agit donc, en dernière instance, de réfléchir sur la façon propre de l’art d’interroger l’expérience du contemporain, de faire parler ou de laisser parler la langue de notre époque, la rumeur du commun, tout en résistant, par là même à cette rumeur. Et ainsi de s’offrir comme lieu de partage de quelque chose de commun, d’un lieu commun de pensée, permettant en quelque sorte aux humains de communiquer, de rendre commune la sensation d’être commun, d’être comme un autre, comme un homme, un homme commun.
Nous nous proposons donc, dans ce séminaire, de fixer l’attention sur certaines manifestations artistiques et culturelles contemporaines au Brésil et en France – en particulier les arts plastiques, le cinéma, la poésie – à partir de la façon dont la notion d’expérience s’y trouve actualisée et interroge ainsi, justement, le contemporain.
Intervenants : Christophe Bident, Guillaume Gesvret, Hervé Joubert-Laurencin.
Détails18h30-20h30
Salle 2, Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Lun 15 oct (séance annulée), Lun 22 oct
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
Nous avons examiné l'an dernier les objections bouddhistes contre l'existence du Soi, et la riposte de la Reconnaissance : il doit nécessairement exister une activité consciente permanente pour mettre en relation les cognitions. Sans cette synthèse cognitive, la mémoire, fondement des activités humaines, serait impossible.
Cette année, nous nous attacherons à nous demander si cette conscience est impersonnelle et, si elle l'est, pourquoi la reconnaissance y voit un « moi » ? Que désigne donc le « je » ? – La conscience, permanente, qui ne se réduit pas à la série des cognitions instantanées. Mais ce mot de « je » n'est-il pas une construction linguistique, qui se pose en s'opposant à un « non-je » ? Dès lors, n'est-il pas l'une de ces constructions imaginaires que dénonce le bouddhisme, ou encore l'une de ces « croyances de Logiciens » vitupérées par Nietzsche ?
Ce point du débat entre la Reconnaissance et le bouddhisme nous permettra de réfléchir sur le statut du langage. Y a-t-il un au-delà du langage ? Ou plusieurs sortes d'au-delà ? Si oui, le langage ne peut-il servir qu'à suggérer ce qui le dépasse ? La démarche verbale est-elle purement négative ? Ou bien y a-t-il un rapport plus intime entre le langage et ce qui le dépasse, entre la pensée et l'être ?
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Détails18h30-20h30
Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Lun 22 oct, Lun 26 nov : Salle 1
Lun 3 déc : Salle 2
Lun 14 jan : Salle 1
Pour des raisons de sécurité, l'accès à l'immeuble où est hébergé le CPEC est dorénavant fermé par une porte à digicode.
Un vacataire du CIPh vous ouvrira la porte de 18h20 à 18h30, puis toutes les 5 minutes jusqu'à 19h.
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
Nous poursuivrons cette année nos travaux en revenant sur la manière dont juifs, musulmans et sauvages deviennent sous les Lumières à la fois témoins et enjeux dans un procès de reformulation théorique du fait religieux qui a pour but de neutraliser les potentialités les plus toxiques du christianisme. Engagées dans leur bilan critique du christianisme, les Lumières ne s’en tiennent à ce projet qu’à le généraliser aussitôt sous la forme d'une anthropologie du religieux. Tout se passe comme si le projet critique ne pouvait porter spécifiquement sur le christianisme, comme s’il y avait là quelque chose d’aveuglant. Il en résulte, d’abord, une généalogie possible de la réactivation moderne de l’universalisme paulinien ; ensuite une naturalisation du religieux qui sera l’un des temps forts de la sécularisation ; troisièmement une volonté passionnée de savoir portant sur les autres monothéismes (judaïsme, islam) ; enfin la convocation des juifs à figurer comme témoins dans l’élaboration du nouveau modèle de citoyenneté.
Sans abandonner tout à fait notre triangle « traduction-peuple-exil », nous nous concentrerons davantage cette année sur ses deux premiers termes pour en faire jouer les tensions avec le pôle religieux. Nous reprendrons notre lecture de G.E. Lessing pour y repérer, peut-être, une formule de la religion naturelle d’avant la radicalisation et l’universalisation kantiennes (« le christianisme, seule véritable religion »), capable de laisser vivre des tensions insupportables à la génération suivante. Nous chercherons à analyser ainsi l’appareillage conceptuel des controverses qui précèdent l’émancipation des juifs, et ce qu’elles laissent perdurer, ces ambiguités dont témoignent les écrits de Rahel Varnhagen et la poésie de Heine, et que personne n’a mieux décrites que Hannah Arendt.
