CIPh : Séminaires

/ En cours ou à venir

/ ABDELMADJID Salim

Un concept d'Afrique
Philosophie et philosophies | 26 mai, 02 juin
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18h30-20h30
Lun 26 mai : Salle Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 2 juin : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Nous ignorons ce qu’est l’Afrique, d’une ignorance qui a eu et continue d’avoir des conséquences insoutenables pour ses populations et le reste de l’humanité. Nous proposons, pour contribuer à y remédier, d’entreprendre l’élaboration d’un concept d’Afrique  : la formulation d’une idée qui correspondrait exclusivement à l’Afrique et à son nom, et la position préalable du problème philosophique qui l’appelle pour sa résolution.
L’étude de l’histoire de l’Afrique, depuis la fin du XVe siècle jusqu’aux indépendances, permet d’exhiber la productivité unificatrice et émancipatrice de la négation africaine de la négation européenne initiale de ce qui, de ce fait, devenait l’Afrique. La négativité africaine se caractérise, entre autres, par la contingence de son origine, la relative circonscription de ses temps et de ses espaces, l’hétérogénéité de ses processus. Sa connaissance requiert dès lors la construction d’un concept singulier et empirique, dont l’ancrage dans le réel dépend notamment d’un agencement épistémologique cohérent des différentes sciences humaines en vue de l’analyse, dans tous les domaines possibles (politique, droit, économie, structures sociales, sciences, arts, langues, etc.), des dispositifs qui effectuent et engendrent le(s) discours sur l’Afrique.
La connaissance des modalités d’accomplissement de la négativité africaine requiert également de la considérer toujours aussi dans l’horizon du monde. Le constat de l’inadéquation entre le concept de monde (qui présuppose son unité) et sa réalité (sa scission, marquée, par exemple, par l’asymétrie des frontières et l’inégalité des pouvoirs et des richesses) permet à la fois d’affirmer son inexistence et de rendre compte de l’intensité de sa scission en Afrique. Nous nous orientons ainsi vers la position du problème philosophique de l’Afrique comme celui de l’inexistence du monde, et vers la formulation d’un concept d’Afrique comme téléologie/utopie de son existence.

/ AGOPIAN Annie, ODELLO Laura et PUJOL Stéphane

Écrans philosophiques
Philosophie, arts et littérature | 05 mars, 11 mars, 09 avril, 30 avril, 06 mai, 14 mai
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Mer 5 mars : Cinéma L'Écran, 14 passage de l'Aqueduc, 93200 Saint-Denis, 20h-23h
Mar 11 mars : Cinéma Le Trianon, place Carnot, 93230 Romainville, 20h30-23h30
Mer 9 avr : Cinéma Le Méliès, centre commercial de la Croix de Chavaux, 93100 Montreuil, 20h30-23h30
Mer 30 avr : Cinéma L'Écran, 14 passage de l'Aqueduc, 93200 Saint-Denis, 20h-23h
Mar 6 mai (séance reportée au mercredi 25 juin ): Cinéma Le Trianon, place Carnot, 93230 Romainville, 20h30-23h30
Mer 14 mai : Cinéma Le Méliès, centre commercial de la Croix de Chavaux, 93100 Montreuil, 20h30-23h30

 

Cycle conçu et organisé avec la Maison populaire de Montreuil, les cinémas Le Meliès de Montreuil, l'Écran de Saint-Denis et Le Trianon de Romainville.
 
Initiés en 2002 en partenariat avec la Maison populaire de Montreuil, les «  Écrans philosophiques  » — une série de rencontres entre philosophie et cinéma — se poursuivent cette année en s’élargissant à d’autres salles membres de l’association Cinémas  93  : outre le cinéma Le Méliès de Montreuil, des séances auront lieu à L’Écran de Saint-Denis et au Trianon de Romainville. Le principe reste le même  : une carte blanche est donnée à un philosophe (directeur de programme ou invité) qui choisit un film et en propose, après la projection, une lecture suivie d’un débat.
 
Cinéma Le Méliès, Montreuil, Tél. 01 48 70 69 13 - (www.montreuil.fr/culture/cinema/)
Le prix de la séance, conférence comprise, est de 6 euros pour le plein tarif, 4 euros pour le tarif réduit (moins de 26 ans, allocataires des minima sociaux, demandeurs d’emploi, retraités, porteurs d’un handicap + place gratuite pour un accompagnateur), 5 euros pour le tarif abonnés.
 
Cinéma L’Écran, Saint-Denis, Tél. 01 49 33 66 88 - (www.lecranstdenis.org)
Le prix de la séance, conférence comprise, est de 7 euros pour le plein tarif, 6 euros pour le tarif réduit (moins de 21 ans, étudiants, chômeurs, handicapés, familles nombreuses, plus de 60 ans), 4,50 euros pour le tarif abonnés (et pour les moins de 12 ans).
 
Cinéma Le Trianon, Romainville, Tél. 01 83 74 56 00 - (www.cinematrianon.fr)
Le prix de la séance, conférence comprise, est de 6 euros pour le plein tarif, 4 euros pour le tarif réduit (moins de 26 ans, allocataires des minima sociaux, demandeurs d’emploi, retraités, porteurs d’un handicap + place gratuite pour un accompagnateur, familles nombreuses et groupes de plus de 10 personnes sur réservation), 5 euros pour le tarif abonnés.
 
Programme des séances :
 
Mercredi 5 mars 2014, 20h (L’Écran de Saint-Denis)
Festen, ou la loi de la famille
Film  : Festen (La fête) de Thomas Vinterberg (Danemark, 1998, 1h45)
Présenté par Jérôme Lèbre, directeur de programme au CIPh.
 
«  La fête est familiale, tout le monde est là, s’apprêtant au déroulement traditionnel d’un grand banquet. La fête est réparatrice, car de fait il manque quelqu’un, Linda  ; l’anniversaire de son père clôt le deuil de la jeune fille qui s’est suicidée. La fête est révélatrice  : le frère jumeau de Linda, Christian, dévoile en une suite de toasts la raison de ce suicide et de son propre malheur. Un crime ancien est au fond de la fête et remonte lentement à la surface, redonnant sa place à chacun des membres de la famille, qui s’apprête à se faire justice. Il s’agit de savoir comment l’on sort d’une violence silencieuse qui s’exerce collectivement, et si l’on en sort  : car la véritable interrogation de ce film porte sur la légitimité d’une justice qui redouble le crime, devient même sa véritable jumelle, dans la mesure où elle reste prise dans le contexte familial, ou plus généralement, communautaire. La fête s’inverse en se resserrant sur elle-même, affirmant par contraste une formidable exigence d’ouverture, sans laquelle il n’y a pas de vraie justice.  »
Jérôme Lèbre
 
Mardi 11 mars, 20h30 (Le Trianon de Romainville)
«  Il reste des images  ?  »
Film  : Holy Motors de Leos Carax (France-Allemagne, 2012, 1h55)
Présenté par Emmanuel Burdeau, critique de cinéma, collaborateur à Mediapart et à Trafic.
 
«  "Il reste des images  ?" C’est la question que pose Monsieur Oscar (Denis Lavant)  à celle qui conduit sa limousine, Céline (Edith Scob), lorsqu’elle évoque le temps passé où elle était danseuse. La réponse est laconique : "Je ne crois pas". Un monde où le cinéma, le jeu, la métamorphose seraient partout mais les images nulle part, peut-être disparues à jamais, perdues, envolées, c'est bien ce qu'imagine Léos Carax avec Holy Motors.
Monsieur Oscar est un acteur d'un nouveau genre, passant d'une identité, d'un rôle à un autre —  vieillard, guerrier, homme d'affaires, mendiant…  — avec la plus grande facilité, mais sans qu'il y ait jamais autour de lui une caméra pour enregistrer sa performance. Il joue sans cesse, mais sans cesse il est seul. L'homme en conçoit logiquement une certaine lassitude, une nostalgie. "Je regrette les caméras", confie-t-il à celui qui semble son chef (interprété par Michel Piccoli).  
La question de Carax, la nôtre pour cette séance, se formule alors ainsi : qu'est-ce que serait cette aberration d'un cinéma sans images ni caméra  ? D'un cinéma permanent, mais sans personne pour le faire ni, a fortiori, le voir  ? D'un cinéma devenu si omniprésent, si mélangé à la matière même de la vie que rien ne le distingue ni ne le signale plus  ? Une telle chose est-elle concevable, théoriquement et pratiquement  ? Si oui, est-ce bien en effet ce qui nous arrive aujourd'hui, avec le numérique et les caméras miniatures  ? Ou bien est-ce juste un rêve né de la mélancolie caraxienne  ?  »
Emmanuel Burdeau
 
Mercredi 9 avril, 20h30 (Le Méliès de Montreuil)
La puissante identité du  témoin et la personne en tant que visage ou image
Film  : Le testament du Dr Mabuse de Fritz Lang (Allemagne, 1933, 1h56)
Présenté par Safaa Fathy, directrice de programme au CIPh.
 
«  Le docteur Mabuse est un personnage littéraire créé par l'écrivain luxembourgeois d'expression allemande Norbert Jacques. Fritz Lang en fait une figure qui traverse trois films tournés avant son exil aux Etats-Unis  ; il poursuit l’aventure par un quatrième film en 1960. Lang adapte d’abord le roman de Jacques en un film en deux parties de cinq heures au total. Ensuite, l’auteur du roman et Lang collaborent au scénario d’un nouveau film, Le Testament du docteur Mabuse  (premier film parlant de Lang), qui sort en  1933. Lang met en scène le personnage de Mabuse, un génie criminel qui joue avec "l’hypnose thérapeutique". Le Testament du Dr Mabuse fut interdit par Goebbels dès sa sortie en 1933. Ce film est l’une des œuvres les plus profondes et les plus mystérieuses du cinéma. L’invention cinématographique, la prophétie politique et les références littéraires venant d’aussi loin que Shakespeare et aussi près que Dostoïevski trouvent dans ce film un espace où ils sont accueillis et réactivés.  »
Safaa Fathy
 
Mercredi 30 avril, 20h (L’Écran de Saint-Denis)
L’éthique comme forme cinématographique
Film  : Une séparation de Asghar Farhadi (Iran, 2011, 1h54)
Présenté par Anoush Ganjipour, directeur de programme au CIPh.
 
«  Comme c’est l’habitude dans le cinéma d’Asghar Farhadi, Une séparation pose des questions éthiques et sociales qui concernent nos relations humaines dans le contexte de la vie moderne. À travers les péripéties produites dans la vie d’une famille iranienne en crise, le film de Farhadi nous met face à  la complexité du jugement là où les valeurs des individus entrent les unes en contradiction avec les autres ou avec les valeurs que la société cautionne. Il semble pourtant qu’avec Une séparation nous assistions à une mutation dans le style cinématographique de Farhadi  : les techniques narratives ne servent plus seulement à immerger davantage le spectateur dans l’univers du film et la forme n’est guère plus qu'un simple véhicule du contenu que le cinéaste voudrait nous transmettre. On essayera de voir comment Une séparation parvient à créer une nouvelle articulation entre la forme cinématographique et les questions que le réalisateur veut nous poser à partir de son film.  »
Anoush Ganjipour
 
Mardi 6 mai, 20h30 (Le Trianon de Romainville)
Une «  Religieuse  » à l’aube du XXIe siècle. Diderot, le cinéma et la laïcité 
Film  : La Religieuse de Guillaume Nicloux (France-Allemagne-Belgique, 2013, 1h47)
Présenté par Paolo Quintili, directeur de programme au CIPh.
 
«  Le film de Guillaume Nicloux, La Religieuse, inspiré du roman de Diderot, est sorti en salles en février 2013, à l’occasion du tricentenaire de la naissance du philosophe. L’intention manifeste est celle de fournir une relecture du chef-d’œuvre diderotien avec un regard sur notre époque, en forme de clin d’œil à l’anticléricalisme et à la lutte contre les intégrismes ou les fanatismes religieux qui renaissent aujourd’hui. Mais la société française de l’Ancien Régime ne se laisse pas facilement adapter à cette actualité qui transparaît derrière la mise en scène du drame de sœur Suzanne Simonin, personnage historique réel, condamnée à être cloîtrée contre sa volonté. Le happy end que le film ajoute voudrait être de bon augure pour les péripéties actuelles d’une laïcité à la recherche de ses racines affaiblies. La pensée de Diderot se prête bien à cette opération difficile.  »
Paolo Quintili
 
Mercredi 14 mai, 20h30 (Le Méliès de Montreuil)
Lulù, ou de l’émancipation  : naissance et échec d’une conscience politique
Film  : La classe ouvrière va au paradis d'Elio Petri (Italie, 1971, 2h05)
Présenté par Luca Paltrinieri, directeur de programme au CIPh.
 
«  Qu’en est-il, quarante ans après, du chef d’œuvre d'Elio Petri  ? Certes, à l’époque du triomphe du travail immatériel, ce film sur la condition ouvrière et le rapport homme-machine, entre lutte syndicale et contestation étudiante, semble quelque peu démodé. Pourtant la puissance du film se situait moins dans la description d’une époque que dans le portrait singulier d’un parcours d’émancipation. Or, la puissance émancipatrice décrite dans le film consiste précisément dans la capacité de reconstituer une cohérence de l’action et de la pensée là où l’expérience est fragmentée par des processus de séparation  : séparation entre soi et les autres, entre le temps de travail et de repos, entre production et consommation, etc. Le parcours inabouti vers l’émancipation de Lulù, le protagoniste du film, nous interroge ainsi sur la pertinence de la catégorie d’aliénation pour décrire les processus contemporains de subjectivation au travail, sur la mythologie de la productivité métamorphosée en compétitivité, et plus généralement sur les conditions de l’accès au politique.  »
Luca Paltrinieri

/ BARROUX Gilles

Les sources médicales de la connaissance de l'homme
Philosophie, sciences et techniques | 15 mai, 22 mai, 05 juin
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18h30-20h30
Salle Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 15 mai, Jeu 22 mai, Jeu 5 juin
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

 

« Je me porte bien dans la mesure où je me sens capable de porter 
la responsabilité de mes actes, de porter des choses à l’existence
et de créer entre les choses des rapports qui ne leur viendraient pas 
sans moi, mais qui ne seraient pas ce qu’ils sont sans elles. 
Et donc j’ai besoin d’apprendre à connaître ce qu’elles sont pour les changer ». 
Georges Canguilhem, La Santé : concept vulgaire et question philosophique 
 
La médecine – sciences et techniques, théorie et pratique – est d’abord une relation, entre soignant et soigné, exprimée à travers une gestuelle médicale ancestrale.  
Que s’échange-t-il entre médecin et malade  ? Les séminaires précédents se sont interrogés sur la nature d’une telle relation, à partir des trois dimensions suivantes  : le regard du médecin, le sentiment du malade, et le dialogue qui s’établit entre ces deux sujets sous des formes très diverses. Tout un ensemble de savoirs, d’expériences, de gestes et de paroles investissent cette relation  : science, expérience, maladie, thérapeutique, mais aussi conflit, informations, discours explicite et implicite… Ce sont autant de données essentielles pour comprendre la complexité de cette relation, si richement et diversement restituée par la littérature médicale des siècles passés comme par des textes plus contemporains. 
Une étude suivie de la construction de la relation médecin malade dans la médecine occidentale, prenant en compte la variété et la diversité des documents relatifs à cette étude, invite à interroger les sources médicales de la connaissance de l’Homme, à travers des questions d’épistémologie, d’histoire, de philosophie ou encore d’éthique.  
Dans la mesure où la maladie est l’objet principal, sous toutes les formes qu’elle peut revêtir, de la médecine, une partie du travail de la médecine réside dans les conditions de sa découverte comme de son traitement. Traiter une maladie, c’est reconnaître qu’elle a une histoire. Précisément, si les maladies ont une histoire, de quelle nature est cette dernière  ? Histoire naturelle  ? Histoire culturelle  ? Comment la notion de pathocénose répond-elle à ces questions  ? 
Durant ce nouveau cycle, trois séances déclineront ces questions. La première séance évoquera la place particulière que les fièvres ont occupé dans l’histoire des maladies, et comment la découverte du quinquina a influencé l’appréhension des fièvres. La seconde séance, avec Fabrice Gzil, spécialiste de la maladie d’Alzheimer, reprendra l’histoire de l’apparition de cette maladie, en la distinguant des démences séniles. La troisième et dernière séance de ce cycle, avec Joël Coste, médecin et historien de la médecine, reprendra de manière plus globale et réflexive l’histoire des maladies. 
 
Intervenants :
- Jeudi 15 mai : Joël Coste (EPHE, Université Paris 5) : L’histoire des maladies en questions
- Jeudi 22 mai : Fabrice Gzil (Pôle Études et recherche, Fondation Médéric Alzheimer, Paris)  : Quelques éléments d’une histoire de la maladie d’Alzheimer
- Jeudi 5 juin : Gilles Barroux (CIPh) : La notion de "crise" en médecine, enjeu temporel et historique

/ BEAL Christophe

Philosophie pénale : les théories contemporaines de la peine
Philosophie, politique et société | 30 avril, 14 mai, 28 mai
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18h30-20h30
Mer 30 avr : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 14 mai : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 28 mai : Salle Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Pour introduire ce programme de recherche consacré à la philosophie pénale, le séminaire de cette première année s’efforcera de dresser un état des lieux de la réflexion philosophique contemporaine sur la nature, la justification et la fonction des peines. Pourquoi punir et quel sens donner à la peine dans une société pluraliste  ? L’objectif est de parcourir les différentes voies qui permettent de dépasser la distinction classique entre rétributivisme et conséquentialisme. Des travaux de H.L.A. Hart jusqu’à la théorie pénale néo-républicaine, le champ de la philosophie pénale a vu ses contours profondément modifiés, avec, également, l’émergence de paradigmes majeurs comme les théories de la justice restaurative ou celles mettant en avant la dimension expressive des peines. Nous partirons de trois hypothèses de départ  : 1) une théorie de la peine doit s’efforcer de prendre au sérieux les arguments abolitionnistes qui nient toute justification de la peine  ; 2) elle ne peut penser la peine indépendamment de l’ensemble du système pénal, puisque la valeur d’une peine dépend intrinsèquement de la manière dont elle est déterminée et administrée  ; 3) elle amène à se demander dans quelle mesure une personne «  mérite  » d’être condamnée par la justice pénale.

/ DARDOT Pierre, LAVAL Christian et TAYLAN Ferhat

Les nouveaux savoirs de la normalisation
Philosophie, politique et société | 12 février, 12 mars, 09 avril, 14 mai, 11 juin
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19h-21h
Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 12 fév, Mer 12 mars : Salle PrM-1.03
Mer 9 avr, Mer 14 mai, Mer 11 juin : Salle PrM-1.02

Séminaire organisé en collaboration avec Sophiapol (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) et le groupe d'études Question Marx.
 
De nouveaux champs de savoirs qui entendent répondre aux besoins de prévention des risques sociaux, de réduction de la dangerosité des individus et d’amélioration de leur performance personnelle se développent rapidement. Il s’opère en particulier une articulation entre des pouvoirs normalisants et des savoirs «  fondamentaux  » qui entendent décrire le fonctionnement du cerveau. La neuroéconomie, avec ses branches opérationnelles comme le «  neuromarketing  » ou le «  neuromanagement  », en est la meilleure illustration. 
Le gouvernement économique des comportements est pensé comme une traduction sociale et politique de processus naturels qui ont lieu dans le cerveau. En ce sens, la normalisation des conduites passerait par une naturalisation du pouvoir via le fonctionnement neuronal. 
Cette «  biopolitique  neuronale  » prétend désormais apporter à la logique économique ses bases biologiques dans une logique de performance. Elle est complétée par une «  biopolitique sécuritaire  » qui vise à mettre hors d’état de nuire tout individu porteur de risques sociaux. Entre l’anormal dangereux et le délinquant potentiel, le lien est désormais établi grâce aux concepts de traçabilité, de dangerosité et de préventivité et aux dispositifs matériels qui en sont les supports. 
Cette enquête collective suppose de revenir sur un certain nombre de concepts (norme, normalisation, contrôle, biopouvoir, gouvernementalité néolibérale, etc.) pour en examiner la portée dans le nouveau contexte de la «  neuropolitique  ». 
 
Intervenants :
- Mercredi 12 février : Séance inaugurale  : Qu’est-ce que la neuropolitique  ?  avec Pierre Dardot (professeur de philosophie en classes préparatoires à Paris) et Christian Laval (CIPh).
- Mercredi 12 mars : La naissance du paradigme neuronal avec Mathieu Bellahsen (psychiatre) et Pierre Dardot.
- Mercredi 9 avril : Aspects de la normativité neuronique (droit, éthique, économie) avec Mathieu Bellahsen, Jean-François Bissonnette (chercheur associé au King’s College of London et au Sophiapol-Paris 10) et Pierre Dardot.
- Mercredi 14 mai : Les technologies neuroniques utilisées en psychiatrie, en éducation et en entreprise avec Loriane Bellahsen (psychiatre), Christian Laval, Ferhat Taylan (CIPh).
- Mercredi 11 juin : Séance conclusive  : Gouverner par les neurones  ? (discussion générale).

/ DEL LUCCHESE Filippo et WILLIAMS Caroline

Identités, altérités, monstruosités (I) : Figures de la multitude
Philosophie, politique et société | 26 février, 26 mars, 14 mai, 11 juin
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17h-20h
Queen Mary, University of London, Arts B, Mile End Rd,  London E1 4NS (Royaume-Uni).
Mer 26 fév, Mer 26 mars, Mer 14 mai, Mer 11 juin
Séminaire organisé avec Queen Mary, University of London (Faculté de Sciences politiques et de Relations internationales, TheoryLab), Brunel University (London), et le CERPHI (Centre d'Études en Rhétorique, Philosophie et Histoire des Idées-Lyon). 
 