Intervenants :
- Lundi 26 novembre : Rada Ivekovic (philosophe, ancienne directrice de programme au CIPh) : Mémoires divisées
- Lundi 3 décembre : Diogo Sardinha (CIPh) : Anthropologie de la canaille
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Détails18h30-20h30
Jeu 20 déc , Ven 21 déc (séances annulées): Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 7 jan, Mar 8 jan : Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Séminaire organisé en collaboration avec l'Université des Arts de Zurich (ZHdK).
Ce séminaire se situe dans le prolongement du semestre précédent. Avec les révolutions de la fin du XVIIIe et du XIXe siècle, le coup d’État acquiert une signification nouvelle : il devient une action politique subversive, initiée à l’extérieur du lieu d’autorité légitime. Ainsi redéfini, un coup d’État change la personne des gouvernants sans nécessairement modifier l’identité politique de l’État. La pensée moderne rend le coup d’État classique obsolète tout en le couvrant d’une étiquette d’illégitimité. Faut-il cependant croire que celui-ci ait complètement disparu de l’horizon de pensée et de la pratique politique moderne ? Ne pourrions-nous pas voir en lui un pouvoir constituant agissant de l’intérieur même de la pratique gouvernementale pour la tirer au-delà de ses propres limites ? Si tel est le cas, y aurait-il lieu de repenser le concept et la pratique moderne de révolution à la lumière d’une généalogie du concept politique de coup d’État ? Peut-on interpréter le fonctionnement normal et régulier du pouvoir comme résidant dans l’exception ? Quel rôle joue la décision (notion-clé dans la pratique du coup d’État) dans les mécanismes de transformation politique ?
Détails18h30-20h30
Salle N34 devient (Salle PrM-1.03), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Lun 21 jan, Mar 22 jan, Mer 23 jan, Jeu 24 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé avec l'Université des Arts de Zürich (ZHdK), NoSoPhi - Normes, sociétés, philosophies (Université Paris 1) et la revue Materiali Foucaultiani.
Penser l'insurrection sous ses différentes formes (épistémologique, politique, éthique), voilà le premier but de ce séminaire intensif, organisé en deux volets : quatre séances en janvier 2013, puis quatre séances en juin 2013, à Paris. Foucault est bien un penseur de l'insurrection : il suffit de se rappeler sa définition de la politique, dans Sécurité, territoire, population, comme « le premier soulèvement, le premier affrontement ». Il est aussi un penseur du contre : les contre-conduites, dans ce cours de 1977-1978, ne sont qu'une occurrence de cette manière de réfléchir, puisqu'avant elles, dans « Il faut défendre la société », de 1975-1976, il est déjà question d'anti-sciences et de contre-histoires. Ce même cours véhicule l'idée, devenue célèbre, d'une « insurrection des savoirs ». Bien avant cela, au milieu des années 1960, Les Mots et les choses accordent un rôle capital aussi bien aux contre-sciences qu'aux hétérotopies, un autre terme préfixé qu'il a marqué de son empreinte. Cet effort se prolonge jusqu'à la fin, dans les références à Socrate et aux cyniques, chez qui le franc-parler est une mise en péril de la vie. Revenant sur tous ces aspects, nous nous efforcerons de dégager les conditions sous lesquelles une pensée de l'insurrection est possible, en nous demandant du même pas comment se produisent des insurrections dans la pensée.
Détails18h30-20h30
Salle 1, Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Lun 18 mars, Jeu 21 mars
Ouverture de la porte de 18h20 à 18h30, puis toutes les 5 minutes jusqu'à 19h.
Séminaire organisé avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
L'objectif de ce séminaire est d’analyser les configurations conflictuelles entre différentes disciplines, entre les différents éléments qui constituent l’université, en partant d’un commentaire du Conflit des facultés de Kant et de Sur l'organisation interne et externe des établissements d'enseignement à Berlin de Humboldt, notamment en référence aux interprétations de Jacques Derrida dans Du droit à la philosophie et L’Université sans condition.