Le projet de construction de l’identité, individuelle et collective, repose largement sur des mécanismes parallèles de définition de l’altérité  : altérité et identité étant les deux résultats concurrents d’un seul et même procédé intellectuel, culturel et historique produit dans et par la rencontre avec l’Autre, à la fois réel et imaginé.
Malgré les efforts de conceptualisation de cette rencontre dans le contexte global et multiculturel de nos sociétés contemporaines, son origine historique est souvent négligée dans la littérature contemporaine. Il s’agit d’une origine profondément ancrée dans la définition théorique des concepts de normalité, d'anormalité et de monstruosité. Développés dans la première modernité, ces concepts n’ont pas cessé de produire leurs effets culturels, sociaux et politiques.
L’objectif principal de ce projet est de reconstruire la généalogie du problème moderne de l’identité et de l’altérité à travers une analyse historique de l’idée de monstruosité dans la philosophie, la politique, la science et la littérature.
Le premier semestre de ce programme de recherche aura pour objet l’altérité radicale représentée par les figures théoriques de la multitude à partir du XVIIe siècle. Hobbes, par exemple, développe l’idée du corps souverain du Leviathan à travers l’unité homogène d’un peuple qui s’oppose, par définition, à la multiplicité conflictuelle de l’état de nature. Spinoza, au contraire, fonde l’idée d’un état libre sur le conatus de la libre multitude et son droit de résistance au souverain. Un droit irréductible et monstrueux qui, loin de l’exclure, fait transiter la dimension naturelle dans la société. 
La multitude, confinée par Hobbes aux marges de la cartographie politique, conquit le centre de la scène avec Spinoza, pour constituer le cœur palpitant et conflictuel de la vie politique. À partir de ce dialogue à distance, nous nous concentrerons donc cette année sur l’altérité radicale et monstrueuse dans la pensée politique moderne et contemporaine.
 
Intervenants : 
- Mercredi 26 février : Filippo Del Lucchese (Brunel University, London) et Caroline Williams (Queen Mary, University of London) : The Power of the Monstrous
- Mercredi 26 mars : Oliver Feltham (American University of Paris)  : Who is the ruling authority? Spinoza and Hobbes on power and subjectivity et Andrea Bardin (Brunel University, London) : The Early-Modern Metamorphosis of the Body Politic: Hobbes’s Anomaly
- Mercredi 14 mai : Jason Read (University of Southern Maine) : The Affective Composition of the Political: From Negative Solidarity to Collective Indignatio
- Mercredi 11 juin : Dimitris Vardoulakis (University of Western Sidney) : "The main political question is to identify the enemy": Negri's Monster.
 
Informations et réservation : http://www.politics.qmul.ac.uk/theorylab

/ DELIA Luigi

Prison et droits. Visages de la peine
Philosophie, politique et société | 24 février, 27 mars, 28 avril
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17h-19h
IRPhiL - Faculté de philosophie, Université Jean Moulin Lyon 3, 18 rue Chevreul, 69362 Lyon Cedex 07.
Lun 24 fév, Jeu 27 mars, Lun 28 avr

Séminaire organisé en collaboration avec l'Institut de Recherches Philosophiques de l'Université Jean Moulin Lyon  3.
 
L’alternative élimination/incarcération pénale participe d’un débat contemporain plus vaste sur la pertinence de la privation de liberté comme peine et sur l’état déplorable des centres de détention de nombreux pays européens, France et Italie en tête. Un doigt accusateur est pointé sur les conditions «  indignes  » de l’incarcération, inaptes à assurer le respect de la dignité inhérente à la personne humaine. En effet, les projets de réforme du système carcéral se succèdent sans que le sort des détenus ne s’améliore, qu’il s’agisse de leur intégrité physique, de leurs liens familiaux ou de leurs droits processuels. 
L’un des arguments prégnants de ceux qui dénoncent un scandale avance que tant la prison à perpétuité, rare, mais possible, que l’emprisonnement de longue et moyenne durée, désavouent l’une des finalités principales de la peine, qui consiste à réhabiliter progressivement le responsable d’un crime. De surcroît, ces formes de peine peuvent transformer l’homo criminalis en un individu condamné à perdre, avec la liberté, le goût de vivre. Le responsable d’un crime peut-il être réduit au crime qu’il a commis  ? Peut-il être écrasé sous le poids de son action criminelle  ? Enfermé et inoccupé dans un milieu hostile, violent, insalubre, privé d’un horizon vers lequel se projeter, le détenu a-t-il encore les moyens pour se réconcilier avec la société  ?
Le séminaire privilégiera une perspective historico-conceptuelle. L'objectif est de fédérer, dans un effort de réflexion partagé, l’examen théorique des fondements philosophiques, juridiques et éthiques de la peine, les recherches empiriques des sociologues, juristes, psychologues et historiens modernistes et contemporanéistes de la justice pénale, ainsi que, dans la mesure du possible, la connaissance des pratiques punitives à travers le témoignage de professionnels de l’institution judiciaire et pénitentiaire.
 
Intervenants : 
- Lundi 24 février : Kevin Ladd (Université de Bourgogne)  : Prison et prisonnier dans le roman. Subjectivité, confession et liberté
- Jeudi 27 mars : 

Philippe Audegean (Université Sorbonne Nouvelle-Paris  3)  : Beccaria et la naissance de la prison
- Lundi 28 avril : Jérôme Ferrand (Université de Grenoble)  : Temps mort  : généalogie de la peine de prison de la naissance du purgatoire au premier XIXe siècle

/ DESLANDES Ghislain

Variations philosophiques sur le problème du management (I)
Philosophie, politique et société | 08 avril, 09 avril, 10 avril, 20 mai, 21 mai, 22 mai
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18h30-20h30
Mar 8 avr : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 9 avr : Salle Raymond Martin, ESCP Europe, 79 avenue de la République, 75011 Paris
Jeu 10 avr, Mar 20 mai : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 21 mai : Salle Raymond Martin, ESCP Europe, 79 avenue de la République, 75011 Paris
Jeu 22 mai : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Questionnée par Socrate dans l’Économique de Xénophon, la mesnagerie (Oikonomikos) est une pratique presque aussi ancienne que la philosophie. Serait-ce un art  ? Une forme particulière d’autorité  ? Une technique  d’accroissement des «  biens  »  ? La modernité, rebaptisant cette mesnagerie séculaire en management, a cru trouver une réponse  définitive à ces questions  : il s’agirait plutôt d’une science, qualifiée de gestion. 
Or, de cette science, nous pouvons avancer d’une part qu’elle ne cesse de privilégier une approche épistémologique empiriciste sur le souci de l’argumentation conceptuelle  : le management n’y est pas philosophiquement problématisé. D’autre part, elle paraît vouloir limiter sa définition des individus vivants, qu’elle concerne en tout premier lieu, à la notion généralement admise de «  ressources  humaines », montrant ainsi sa soumission intellectuelle et morale à l’égard de la science économique. 
Reprise par Jacques Derrida dans les Points de Repère du Rapport Bleu, cette citation de Victor Cousin nous paraît annoncer ici notre programme  : «  De quoi donc pourrait-elle être ennemie  ? La philosophie ne combat pas l’industrie, mais elle la comprend et elle la rapporte à des principes qui dominent ceux que l’industrie et l’économie politique avouent (...).  » Dans ce premier séminaire, on interrogera certes la disparition, peut-être une mise à l’écart, de la philosophie dans ce processus qui a pour point d’origine le proto-management antique, où elle a toute sa part, jusqu’à son actualisation dans les sciences de gestion contemporaines, d’où elle est quasi-absente. Mais nous tenterons aussi de discuter philosophiquement les notions usuelles utilisées en management, telles les théories de l’agence, du leadership authentique, des détenteurs d’enjeux, etc., en montrant les multiples variations de leur possible dépassement. 
 
Intervenants :
- Mardi 8 avril : Ghislain Deslandes (CIPh, ESCP Europe)  : Introduction au management comme problème philosophique
- Mercredi 9 avril  : Emmanuel Picavet (Université Paris  1 Panthéon-Sorbonne)  : La responsabilité sociale de l'entreprise  : entre normativité et stratégie et Robert Damien (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)  : L'exercice de l'autorité  : risques et périls
- Jeudi 10 avril  :  Thierry Berlanda  (écrivain)  : Un nouveau management  : pour une éthique de l'acuité
- Mardi 20 mai  : Isabelle Huault (Université Paris Dauphine)  : Études critiques en management  : une perspective ranciérienne
- Mercredi 21 mai  : Thierry Ménissier (Université de Grenoble)  : Gouverner l'ordinaire/Gouverner l'extraordinaire
- Jeudi 22 mai : Ghislain Deslandes  : «  Travailler sans joie  »

/ DUBOIS David

Des pensées sans penseur ? (IV)
Le corps, objet ou sujet ?

Philosophie et philosophies | 05 mai, 12 mai, 19 mai, 26 mai, 16 juin, 23 juin
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18h30-20h30
Lun 5 mai, Lun 12 mai : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 19 mai : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Lun 26 mai, Lun 16 juin : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 23 juin : Salle Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Nous avons vu que la Reconnaissance (pratyabhijña) propose un non-dualisme qui intègre l'action et le désir. La conscience est un acte substantiel, non une entité purement transcendante. Mais quelle est la place du corps dans ce dispositif  ? 
Toutes les autres doctrines qui mettent en valeur la conscience au sein d'une sorte d'idéalisme, dévalorisent le corps. Ceci se vérifie aussi bien en Inde que dans les traditions occidentales. Qu'en est-il dans la Reconnaissance  ?
Nous verrons que les thèses des philosophes Abhinavagupta et Utpaladeva (vers l'An mille, Cachemire), sont, ici encore, hautement originales. De fait, on ne trouve pas chez eux de rejet du corps au nom d'un idéal posé comme transcendant. Au contraire, le corps est célébré comme moyen (upaya) d'accès à la conscience, à l'émotion esthétique et à une forme d'immortalité. En plus de cette éthique du salut par le corps, on trouve une thèse explicitement paradoxale  : le corps est la conscience, la conscience est corps. Que signifie cette énigme  ? Comment le corps peut-il être à la fois objet pour la conscience et conscience  ? Réfléchir sur un choix de textes concernés par ce problème nous permettra de mieux comprendre le statut de l'objet et la thèse selon laquelle la conscience ne peut être objectivée, idée centrale dans la Reconnaissance, mais prise en un sens subtilement différent des autres philosophies de l'Inde.
Enfin, ce sera le moment de commencer à examiner les manières dont la pensée de la Reconnaissance entend incarner ses conclusions dans les domaines de l'éthique, de l'esthétique et du politique. Autrement dit, nous serons amenés à nous pencher sur les liens de cette pensée avec le courant culturel qui s'en inspire sans s'y réduire : le tantrisme.