À l’époque du néo-humanisme, où Humboldt fonde l’université de Berlin, et où Fichte et Schleiermacher élaborent l’idée d’université, la philosophie est considérée comme la discipline assurant l’unité organique des sciences et soutenant l’idée même d’université. C’est aussi le moment où l’Allemagne, pays en plein développement, a besoin d’une « culture » (Bildung) conférant un sens général à l’idée de société, et visant à établir un l’État unifié. C’est à ce moment-là que l’université s’est vue fixer la charge d’élaborer et d’inculquer la culture par le biais des activités de recherche et d’enseignement. Il ne s’agissait plus, dès lors, de garantir l’autonomie de l’université contre les pouvoirs extérieurs de l’État ou de l’Église. Nous voyons apparaître l’université moderne, dont le principe de raison contribue à former la culture nationale.
Il s’agit là d’analyser les relations internes ou externes à l’université. Comme l’a bien montré Kant à l’aube de l’université moderne, l’université représente les configurations conflictuelles entre différentes disciplines, en même temps que les relations entre des pouvoirs hétérogènes. Il nous faudra réfléchir sur cette double structure qui fait de l’université un lieu à la fois fermé et ouvert, tout ensemble indépendant et en prise sur la société.
Intervenants :
- Lundi 18 mars : Yuji Nishiyama (CIPh, Université métropolitaine de Tokyo) : Le droit à la philosophie et l’amour de l’institution chez Jacques Derrida
Répondant : Yudai Shimizu (Université Lille III)
- Jeudi 21 mars : Futoshi Hoshino (University of Tokyo Center for Philosophy) : Domestication de l'irrationnel : le destin du sublime du XVIIIe au XXe siècle
Détails10h-13h
Salle Paul Celan, École Normale Supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Sam 20 oct, Sam 27 oct, Sam 3 nov (séance annulées), Sam 17 nov, Sam 1 déc (séance annulée), Sam 15 déc, Sam 19 jan, Sam 26 jan (séance annulée)
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé en collaboration avec l’École Normale Supérieure (Centre international de recherches en philosophie, lettres et savoirs, USR 3308 du CNRS) et l’École des Hautes Études en Sciences Sociales.
L’action magique tend à unir l’acte et le verbe, la personne et le lien, l’image et la force. En dernier lieu, c’est la transmission d’un « esprit » qui scelle ces synthèses et suggère les moyens d’une puissance interne au rite. On doit reprendre l'herméneutique de l’animisme, formulé en sciences humaines depuis Tylor et Freud : préciser ce concept, central pour toute « magie spirituelle », c’est montrer ce qu’on gagne en pratique à évoquer esprits et fantômes.
En travaillant les « liens d’esprit », l’animisme articule la personne à un monde d’intentions qui la double. Ce clivage ouvre une théorie globale de la dissociation. En pratique, il impose une polyphonie, et avec elle une poétique des écarts de sens.
Sur ces clivages et ces écarts opère le rite par où « l’esprit » peut relier ou traverser les personnes et les voix. De là viendrait, en magie, l’emploi d’un régime spécial de signes : incantations, jets de sorts, idoles ou talismans. Ce sont des canaux pour capter et transmettre l’esprit.
Comment agit-on « en esprit » ? Sur des exemples tirés des traditions anciennes ou bien des sciences humaines (clinique, ethnologie, sémiologie), on propose d’explorer le champ des sympathies spirituelles.
On précisera les aspects du tour magique quand il suscite un milieu d’influence, ouvrant au langage une scène d’action élargie, ainsi qu’une voie secrète pour hanter les corps vivants.
Cette année, l'analyse portera sur des questions modales, qui visent les moyens de la liberté humaine. Ainsi, les nombreux pièges magiques par où s’exercent pouvoirs, contraintes et violences. Au rebours, on posera la question de la « délivrance » (catharsis), centrale en magie de guérison : délivrer les âmes, c’est opérer un frayage à travers ces pièges.
Sites web associés : http://cirphles.ens.fr et www.ehess.fr
Détails
Détails
Détails18h30-20h30
Salle 1, Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Lun 1 oct, Jeu 25 oct, Jeu 8 nov, Jeu 29 nov, Jeu 13 déc, Jeu 20 déc, Jeu 17 jan, Jeu 31 jan
Pour des raisons de sécurité, l'accès à l'immeuble où est hébergé le CPEC est dorénavant fermé par une porte à digicode.
Un vacataire du CIPh vous ouvrira la porte de 18h20 à 18h30, puis toutes les 5 minutes jusqu'à 19h.