/ FEENBERG Andrew

La capacité d'agir dans une société technologique
Philosophie, sciences et techniques | 30 avril, 14 mai, 21 mai, 28 mai
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18h30-20h30
Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 30 avr, Mer 14 mai, Mer 21 mai, Mer 28 mai
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Ces dernières années ont connu un renouveau des théories démocratiques de l’action politique. On ne considère plus la démocratie comme une institution représentative mais comme dépendant de la capacité d’agir citoyenne. Il y a beaucoup d’exemples d’une pareille capacité qui sont liés à des problèmes concernant la technologie. L'environnement, l'Internet, la médecine posent des problèmes sans précédents auxquels s’adressent des protestations d’un nouveau type. Ces protestations ne visent pas à renverser l’état mais à changer la technologie. Chose étonnante, la nouvelle politique de la technologie semble correspondre à la relation interactive avec l’ordinateur. Comme un paradigme des relations humaines à la technologie, l’interaction remplace la notion plus ancienne d’un macro-système inflexible tel que le chemin de fer et l’électricité. L’idée que la philosophie fondamentale de la technologie de Heidegger est dépassée provient de ce changement de paradigme. Mais quelle serait la nouvelle philosophie de la technologie qui conviendrait à notre moment historique  ? 
Il y a plusieurs influences importantes qui contribuent à une nouvelle théorie critique de la technologie. L'École de Francfort propose «  une critique rationnelle de la raison  » qui dans l’œuvre de Marcuse se focalise sur la reconstruction du système technologique à partir de nouvelles valeurs. Marcuse lui-même était influencé par Simondon dont la philosophie de la technologie a récemment attiré l’attention. Les études de la technologie constructivistes donnent une base empirique et des concepts théoriques essentielles qui permettront de construire une nouvelle philosophie de la technologie. Les cours auront comme base ces sources-là ainsi que les textes classiques de Heidegger pour élaborer une nouvelle philosophie de la technologie.

/ GANJIPOUR Anoush

L’univocité de l’être : Sadrâ avec Malebranche/Spinoza
Philosophie et philosophies | 14 février, 07 mars, 28 mars, 04 avril, 11 avril, 02 mai, 16 mai, 30 mai
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18h30-20h30
Ven 14 fév : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Ven 7 mars, Ven 28 mars, Ven 4 avr, Ven 11 avr (séance annulée) : Salle Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 2 mai, Ven 16 mai : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Ven 30 mai : Salle Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
La première année de notre recherche comparative sur la philosophie orientale et la philosophie moderne est consacrée à la question de l’être telle qu’elle a été pensée d’une part dans le système ontologique de Sadrâ, et, de l’autre, dans le débat métaphysique entre Spinoza et Malebranche, et cela dans la mesure précise où ce sont l’avicennisme iranien et l’avicennisme latin qui s’achèvent dans chacun de ces deux moments métaphysiques. La grande invention métaphysique qui se cristallise dans la doctrine sadrienne consiste à établir la priorité ontologique de l’être univoque par rapport à l’ensemble des étants tout en maintenant la multiplicité irréductible de ces derniers. Or, du point de vue comparatiste qui est le nôtre, il s’agit de voir comment l’ontologie nettement anti-essentialiste de Sadrâ se positionnerait par rapport à l’essentialisme rénové de Malebranche et au monisme de Spinoza, dans leur débat sur l’univocité de l’être, en proposant un monisme particulier qui ne peut pour autant se résigner à l’identification de l’être et du Tout des étants et, partant, tomber, comme le reprochait Jacobi à Spinoza, dans l’athéisme.
Les séminaires de cette année débutent par une récapitulation rapide de l’ontologie d’Avicenne en tant qu’elle constitue l’origine commune de nos termes de comparaison. L’ample glose de Sadrâ sur la Métaphysique du Shifâ nous permettra d’enchaîner sur l’ontologie de Sadrâ lui-même. La lecture des passages ou chapitres extraits des quatre grands ouvrages de Sadrâ, à savoir La Sagesse suréminente dans les quatre voyages de l’esprit, Le Livre des Pénétrations Métaphysiques (trad. H. Corbin), Les Témoins de la Seigneurie divine et L’Origine et le Retour, complétera le schéma global de l’ontologie sadrienne. Ensuite seront abordées les deux ontologies rivales de Spinoza et de Malebranche, précisément à partir du différend conceptuel qui oppose les deux philosophes l’un à l’autre. La comparaison ontologique se construit à mesure qu’on introduit la position tierce de Sadrâ dans ce différend.

/ GIL Marie

Sens et récit
Philosophie, arts et littérature | 06 mars, 13 mars, 27 mars, 03 avril, 05 mai, 15 mai
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Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Jeu 6 mars, Jeu 13 mars, Jeu 27 mars, Jeu 3 avr, Lun 5 mai : 18h30-20h30
Jeu 15 mai : 19h-21h

La tradition considère que le récit occidental est fondé sur la mimèsis – ou sa destruction, avec la modernité – alors que certaines poétiques, comme la poétique orientale, sont fondées sur le détour, l’allusion, le non-dit ou l’ellipse.
La tradition considère également que le mode d’expression de la littérature occidentale est celle de la figuration, alors que le mode d’expression de la littérature orientale est celle de l’allusion ou diffusion du sens. Ainsi, dans la littérature occidentale, les représentations ou objets du monde sont des images qui renvoient à un plan supérieur, idéel, alors que dans la poétique orientale les objets renvoient à des objets, mais pris dans leur plus grande extension, détachés de leur limitation matérielle.
L’objet de ce séminaire sera de se demander si le récit occidental ne répond pas lui aussi, d’une manière qui lui est propre, à une poétique qui est celle du détour, de l’à-côté du sens, et si réellement il est fondé sur la figuration, alors qu’il semble que certaines lectures ne peuvent répondre qu’à une conception littéraliste et immanente du sens – comme celles de Henry James ou de Melville par Deleuze, ou notre lecture propre d’une figure particulière de la représentation romanesque, que nous nommerons «  la chambre d’à côté  », fondée sur le décadrage ou le hors champ.
 
Programme des séances :
1. Le sens narratif  : lecture de James
2. Le sens narratif  : lecture de James (suite)
3. Sens narratif et philosophie
4. Le détour et le littéral  : autour de François Jullien
5. Chambre d'à côté et lignes de fuite
6. Deleuze et le  littéralisme


/ GUICHARD Éric

Atelier Internet
Philosophie, sciences et techniques | 14 février, 21 février, 28 février, 07 mars, 14 mars, 28 mars, 04 avril, 16 mai
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17h-19h30
Salle U/V, École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Ven 14 fév, Ven 21 fév, Ven 28 fév, Ven 7 mars, Ven 14 mars, Ven 28 mars, Ven 4 avr, Ven 16 mai
Séminaire organisé en collaboration avec l'École normale supérieure (Ens-Ulm).
 
L'Atelier Internet s'appuie sur une théorie forte  : l'écriture est une technique essentielle à l'activité intellectuelle et l'internet en est la version contemporaine  : une écriture informatique et en réseau. L'écriture est aussi une technique souvent contraignante, dans la mesure où son efficacité ne peut se déployer qu'une fois stabilisée une culture de l'écrit  : un ensemble de pratiques collectives, de méthodes, inventées, héritées ou adaptées, qui garantissent l'interprétation. La culture numérique n'est alors que le pendant contemporain de la culture de l'écrit.
En cela, le séminaire s'attache dans ses versions lyonnaise comme parisienne à relier les pratiques savantes du passé et du présent, en insistant sur leur rapport à l'écriture. Il participe d'une déconstruction des discours attachés à l'internet (l'utilisateur, la communauté, les usages, les promesses du futur, le numérique, etc.) tout en conjuguant études fines de pratiques en étroits collectifs, métrologie et géographie de l'internet, suivi (ou création) d'outils intellectuels inédits, analyses épistémologiques et philosophiques.
L'étude attentive des savoirs et savoir-faire liés aux écritures du passé et d'aujourd'hui, qui renvoie aux relations entre littératie, méthodes, culture et technique, permettra aussi aux participants de l'Atelier Internet de réfléchir aux possibilités de construction de la culture numérique via les institutions éducatives (école, lycée, Université). Ce qui permettra au CIRTEP du CIPh d'approfondir les questions d'éducation au sens large en relation avec l'outillage mental contemporain et avec la variété de ses producteurs, relayeurs, et plus largement médiateurs.
 
Plus d'informations aux adresses suivantes :
Eric point Guichard arobase ens point fr

/ HENRY Julie

Anthropologie spinoziste et éthique en santé
Philosophie et sciences humaines | 20 février, 21 mars, 10 avril, 15 mai, 13 juin
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17h-19h
Salle R-20, École normale supérieure de Lyon, Site Descartes, 15 parvis René Descartes, 69342 Lyon Cedex 07
Jeu 20 fév, Ven 21 mars, Jeu 10 avr, Jeu 15 mai, Ven 13 juin

Séminaire organisé dans le cadre du projet ANR «  ANTHROPOS  » (CERPHI, UMR 5037), et avec le soutien de l'Ecole normale supérieure de Lyon.
 
Nous appuyons notre recherche sur la règle énoncée par Spinoza, selon laquelle il faut partir des hommes tels qu’ils sont (et non tels que l’on aimerait qu’ils soient) pour constituer une éthique qui soit pertinente. Cela revient ainsi à ancrer toute éthique dans une anthropologie, et plus spécifiquement dans le cadre de ce séminaire, à relire l’éthique en santé d’aujourd’hui à la lumière des anthropologies de l’âge classique. L’idée fondamentale est qu’une science de l’homme conçue comme éléments de compréhension des pratiques humaines pourrait nous préserver d’une éthique a minima comme d’une perspective moralisante.
Nous commencerons ainsi par thématiser le lien entre histoire de la philosophie et enjeux contemporains, en cherchant à retrouver, derrière les questions actuelles, de grandes problématiques humaines déjà envisagées sous des perspectives diverses par les philosophes du XVIIe siècle. Puis nous nous demanderons quelles thématiques des anthropologies spinoziste et hobbesienne sont les plus pertinentes en regard des questions soulevées en éthique en santé, parmi lesquelles la conception de la vie comme mouvement, la place centrale du désir dans l’action ou encore l’idée selon laquelle tous les hommes (gouvernants et gouvernés, soignants et soignés, etc.) sont mus par leurs affects. Nous pourrons alors, à partir de cette mise en place méthodologique, reprendre des problématiques fréquemment rencontrées dans la pratique médicale (la responsabilité du soignant, la singularité des patients, le temps de la guérison, les normes de santé, etc.) à partir des concepts anthropologiques qui auront été élaborés (aptitudes, historicité, variations, habitudes affectives, puissance d’agir, etc.).
L’enjeu consiste alors à concevoir une éthique qui puisse se pratiquer à même les différents usages de la vie humaine, au cœur de l’articulation entre nécessités communes (la normalisation) et aptitudes singulières à se les approprier (la puissance propre des individus).
 
Intervenants :
- Jeudi 20 février  : Julie Henry (CIPh)  : Questions de méthode  : des liens entre anthropologie de l’âge classique et médecine d’aujourd’hui
- Vendredi 21 mars  : Arnaud Milanese (MCF de philosophie à l’ENS de Lyon  ; CERPHI - UMR 5037)  : Anthropologies spinoziste et hobbesienne  : leurs enjeux pour une autre éthique en santé
- Jeudi 10 avril  : Julie Henry  : Entre normalisation et singularisation  : trouver un cheminement propre au sein de nécessités communes
- Jeudi 15 mai  : Didier Ouedraogo (professeur de philosophie dans le master «  Éthique, science, santé et société  », Université Paris-Sud  11)  : La place des affects (des patients comme des soignants) dans la maladie, le soin et la guérison
- Vendredi 13 juin  : Julie Henry  : Les temporalités à l’œuvre dans les structures hospitalières  : temps collectif et histoires personnelles

/ JESUS Paulo et NOUR SCKELL Soraya

Cosmopolitisme, cosmopolitique, justice cosmopolite
Philosophie, politique et société | 10 février, 10 mars, 31 mars, 28 avril, 19 mai, 16 juin
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18h30-20h30
Lun 10 fév : Salle Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 10 mars : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Lun 31 mars : Amphi Stourdzé, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 28 avr, Lun 19 mai : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Lun 16 juin : Salle Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Séminaire organisé dans la cadre du projet de recherche «  La poétique de l'ipse  » (Fondation pour la Science et la Technologie-FCT, Centre de Philosophie de l'Université de Lisbonne).
 
Être cosmopolite est une condition à dimension individuelle et collective, liée à la construction de soi (un soi cosmopolite), à la manière de penser et de vivre dans sa dimension quotidienne (l’action sous un angle cosmopolite), à l’émergence des groupes sociaux qui exigent le cosmopolitisme, ainsi qu’à une réflexion sur ce qu’est le juste et l’injuste cosmopolite. Cette notion de justice cosmopolite qui en émerge présuppose la justice dans l’ordre interne d’un État ainsi que la justice internationale, en se différenciant aussi bien de l’une que de l’autre pour s’interroger sur le juste et l’injuste qui porte sur l’être humain en tant que tel et en tant qu’individu singulier, au-delà de son statut en tant qu'habitant, ressortissant ou citoyen d’un État, prenant ainsi aussi en compte les générations futures et l’environnement. Nous voulons ce semestre réfléchir au rapport entre le soi cosmopolite et la justice cosmopolite avec Kant, en rétablissant le rapport intrinsèque entre la construction de soi, ou «  poétique de l’ipse  », en tant qu’un soi cosmopolite (Critique de la Raison Pure) et le «  droit cosmopolite  » (Paix Perpétuelle). 
 
Intervenants : 
- Lundi 10 février : Étienne Balibar (Université de Nanterre, Columbia University)  : Cosmopolitisme et mondialisation  : de l’imaginaire au réel  ?
- Lundi 28 avril : Matthias Kaufmann (Université de Halle, Allemagne)  : Responsabilité cosmopolite et responsabilité particulière après la globalisation

/ JIANG Dandan

Nature et éthique de la Vie : dialogue transculturel autour du Zhuangzi
Philosophie et sciences humaines | 20 juin, 25 juin
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18h30-20h30
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 20 juin : Salle Germaine Tillion
Mer 25 juin : Salle Maurice Allais
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Ce séminaire s'applique à réviser certaines insuffisances théoriques du courant de la « deep ecology  », pour proposer un tournant vers l’éthique de la vie dans la perspective de la critique transculturelle. Contrairement à certaines visions stéréotypées présentant le taoïsme comme une sagesse passive de l’inaction, des réinterprétations contemporaines révèlent de nouveaux points de vue sur le dynamisme au sein de la pensée de Zhuangzi. L’éthique de la vie chez ce dernier peut se lire en rapport avec sa compréhension du corps et de l’esprit, de l’immanence et de la transcendance, selon un paradigme de la non-séparation. En parallèle, nous examinerons comment une certaine «  culture de soi  » peut créer les conditions de possibilité d’une autre subjectivité  ? Quels rapports Zhuangzi conçoit-il entre la nature et la vie, le soi et le monde, la passivité et l’action  ? Comment une telle subjectivité basée sur l’expérience du «  vide  » amène à une authentique manière de vivre, à la créativité et l’équilibre  ? Quelle en est la portée au niveau biopolitique  ? En interrogeant les dimensions du corps, du souffle, du sentir, du naturel, de la liberté et de l’authenticité chez Zhuangzi, nous proposons d’examiner les dimensions éthiques dans sa pensée tout en menant un dialogue transculturel avec les courants de pensée en France liés à la vie concrète, et en écho aux études françaises contemporaines sur Zhuangzi. 
 
Intervenants :
- Vendredi 20 juin  : François Jullien (sous réserve) (Maison des Sciences de l'Homme)
- Mercredi 25 juin  : Fabian Heubel (Université de Francfort, Académie Sinica, Taipei)

/ KISUKIDI Nadia Yala

Universalisme(s) : reprises, critiques et généalogies d'un discours
Philosophie, politique et société | 20 mars, 03 avril, 15 mai, 05 juin
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18h30-20h30
Centre Parisien d'Études Critiques (CPEC), 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Jeu 20 mars, Jeu 3 avr (séance annulée), Jeu 15 mai, Jeu 5 juin
Séminaire organisé en collaboration avec l'IRSE (Institut Romand de systématique et d'éthique / Université de Genève) et avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
 
Les études postcoloniales ont développé une certaine critique de l’humanisme et de l’universalisme hérités des Lumières et des «  effets d’aveuglement et de cruauté  » qu’ils ont pu induire en situation coloniale. Pris dans une quadruple articulation discursive  : anthropologique (affirmation de l’unité de l’humanité par-delà les différences), axiologique (il existe des valeurs universelles), morale (l’universel comme soubassement d’exigences morales considérées comme légitimes), et juridico-politique (défense du droit d’ingérence, des droits de l’homme et de la démocratie), le discours universaliste apparaît plus que suspect et ne semble pas contribuer à produire une proposition sérieuse et effective en vue de la constitution d’une politique du vivre-en-commun. 
Dans l’ombre de leur travail critique, ces analyses laissent toutefois entrevoir des formes de reprises d’un discours éthique de l’universel  visant à disqualifier des stratégies de récusation de l’humain et impliquant une transformation de l’ordre social constitué. 
L’enjeu de ce séminaire consistera ainsi à tester la pertinence d’une reprise éthique d’un concept d’universalité selon trois axes  : 
1) historique  : établir la généalogie critique du discours de l’universalisme  ;
2) éthique  : dans quelle mesure le recours au concept d’universel est-il véritablement opérant pour démonter les stratégies de récusation de l’humain, soutenues par des processus imaginaires et rationnels d’altérisation et de fictionnalisation d’un absolu de la différence  ;
3) disciplinaire  : s’attacher aux productions de la philosophie et de la théologie en Afrique (Négritude, Boulaga, Ela) –  questionnant la possibilité d’une telle reprise, intégrant à la fois la critique théorique de l’universalisme et une réflexion sur les expériences de violence matérielles et symboliques propres à l’Afrique coloniale et postindépendances.

/ LÈBRE Jérôme

Stations - ou comment tenir l'immobilité
Philosophie, arts et littérature | 10 février, 17 mars, 31 mars, 07 avril, 28 avril, 12 mai, 26 mai, 16 juin
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18h30-20h30
Centre Parisien d'Études Critiques (CPEC), 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Lun 10 fév, Lun 17 mars, Lun 31 mars, Lun 7 avr, Lun 28 avr, Lun 12 mai, Lun 26 mai, Lun 16 juin

Séminaire organisé en collaboration avec l'Institut des hautes études en psychanalyse (IHEP) et avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
 
L’immobilité n’est pas une catastrophe. Elle ne se confond pas non plus avec la simple inertie. Plus immobile qu’elle, elle tient, se tient au bord de l’abîme, et elle y reste autant que possible. Il ne faut pas attendre d’elle qu’elle s’accomplisse dans le mouvement : elle est déjà aussi un mode du mouvement, un repos dynamique ou tonique. Se refusant à toute éternisation, elle se dissémine dès lors en une multiplicité de stations, images, textes, corps, pensées, si bien que l’on peut aller loin sans faire un seul pas. 
Cette expression, « ne pas faire un pas », sera prise avec le plus grand sérieux et dans toute son extension. Après tout c’est elle qui, chez Kant, caractérise la métaphysique. Ce n’est pas une métaphore  : elle implique une pratique de la pensée, une manière de méditer, parfois sur une seule jambe (Nietzsche), ou plutôt des pratiques dont certaines sont vieilles comme le monde. L’immobilité implique le corps, qui tient selon un certain équilibre. Certes il n’y a rien de plus dur à tenir que l’immobilité (à l’école, en prison) mais cette dureté est celle de la photographie (Sam Taylor Wood), des plus grands films (Fenêtre sur cour), de la poésie. Que l’on pense à Artaud  : il faut un beau pèse-nerfs, «  une sorte de station incompréhensible et toute droite au milieu de tout dans l’esprit ». 
Chaque séance sera une station. C’est bien ce qu’elle est toujours, une station assise, donc paradoxale  ; on se demande pourquoi et comment on tient et pour combien de temps encore, donc cette fois-ci on se le demandera vraiment. Comment le comédien, le danseur, celle ou celui qui pose, mais aussi l’œuvre, l’image, l’écriture tiennent-ils immobiles  ? Et  les animaux  ? Et le couple homme-cheval ? Et les hommes dans un embouteillage, un aéroport, une station de métro ou une station balnéaire  ? Quel avantage, quel danger, y a-t-il à maintenir immobile un groupe de CRS, une armée  ? Comment toutes ces immobilités évoluent-elles, quels changements de position provoquent-elles  ? Si ces questions ont déjà été posées, on les reposera, pour que rien ne bouge, pendant plusieurs semestres. À l’horizon, immobile, se tient une certaine idée du courage.
  
Programme et intervenants :
Stations 1 à 3  : position du problème
- Lundi 10 février : Séance introductive : Du mouvement et de l’immobilité… 
- Lundi 17 mars : Un pas de plus ou de moins (la question de la métaphysique)
- Lundi 31 mars : Pour une statique 
 
Stations 4 à 8  : tenir l’immobilité dans l’art, l’écriture
- Lundi 7 avril : Yannick Mouren (professeur d’études cinématographiques)  : L’image arrêtée
- Lundi 28 avril : Tanguy Viel (romancier)  : En un éclair d’immobilité… 
- Lundi 12 mai : Anne Gorouben (artiste plasticienne)  : La station du modèle
- Lundi 26 mai : David Hudry (compositeur, professeur de musicologie)  : Les expressions du statisme dans la musique de Franz Schubert
- Lundi 16 juin : Aïcha Livia Messina (professeure de philosophie) et Sara Pozzoli (réalisatrice)  : Poser me va si bien – l’écrit et le film

/ LEFEBVRE Anne et VINÇON Jérôme

Image, invention, création. De Simondon à aujourd'hui
Philosophie, arts et littérature | 15 février, 15 mars, 10 avril, 12 avril, 15 mai, 17 mai, 05 juin
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Sam 15 fév, Sam 15 mars : Salle Paul Celan, École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris, 14h-17h
Jeu 10 avr (séance annulée) : Centre Parisien d'Études Critiques (CPEC), 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris, 18h30-20h30
Sam 12 avr : Salle Paul Celan, École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris, 14h-17h
Jeu 15 mai : Centre Parisien d'Études Critiques (CPEC), 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris, 18h30-20h30
Sam 17 mai : Salle Paul Celan, École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris, 14h-17h
Jeu 5 juin : Centre Parisien d'Études Critiques (CPEC), 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris, 18h30-20h30

 

Séminaire organisé avec le CIEPFC (Centre International d'Étude de la Philosophie Française Contemporaine) dans le cadre de la convention avec l'École normale supérieure, et avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
 
Ce séminaire entend assumer pleinement son ancrage dans l’examen de la  théorie de la genèse vitale des images, que Gilbert Simondon développe dans son cours Imagination et invention (Éd. La transparence, 2008). L’objectif de ce parti pris est double. L’attention portée à ce texte devra, d’abord, nous permettre d’adopter un point de vue proprement transversal sur cette philosophie et d’éclairer son extrême fécondité pour la pensée contemporaine. Cette théorie, proprement génétique, ne vient pas seulement en effet redéfinir de façon inédite et conjointe les trois notions d’image, d’invention et de création, elle provoque encore l’éclatement du cadre traditionnellement régional de leurs enjeux. Loin de répondre à la seule perspective d’une explication de l’imagination créatrice du sujet et de ses productions en matière d’art ou de technique, le renouvellement de ces trois concepts s’avère fécond pour le traitement des problèmes que soulève, dans le champ le plus contemporain de la pensée, par-delà même ses divisions disciplinaires, la compréhension des relations entre pensée et corps, technique et nature, culture et vie. Corrélativement, il s’agira de considérer les effets que produisent, à rebours, dans le champ de l’art et/ou de l’esthétique, ces notions d’image, d’invention et de création, foncièrement désenclavées. On examinera tout particulièrement la pertinence de ces concepts, prolongeant la perspective techno-esthétique ouverte par Simondon, pour une pensée de ces arts dits «  fonctionnels  » que sont le design et l’architecture.
 