Séminaire organisé en collaboration avec l'association abcd (art brut connaissance & diffusion), Paris, et avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
Que faire lorsque le monde menace de s’effondrer, en même temps que le moi ? Afin de le/se tenir, les créateurs d’art brut, ces « maîtres du désordre » d’un genre particulier, tentent de le transformer par la création artistique. Forcés de se plonger corps et âme dans le déchiffrement de messages mystérieux, ils mettent en lumière dans leurs œuvres « les phénomènes originaires » de notre existence, les champs aveugles de l’histoire intime et de celle du monde. Inventer « un plan sécant qui traverse » le chaos, échafauder des liens visuels quasi « divinatoires » ou « devins » – c’est-à-dire capables de faire « entrevoir le travail du temps à l’œuvre dans le monde visible » –, telle serait une des caractéristiques principales de ces œuvres, aboutissant souvent à la création d’une nouvelle cosmogonie.
La régénération ou la renaissance par la transformation du désordre au sein d’un rituel privé – serait-ce là le lien que tissent les artistes d’art brut et leurs œuvres, issues de contextes géographiques et historiques très différents ? Peut-on considérer l’art brut comme une hétérotopie de notre temps, « la plus grande réserve d’imagination », créant « un espace d’illusion qui dénonce comme plus illusoire encore tout l’espace réel, tous les emplacements à l’intérieur desquels la vie humaine est cloisonnée » ?
Dans l’espoir de proposer quelques réponses à ces questions, le séminaire de cette année nous conduira à confronter le concept d'art brut à des contextes qui lui sont inusuels, étrangers à son acte de naissance. Nous aborderons des œuvres produites hors les zones géographiques de l'Europe comme celles du Brésilien Bispo do Rosário, du Mexicain Martín Ramírez, des Américains J. B. Murry, Mary T. Smith, Bill Traylor, du Japonais Koumei Bekki, ou du Russe Alexandre Lobanov. Nous explorerons les proximités entre les expériences visionnaires de ces artistes et celles qualifiées de mystiques. Nous analyserons les métamorphoses corporelles, les fabrications des corps hétérogènes, les transformations de la langue que nous proposent ces artistes dans leurs œuvres.
Intervenants (les dates seront précisées lors de la première séance) :
Jeudi 31 janvier : Fanny Drugeon (docteure en histoire de l’art, membre du laboratoire de recherche InTRu Université François-Rabelais, Tours) : la signification du concept de l'art brut par rapport au Brésil, à travers l'œuvre de Bispo do Rosario.
- Sandra Adam-Couralet (commissaire d’exposition, critique d’art)
- Christophe Boulanger et Savine Faupin (commissaires en charge de l’art brut au LaM, Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut)
- Marie-Sophie Carron de la Carrière (commissaire d’exposition musée d’Art Moderne de la Ville de Paris)
- Philippe Dagen (professeur d’histoire de l’art contemporain, directeur de HiCSA, critique d’art et romancier)
- Fréderic Forest (chercheur associé à l’Université Paris Diderot-Paris 7 dans le Centre de Recherche Psychanalyse, Médecine et Société)
- Gustavo Giocosa (comédien, metteur en scène, commissaire d’exposition)
Détails
DétailsIntervenants :
- Jeudi 28 mars : Philippe Sers (philosophe, auteur de plusieurs livres sur les avant-gardes. Le dernier : La révolution des avant-gardes : l’expérience de la vérité en art) : Les acquis épistémologiques de la révolution des avant-gardes
DétailsIntervenants :
- Lundi 25 mars : Roger Pouivet (professeur à l'Université de Lorraine et directeur du Laboratoire d'Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré, CNRS) : Goodman et la reconception de l’esthétique
- Lundi 27 mai : Natalia Smolianskaïa (artiste et théoricienne, CIPh) : Exemplification et énigmes de la définition de l’art
- Jeudi 6 juin : séance finale du séminaire « Penser les langages de l’art ». Table ronde « Art et théorie : relations symboliques ? » avec Olivier Quintyn et Natalia Smolianskaïa.