Intervenants :
- Samedis 15 février, 15 mars, 12 avril, 17 mai : Anne Lefebvre (CIPh)
- Jeudis 10 avril, 15 mai, 5 juin : Anne Lefebvre et Jérôme Vinçon (architecte, enseignant à l'ENSAPV/École nationale supérieure d'architecture de Paris La Villette)

/ LOBO Carlos

L'espace comme carrefour épistémologique (I). Un obstacle phénoménologique
Philosophie, sciences et techniques | 13 février, 20 mars, 10 avril, 15 mai, 05 juin
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18h30-20h30
Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 13 fév (salle Germaine Tillion), Jeu 20 mars, Jeu 10 avr, Jeu 15 mai, Jeu 5 juin
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Séminaire organisé en collaboration avec le Laboratoire Disciplinaire Pensée des Sciences, l'UPEC-ENS Paris et l'E.A 2129 Identité et subjectivité de l'UCBN.
 
Déblayer le sol pour une position des problèmes, telle pourrait être la fonction épistémologique première de la phénoménologie. Or il semble que cette contribution ait été d’emblée compromise pour ce qui regarde le problème de l’espace. En épousant la conception kantienne de l’esthétique transcendantale, l’espace s’est imposé et maintenu dans la littérature phénoménologique ultérieure comme un principe d’individuation (O.  Becker). Sous ce titre des choses fort différentes se sont trouvées confondues, dont une forme globale de la sensibilité descriptible en termes de synthèses passives et une structure métrique, le plus souvent euclidienne. Cette thèse, pour des raisons qu’il est possible de reconstituer historiquement, s’est trouvée renforcée par certains dispositifs textuels et éditoriaux, en particulier la «  généalogie de la logique  » re-tracée par L.  Landgrebe sous le titre d’Expérience et jugement qui définit précisément l'espace comme «  l’ordre de la simultanéité individuelle des choses sensibles (matérielles)  ». Maintes recherches épistémologiques ont ainsi été détournées de la phénoménologie transcendantale, ou ne lui ont reconnu qu'une fécondité épistémologique limitée. Car l'ontologie formelle constructible à partir d'une telle logique et d'une telle esthétique apparaît inévitablement «  conservatrice  »  : son expression historique connue étant fournie par la théorie des ensembles classique. Elle est de plus inadéquate pour une épistémologie de la nouvelle physique, puisque ce cadre postule le système des «  points matériels localisés et en mouvement de la physique classique  » (Michel Bitbol). 
Durant ce semestre, suivant les pas de l’article pionnier de Dieter Lohmar (1996), nous nous proposons de retracer la formation de cette thèse et de vérifier dans quelle mesure la phénoménologie telle que Husserl en définit la pratique échappe au reproche que Weyl adresse aux philosophes impatients «  qui croient qu’il est possible de décrire l’essence de l’espace sur la base d’un seul acte de présentation exemplaire  ».
 
Intervenants : 
- Jeudi 13 février  : Carlos Lobo (CIPh) 
- Jeudi 20 mars  : Carlos Lobo (CIPh) 
- Jeudi 10 avril  : Carlos Lobo (CIPh)  
- Jeudi 15 mai  : Vincent Gérard (Université de Poitiers)
- Jeudi 5 juin  : Filip Mattens (KU Leuven)

/ LOBO Carlos

Atelier :
Expérience et Jugement. Un cas dans la littérature philosophique du XXe siècle

Philosophie, sciences et techniques | Atelier | 21 mars, 11 avril, 16 mai, 06 juin
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14h30-17h30
École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Ven 21 mars : Salle Weil
Ven 11 avr : Salle Conférence
Ven 16 mai : Salle Weil
Ven 6 juin : Salle Conférence

 

Atelier organisé en collaboration avec le Laboratoire Disciplinaire Pensée des Sciences, l'UPEC-ENS Paris et l'E.A 2129 Identité et subjectivité de l'UCBN et avec le soutien des Archives Husserl de Paris.
 
Adossé au séminaire, cet atelier en reprend l’hypothèse centrale. La grille de lecture généalogique fournie par l’ouvrage Erfahrung und Urteil a contribué à détourner maintes recherches en épistémologie de la phénoménologie transcendantale, ou du moins, a-t-elle empêché un usage plus fécond de ressources pourtant disponibles par ailleurs. Épousant la conception kantienne de l’esthétique transcendantale et éludant, entre autres, le niveau de la constitution intersubjective, l’espace y est défini comme principe d’individuation. Cela se produit, par exemple, lorsque, au beau milieu d’un manuscrit consacré à la description de synthèses passives (période de Bernau), Landgrebe interpole un fragment décrivant l’espace comme «  l’ordre de la simultanéité individuelle des choses sensibles (matérielles)  » (Erfahrung und Urteil, § 43, p. 218-219). La portée des investigations réalisées ailleurs sous le titre de «  logique transcendantale  » et d’«  esthétique transcendantale  » est ainsi sous-estimée. Suivant les pas de l’article pionnier de Dieter Lohmar (Zu der Entstehung und den Ausgangsmaterialien von Edmund Husserls Werk Erfahrung und Urteil, 1996) et le prolongeant, cet atelier se propose de confronter de manière systématique, critique et historique Erfahrung und Urteil à ses manuscrits-sources ainsi qu’à d’autres textes afférents portant sur la même thématique. En choisissant cet angle délibérément restreint, il a vocation aussi à offrir une initiation à la méthodologie phénoménologique en même temps qu’aux méthodes de la recherche, de la traduction et de l’édition critiques. 
 
Intervenants : 
 
16 mai : Dieter Lohmar (Universität zu Köln, Husserl Archiv)

/ NGOWET Luc

Les fondements théoriques de la modernité africaine
Philosophie, politique et société | 08 février, 15 février, 22 mars, 29 mars, 19 avril, 03 mai, 05 mai
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Sam 8 fév : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris, 10h-12h
Sam 15 fév, Sam 22 mars (séance annulée) : Nairobi (Kenya)
Sam 29 mars (séance reportée le  lundi 5 mai à l'université Paris Diderot Paris 7UFR Sciences sociales - Bâtiment Olympe de Gouges, Place Paul Ricoeur, rue Albert Einstein 75013 Paris, salle 268, 2ème étage, 10h-12h
Sam 19 avr : Nairobi (Kenya)
Sam 3 mai : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris, 10h-12h

 

Séminaire organisé en collaboration avec le Département de philosophie de l'Université de Nairobi.
 
Peu d’universités en Afrique, et encore moins en France, proposent un enseignement entièrement consacré à la philosophie ou à la pensée politique africaine. Ce séminaire, tout comme les autres activités que nous proposons dans le cadre de notre programme de recherche, entend combler une lacune et constitue de ce fait une opportunité unique pour, d’une part, développer un champ largement inexploré, d’autre part, favoriser des échanges avec certaines institutions universitaires africaines et américaines qui disposent de séminaires dédiés à la pensée politique africaine. 
Notre séminaire sur la pensée politique africaine se construira autour de deux axes principaux. Le premier, d’orientation épistémologique et historique, portera sur les écritures africaines de la modernité politique qu’il s’agira d’étudier selon un processus d’investigation dialectique. Le second, envisagé dans une perspective herméneutique et problématique, se concentrera sur quelques grands textes – tant francophones qu’anglophones – de la pensée politique contemporaine comme instrument d’élucidation de la modernité africaine.
Au cours de ce semestre, on abordera des questions liées aux enjeux méthodologiques et historiques de l’analyse du politique en Afrique, toutes visant donc à construire le premier axe de notre programme de recherche. Parmi ces questions, l’on retiendra principalement les trois suivantes. S’il existe une philosophie ou une pensée politique africaine (distinction qu’on précisera) avec son propre régime d’historicité, comment s’est-elle développée  au cours de l’Histoire  ? Quelle est la contribution des cadres d’analyse traditionnels, en l’occurrence l’anthropologie et la science politique  africaniste, sur l’intelligence du politique en Afrique, et quelles en sont les limites  ? Puisque nous postulons que l’africanisme ne nous permet pas de saisir la modernité africaine dans toute sa complexité et sa diversité, quelles sont les conditions de possibilité d’une redéfinition du savoir politique sur l’Afrique  ? 
 
Ces séances tenteront d’apporter des réponses structurées ou du moins de nourrir une série de débats ouverts sur ces questions, à partir de textes de penseurs africains et non-africains. 
 
Les trois séances qui auront lieu à Nairobi se tiendront en anglais.
 
Programme des séances :
Séances inaugurales (1 et 2) : Qu’est-ce que la pensée politique africaine  ? Éléments conceptuels et historiques
Séances (3 et 4) : Sens et limites de l’anthropologie et de la science politique africaniste
Séances (5 et 6) : Redéfinir le savoir sur le politique en Afrique  : vers une phénoménologie du politique 
 
*L'adresse et les horaires des séances à Nairobi 
seront indiqués ultérieurement sur le site du Collège www.ciph.org

/ NIGRO Roberto

Coup d'État et révolution dans les arts de gouverner modernes
Philosophie, politique et société | 23 juin, 24 juin, 25 juin, 26 juin
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11h-13h
Seminarraum, Université des Arts de Zürich (ZHdK), Förrlibuckstrasse, 62, Zürich (Suisse)
Lun 23 juin, Mar 24 juin, Mer 25 juin, Jeu 26 juin

Séminaire organisé en collaboration avec l'Université des Arts de Zürich (ZHdK).
 
Ce séminaire se situe dans le prolongement du précédent. Avec les révolutions de la fin du XVIIIe et du XIXe siècle, le coup d’État acquiert une signification nouvelle  : il devient une action politique subversive, initiée à l’extérieur du lieu d’autorité légitime. Ainsi redéfini, un coup d’État change la personne des gouvernants sans nécessairement modifier l’identité politique de l’État. La pensée moderne rend le coup d’État classique obsolète tout en le couvrant d’une étiquette d’illégitimité. Faut-il cependant croire que celui-ci ait complètement disparu de l’horizon de pensée et de la pratique politique moderne  ? Ne pourrions-nous pas voir en lui un pouvoir constituant agissant de l’intérieur même de la pratique gouvernementale pour la tirer au-delà de ses propres limites  ? Si tel est le cas, y aurait-il lieu de repenser le concept et la pratique moderne de révolution à la lumière d’une généalogie du concept politique de coup d’État  ? Peut-on interpréter le fonctionnement normal et régulier du pouvoir comme résidant dans l’exception  ? Quel rôle joue la décision (notion-clé dans la pratique du coup d’État) dans les mécanismes de transformation politique  ?

/ ODELLO Laura et ROLLET Sylvie

Excès, pouvoir, violence – du cinéma
Philosophie, arts et littérature | 14 février, 21 mars, 28 mars, 11 avril, 30 mai, 20 juin, 27 juin
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18h30-20h30
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 14 fév : Salle Germaine Tillion
Ven 20 juin, Ven 27 juin : Salle Maurice Allais
Ven 21 mars, Ven 28 mars, Ven 11 avr, Ven 30 mai (Sorbonne Nouvelle Paris 3, salle 307, 3ème étage
13 rue de santeuil, 7505 paris)
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
 
Séminaire organisé en collaboration avec le département Cinéma et Audio-Visuel (CAV) de l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3.
 
Des images de la violence, figurant la violence ou la représentant, il y en a tant, qui circulent notamment au cinéma. Mais qu’en est-il de l’image comme violence  ? Peut-on penser que l’image, en tant que telle, se constitue déjà depuis une violence qui lui serait dès lors inhérente  ? (C’est en ce sens que Jean-Luc Nancy parle «  de la violence à l’œuvre dans l’image et de l’image s’ouvrant dans la violence  ».) Ou encore — autre hypothèse que ce séminaire voudrait explorer — y aurait-il également une violence faite aux images, qui s’en trouveraient désorganisées ou destituées de leur pouvoir  ?
Autant de questions qu’il s’agira d’adresser au cinéma et depuis le cinéma. Afin d’interroger ainsi l’excès qui loge peut-être au cœur du cinéma.
 
Intervenants : 
- 14 février : Peter Szendy
- 21 mars : Pierre-Damien HUYGHE (Paris 1) : Du cinéma repris en main (propos critique)
- 28 mars  : Sylvie ROLLET (Université de Poitier/Paris 3)
- 11 avril : Laura ODELLO (Ciph) et Arafat SADALLAH (Siwa)
- 30 mai : Ophir LEVY (Paris 1) : Sur la persistance clandestine des images traumatiques des camps dans la Science fiction
- 20 juin : Nicolas VIEILLESCAZES : "La violence du capital. Le cinéma d'horreur et les antinomies du libéralisme"
- 27 juin : Corinne MAURY (Toulouse II) : Sur quelques cinéastes du réel contemporain, notamment Wang Bing et Sylvain Georges

/ PAGÈS Claire

Histoire et affects
Philosophie et sciences humaines | 12 février, 26 mars, 30 avril, 18 juin
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18h30-20h30
Mer 12 fév : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 26 mars, Mer 30 avr : Salle Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 18 juin : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Notre recherche concerne la façon dont les dimensions humaines du psychique et du social interfèrent entre elles. D’une part, nous nous demandons dans quelle mesure et comment la vie psychique, dans sa dimension individuelle, vient influencer, modifier, infléchir des mécanismes sociaux généraux, si bien qu’il faut en tenir compte et apprendre à les connaître si on veut comprendre certains phénomènes d’abord étiquetés comme phénomènes «  sociaux  ». D’autre part, nous soulevons le problème de savoir comment et jusqu’à quel point les changements socio-historiques ont une incidence sur la façon dont se déroule la vie psychique de l’individu. Sont-ils à même de modifier les destins psychiques de ses représentations gouvernés pour partie par ses mécanismes inconscients de défense  ? Cela engage une réflexion sur la modification sociohistorique et la modification culturelle des processus psychiques. Qu’est-ce qui, dans la vie affective, obéit à des processus psychiques transhistoriques, qui opèrent comme des structures et qui confèrent aux sentiments une certaine universalité  ? Et qu’est-ce qui, au sein des affects, est déterminé par un contexte historique  ? C'est par cette interrogation que nous proposons de commencer cette année. La théorie éliassienne du processus de civilisation nous semble permettre, d’une part, d’affiner la position de ce problème et, d’autre part, de fournir des éléments de réponse précis. Aussi le séminaire se concentrera sur la façon dont Norbert Elias a analysé des phénomènes comme l'apparition de nouveaux types d'émotion, l'accroissement de la sensibilité, le refoulement croissant de l’expression des affects et émotions violents et spontanés, etc. Le caractère historique, non exactement des processus affectifs, mais des formes sociales de leur existence, implique alors par exemple pour Elias qu'il est injuste de « juger du comportement et de la sensibilité d’une personne qui a vécu à une époque antérieure comme si c’était un contemporain et [d']ignorer qu’à son époque d’autres règles étaient en vigueur  » (Mozart. Sociologie d’un génie). 

/ PALTRINIERI Luca

L'entreprise comme institution et rationalité
Philosophie, politique et société | 19 mars, 26 mars, 07 mai, 21 mai, 04 juin, 11 juin
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18h30-20h30
Mer 19 mars, Mer 26 mars : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 7 mai : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 21 mai, Mer 4 juin, Mer 11 juin : Salle Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

 

«  Après tout, tous comptes faits, pourquoi pas une "philosophie de l'entreprise"? (…). Dans la mesure où elle n'est pas seulement objet pour les techniciens et les économistes, mais elle est aussi une lieu de tâches et de conduites, individuelles et collectives, obligatoirement soumises à des règles, il est possible et important de la soumettre à un examen critique et normatif, donc authentiquement philosophique.  » Le programme de cette première année de séminaire part précisément de ces mots de Georges Canguilhem  : une philosophie critique de l'entreprise est-elle possible, et à quelles conditions  ? 
Il s'agira d'un côté de différencier notre recherche de la philosophie du travail et de la philosophie de l'économie, pour interpréter l'entreprise comme une institution spécifique, qui doit faire l'objet d'une philosophie politique s'interrogeant sur les relations particulières de subjectivation, de subordination et d'insubordination se tissant en son sein. Mais si l’entreprise s’est imposée comme la forme dominante du capitalisme ce n’est pas seulement en tant que sphère séparée de la production,  mais en tant que rationalité décrivant l’ensemble des rapports sociaux. De simple unité organisationnelle de production de bien et des services, l’entreprise est devenue dans nos sociétés néolibérales une façon de penser, de représenter le social, de projeter le futur. 
Nous essayerons ainsi de poser quelques jalons pour une généalogie dénaturalisante de la notion d'entreprise  : pourquoi le capitalisme a-t-il pris historiquement la forme d’un système où la production et la reproduction sont assurées par l’entreprise  ? Aurait-il pu se développer autrement  ? Une alternative à l’entreprise existe-t-elle  ? 
Nous essayerons de réfléchir à ces questions en invitant des chercheurs en gestion, en histoire, en sociologie. En ce sens, le séminaire voudrait être également un lieu de réflexion méthodologique sur le rapport entre philosophie et sciences sociales, dans une perspective multidisciplinaire et transnationale. 
 
Intervenants :
- Mercredi 19 mars : Luca Paltrinieri (CIPh), introduction  : L'entreprise comme objet de philosophie politique
- Mercredi 26 mars :Valentin Schaepelynck (Université Paris  8 Vincennes-Saint-Denis)  : Psychosociologie, entreprise et formation politique dans les années 1960
- Mercredi 7 mai : Yves Cohen (EHESS)  : Histoire pragmatique et autorités institutionnelles  : à partir de l'exemple de Fayol et de l'entreprise
- Mercredi 21 mai : Eric Pezet (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : Philosophie et management  : quelle articulation  ?
- Mercredi 4 juin : Thibault Le Texier (GREDEG-CNRS, Université Nice Sophia Antipolis)  : La rationalité managériale : gouvernement de l'entreprise et gouvernement de soi
- Mercredi 11 juin : Massimiliano Nicoli (EHESS)  : Le devenir entreprise du sujet : biopolitique et capital humain

/ PAPAÏS Xavier

Magie et sciences humaines.
La puissance imaginaire

Philosophie et sciences humaines | 08 février, 22 février, 08 mars, 22 mars, 12 avril, 26 avril, 10 mai, 24 mai, 07 juin
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10h-13h
École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Sam 8 fév, Sam 22 fév (séance annulée), Sam 8 mars, Sam 22 mars, Sam 12 avr, Sam 26 avr, Sam 10 mai : Salle Jean Cavailles
Sam 24 mai : Salle Conférence
Sam 7 juin : Salle Jean Cavailles
Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec l’École normale supérieure, en collaboration avec l'EHESS (Master Arts et langages) et le CNRS (Centre Jean Pépin UPR 76 du CNRS, Centre Cirphles USR 3308 CNRS-ENS).
 
Après huit ans d'approche de la fonction magique, depuis les disciplines qui la croisent (philosophie, clinique, ethnologie, linguistique), on souhaite ramasser l’enquête pour une théorie de la puissance symbolique.
Cette année, on propose un parcours de la pensée humienne, comme celle-ci a maintes fois fourni leur socle aux sciences humaines : pour l'étude des religions (de Tylor et Nietzsche à Lévi-Strauss), pour la critique sociale (de Marx à Castoriadis), pour le savoir clinique (d’Esquirol à Deleuze), pour la théorie du symbole (des romantiques à Cassirer et Wittgenstein).
Chez Hume, c'est un thème central que «  la puissance imaginaire  », en deux sens qu'il ne cesse de tresser. En premier lieu  : décrire l'imagination constituante, matrice de la «  nature humaine  », comme puissance d'invention et d'artifice. En second lieu  : mener une critique de la notion de force, décrite comme l’issue d’un geste fantastique. De là, un scepticisme redoutable pour les notions métaphysiques (substance, causalité, nécessité) ou les formations religieuses  (divinité, sacralité, fanatisme, superstition). Déconstruire les mythes de la force, c’est démonter les fictions de puissance  : en politique, dans la sphère du sacré, ou tout champ d’autorité. 
On propose d’interpréter ce double geste, et son unité dialectique. D'abord  : comment la fancy, cette puissance primitive (peut-être insaisissable), donne son premier contenu à toute notion de force ou d’influence. C'est l'objet d’analyses célèbres  : causalité, autorité, coutumes, sympathies. Ensuite  : comment ce repli de la force sur la fiction permet, précisément, une réappropriation de la puissance comme production imaginaire
Ce dégagement concentre tout le combat des Lumières. Scepticisme et luttes libertaires renvoient puissances et pouvoirs à leurs sources fantastiques  : frayer les nœuds de puissance, c'est ouvrir les conditions d'une vie et d'une pensée libres. C’est aussi insérer une sagesse littéraire, subtile et teintée d'humour, au cœur des luttes idéologiques. Dès lors, il s’agit de savoir comment, et à quels risques, imaginer le pouvoir.
 