Détails18h30-20h30
Mar 2 oct : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 9 oct, Mar 16 oct : Salle N33bis devient (Salle PrM-1.02), Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
J'aborderai ici la question la plus sensible, celle des rapports entre islamisme et violence. C’est pourquoi j’examinerai dans un premier temps, en la forme du questionnement, les rapports entre la dogmatique islamique elle-même, telle que préalablement définie, et la violence, à partir de la thématique du jihad. Cela m’amènera à revenir sur des fondamentaux abordés la deuxième année du séminaire, et en particulier sur les injonctions canoniques de juste mesure et de « communauté du milieu » ; puis à examiner comment la virilité, par définition toujours en excès, subvertit le sens éthique du jihad comme elle a toujours subverti le politique, en l’attelant à la rivalité mimétique et la volonté de domination. Non sans rappeler d'autre part que l’imaginaire conquérant et la mythologie entourant aussi bien la figure du prophète que les gloires impériales ont servi une représentation viriliste du jihad. Je m’attarderai moins sur ses diverses interprétations et modalités dans l’histoire que sur ses acceptions et pratiques contemporaines telles que posées par les islamistes et leurs idéologues (El Banna, Qutb… ). Et je m’attacherai en particulier à un cas : le cas le plus extrême, celui des taliban. Ce qui me conduit à approcher en amont – rapidement – la question de la guerre, et à montrer comment on reconnait en Afghanistan, et en particulier chez les Pachtounes quasiment tous les types de masculinités présentés les années précédentes.
Détails18h30-20h30
Mer 21 nov : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 5 déc : Salle N34, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Les machines inscrivent le fonctionnement impersonnel de leurs mécanismes dans des relations humaines et se situent au cœur de l’économie politique. Contrairement à la volonté de saisir la réalité technique des machines indépendamment de leurs dimensions économiques et plus largement anthropologiques, nous tenterons de marquer l’importance des représentations et des usages dans le devenir des dispositifs techniques.
La machine en effet n’est pas cet objet facilement identifiable que l’on place ici ou là mais un fonctionnement typique qui a nécessité invention et investissement, qui dégage de la rentabilité et produit de nouveaux usages. Elle apparaît ainsi au croisement de chaînes d'invention, de production et de consommation.
Qui détient le pouvoir de configurer les machines ? Qui en tire un bénéfice ?
Loin de céder à l'illusion d'une autonomie du système technique (qui, soit dit en passant, l'assimile à un automate), nous tenterons de situer la machine au croisement de la propriété intellectuelle, de la propriété des biens de production et de l'appropriation par l'usager. Elle dessine alors un territoire de compromis et de luttes, de rationalité et d'imprévus dans lequel se cristallisent pour une part nos subjectivités.
Détails
Détails18h30-20h30
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 17 oct : Salle JA01 Maurice Allais
Mer 21 nov, Mer 5 déc : Salle JA05 Germaine Tillion
Mer 30 jan : Salle JA01 Maurice Allais
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Séminaire organisé en collaboration avec la Faculté de Médecine de Dijon.
Le Dasein n’est certes pas un autre nom du Sujet. Alors même que l’expression de « figures atypiques de la subjectivité » est problématique, recelant une aporie dans la mesure où une figure « non atypique » de la subjectivité ferait signe vers une sorte de « normopathie » aux marges, précisément, de la subjectivité et sa singularité, le mot « Dasein », au sens où l’entend Heidegger et tout un courant de la phénoménologie psychiatrique, fait quant à lui signe vers une entente de l’être humain en tant qu’il est avant tout un existant dont l’ouverture originaire, dans le rapport d’être qui est la sien, ne saurait se comprendre à l’aune du concept de subjectum.
Nous nous proposons d’articuler ici cette question à partir des Zollikoner Seminare, dits « Séminaires de Zürich », qui constituent un témoignage exceptionnel quant à l’histoire de la pensée et de la pratique phénoménologiques. Animés par Martin Heidegger et Médard Boss, ces séminaires réunirent pendant plusieurs années de jeunes médecins et psychiatres. L’ambition fut d’ouvrir à une autre façon de penser l’être humain et son monde, en mettant de côté le mode de pensée habituel des sciences de la nature. Ces protocoles apparaissent comme un travail à l’œuvre où les fondations de la Daseinsanalyse se révèlent à travers le questionnement phénoménologique.
Les prétentions de la science moderne peuvent conduire à une cécité de la science envers les phénomènes. La méthode de la science moderne, tout d’abord avancée avec Descartes, vise à s’assurer de la calculabilité de la nature. Au lieu du mode de pensée solipsiste d’une subjectivité close sur elle-même, nous sommes ici conviés à un tout autre mode d’être. La Daseinsanalyse est fondée sur l’ontologie de Martin Heidegger, sur la vision phénoménologique herméneutique de l’existence de l’être humain en tant qu’aire d’ouverture du Dasein à ce qu’il rencontre.
Nous nous proposons, au cours du premier semestre, de présenter et commenter les protocoles de ces séminaires, puis, au cours du second semestre d’en montrer la portée critique essentielle dans le champ de la psychiatrie et des sciences dites « humaines ».
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