Sites web associés : 
 

/ PAVLOPOULOS Marc

La raison pratique en controverses : pour un aristotélisme radical
Philosophie et sciences humaines | 05 mars, 26 mars, 09 avril, 07 mai, 21 mai, 11 juin
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18h30-20h30
Mer 5 mars : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 26 mars : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 9 avr : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 7 mai : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 21 mai : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 11 juin : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

 

Ce séminaire a pour objectif de construire le problème de la raison pratique dans la convergence de la philosophie d’une part, et des sciences sociales de l’autre, dans le respect de la tradition et de l’autonomie propre à chacun de ces modes de saisie du réel. 
On tentera d’abord de comprendre d’où vient, philosophiquement, l’idée que la raison pratique serait une simple instance de calcul du «  meilleur choix  ». Pour cela on reviendra sur les critiques de l’idée même d’une raison dans l’action dans les Lumières écossaises et chez David Hume, et sur la distinction séminale de Max Weber entre rationalité en valeur et rationalité en finalité. On s’arrêtera parallèlement sur l’épistémologie du calcul du choix en économie et en sociologie (V. Pareto, F. Hayek, M. Friedman). À l’encontre de cette épistémologie, on fera valoir les propriétés logiques spécifiques du raisonnement pratique, notamment la défaisabilité. Ces propriétés invitent à placer au centre de la discussion la notion capitale des circonstances de l’action, au sens de la rhétorique classique. Nous tenterons alors de montrer que le raisonnement pratique est une abduction (au sens de C. S. Pierce), donc certainement ni une déduction ni un calcul, et nous nous demanderons comment la notion de circonstances pourrait recevoir un sens en sciences sociales et devenir un outil utilisable pour elles. 
Des intervenants extérieurs exposeront des difficultés que soulève la notion de rationalité dans leur domaine de compétence en sciences humaines ou sociales  : cette année, l’anthropologie et la sociologie des sciences. La discussion confrontera ces difficultés et leurs éventuelles solutions relevées sur un terrain de sciences sociales avec les problématiques philosophiques dégagées au cours du séminaire, dans la perspective d’un dialogue constructif entre spéculation théorique et enquête empirique.
 
Intervenants : 
 - Mercredi 26 mars  : Francesco Callegaro (EHESS-LIER) : Rationalité et modernité
- Mercredi 9 avril :Vincent Bontems (CEA-LARSIM et ENS-Cirphlès) : Rationalité et sociologie des sciences

/ QUINTILI Paolo

Les religions et la raison présente. Tolérance, droits, croyances
Philosophie et sciences humaines | 18 mars, 19 mars, 24 mars, 31 mars, 23 juin, 24 juin
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18h30-20h30
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 18 mars, Mer 19 mars, Lun 24 mars : Salle Germaine Tillion
Lun 31 mars (salle JA012), Lun 23 juin, Mar 24 juin : Salle Maurice Allais
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec l'École doctorale de philosophie (École supérieure d'études philosophiques) de l'Université de Rome «  Tor Vergata  ».
 
Les rapports de la raison et de la rationalité avec les religions a connu des transformations radicales dans le cours de l’histoire. Ces transformations ont été liées aux statuts pratiques et théoriques respectifs des deux concepts –  «  raison  » et «  religion  »  – dès l’époque antique et médiévale jusqu'à l’âge moderne et contemporain. Si l’on fait l’économie des questions historiques et sociologiques – néanmoins importantes, sur le plan de la compréhension du phénomène moderne de la séparation (ou bien du divorce) de la foi et de la raison – sur le plan philosophique (ou idéologique) la parenté est profonde et demande à être analysée. L’idée de Dieu, dans les différentes formes qu’elle a pris dans le cours de l’histoire – du rationabile obsequium à l’essence divine de saint Paul et saint Augustin, au Dieu-substance de Spinoza – a pénétré longtemps et continue de pénétrer les structures mêmes de la réflexion philosophique sur le plan précisément rationnel. On pourrait dire qu’elle est, d’un point de vue méthodologique, une idée «  incontournable  », même à l’âge moderne et contemporaine, jusqu’à Heidegger et à Wittgenstein, dans la forme de l’inconditionné. Et pourtant, notre époque a produit aussi des La Mettrie, des d’Holbach, des matérialistes contemporains, nombreux, qui ont fait une sorte d’économie pratique et pragmatique de l’idée de Dieu. Aujourd’hui notre époque toute entière semble s’en passer, plus ou moins aisément. Par conséquent, les religions qui font appel à la transcendance viennent à se trouver déplacées de la scène philosophique du monde. Leur rôle est autre, semble-t-il  : c’est un enjeu foncièrement politique et social qui régit les destins du religieux – Spinoza, encore, docet –, rôle de maîtrise et de contrôle (juste) des consciences qui met en cause les thèmes, bien actuels, de la tolérance, des droits de l’homme, de la liberté des croyances. Peut-on politiser ainsi et/ou naturaliser le fait religieux  ? Le but de notre séminaire est d’enquêter sur ce qu’a à dire la raison présente – et les religions elles-mêmes – de cet enjeux, par rapport à la philosophie contemporaine.
 
Intervenant :
‒ Mardi 18 mars : Paolo Quintili : "Introduction. L'Europe et les religions à la lumière de la raison aujourd'hui".
- Mercredi 19 mars : Evariste Sanchez-Palencia (CNRS - Académie des Sciences): "La dialectique dans les sciences et le fait religieux".
- Lundi 24 mars : Stefano Semplici (Université de Rome "Tor Vergata"): "Le temps de la philosophie, le temps de la foi".
- Lundi 31 mars : Olivier R. Bloch (Université de Paris 1 - Panthéon-Sorbonne): "La raison en galère - Les voies détournées de la rationalité aux XVIIème et XVIIIème siècles".

/ ROCKHILL Gabriel

Repenser la révolution
Philosophie, politique et société | 05 février, 12 février, 19 février, 26 février, 12 mars, 19 mars, 26 mars, 02 avril, 09 avril, 16 avril, 23 avril
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17h30-20h
Villanova University, 800 Lancaster Avenue, Villanova, PA 19085 (États-Unis) (s'adresser à l'accueil pour la salle),
Mer 5 fév, Mer 12 fév, Mer 19 fév, Mer 26 fév, Mer 12 mars, Mer 19 mars, Mer 26 mars, Mer 2 avr, Mer 9 avr, Mer 16 avr, Mer 23 avr

Séminaire organisé en collaboration avec l'Université Villanova.
 
Ce séminaire propose d’examiner les transformations récentes de notre culture politique, entendue comme le mode d’intelligibilité pratique qui définit la nature même de la politique en déterminant qui peut être un sujet politique, ce qui est visible comme action politique, et comment le cadre spatio-temporel de la politique est structuré. Après une brève introduction méthodologique et historiographique, nous étudierons l’émergence historique du concept moderne de révolution et la reconfiguration des horizons temporels du politique en raison de l’ouverture de l’avenir comme un champ de possibilité inconnu. C’est à cette lumière que nous examinerons des écrits historiques sur diverses révolutions ainsi que des tentatives théoriques de penser la spécificité de la transformation sociale révolutionnaire. Nous nous demanderons ensuite s’il y a eu un changement dans la nature même de la pratique politique à cause d’un déplacement entre une ère de politique révolutionnaire (d’à peu près 1789 à 1968) et un âge prétendument post-révolutionnaire (de 1968 à aujourd’hui). Plus précisément, nous soulèverons les questions suivantes  : la croyance en un avenir sans précédent est-elle révolue  ? Un tel avenir est-il, en effet, un avenir passé  ? Notre âge est-il résolument «  présentiste  » dans la mesure où le moment présent en est venu à englober l’avenir aussi bien que le passé  ? Si oui, que faire de l’activité révolutionnaire récente, de l’Amérique latine à toute la région méditerranéenne et ailleurs  ? Quel est le statut de l’action révolutionnaire dans le moment actuel, et nécessite-t-il une reconfiguration de la catégorie même de révolution  ?
 

/ SALANSKIS Emmanuel

Nietzsche et la naissance de l'épistémologie évolutionniste
Philosophie, sciences et techniques | 10 février, 07 mars, 07 avril, 06 juin
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18h30-20h30
Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Lun 10 fév, Ven 7 mars, Lun 7 avr, Ven 6 juin

Au sens littéral, l'épistémologie évolutionniste peut être définie comme un programme de recherche philosophique qui vise à réinterpréter les conditions a priori de la connaissance comme des structures innées issues de l'évolution biologique. Konrad Lorenz est souvent présenté comme le fondateur de cette problématique, avec son article de 1941 intitulé « Kants Lehre vom Apriorischen im Lichte gegenwärtiger Biologie  ». Cette paternité a cependant été contestée par des historiens des sciences qui ont mis en évidence un moment philosophique oublié  : dans le sillage de la publication de L'Origine des espèces (1859), des lecteurs de Darwin cherchent à tirer les conséquences épistémologiques de sa théorie dans le cadre de ce qu'ils appellent parfois une « biologische Erkenntnistheorie  ». Ce courant de réflexion ne semble pas avoir été isolé et il est probable que Lorenz en ait eu connaissance en 1941.
Or parmi les auteurs qui ont ainsi contribué à la naissance de l'épistémologie évolutionniste figurent plusieurs sources de Nietzsche. On peut citer en particulier Friedrich Albert Lange, dans son Histoire du matérialisme (1866) et ses Études logiques (1877), et Eduard von Hartmann dans L'inconscient du point de vue de la physiologie et de la théorie de la descendance (1872). Nietzsche lui-même pourrait bien avoir souscrit à ce point de vue au §4 de Par-delà bien et mal, en présentant la connaissance comme un organe au service d'une espèce biologique. L'objectif de ce séminaire sera donc de situer la théorie de la connaissance nietzschéenne dans le contexte de l'émergence d'une épistémologie évolutionniste  : nous interrogerons notamment les influences qui se sont exercées sur Nietzsche à cet égard, ainsi que les spécificités de sa conception au XIXe siècle et dans une perspective plus contemporaine.
 
Intervenant :
 - Vendredi 6 juin : Tom Bailey (professeur assistant à la John Cabot University de Rome, Italie)  : Evolutionary or transcendental  ? The will to power and its (neo-)Kantian origins

/ THOMPSON Ashley

Portraits du non-soi bouddhique
Philosophie, arts et littérature | 07 février, 14 février, 21 février, 28 février, 14 mars, 21 mars, 28 mars, 02 mai, 09 mai
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10h-13h
Salle SR07, Université de Leeds,  Emmanuel Centre, Woodhouse Lane, Leeds LS2 9JT (Royaume-Uni)
Ven 7 fév, Ven 14 fév, Ven 21 fév, Ven 28 fév, Ven 14 mars, Ven 21 mars, Ven 28 mars, Ven 2 mai, Ven 9 mai
 
Séminaire organisé en collaboration avec l'Université de Leeds.
 
(le séminaire se tiendra en anglais)
 
Ce séminaire poursuit une exploration du statut du «  sujet  » dans le contexte bouddhique, en s’orientant plus particulièrement vers une interrogation du portrait dans l’art theravadin. À partir de la lecture des travaux de Steven Collins (surtout Selfless Persons et Nirvana and other Buddhist Felicities) nous nous tournerons de nouveau vers le Mahaparinibbanasutta en relevant les interrogations pressantes que portent le texte sur le statut du (non-)sujet modèle à la veille de sa mort. Ces considérations textuelles serviront de base pour examiner une série d’œuvres d’art commémorant la vie comme la mort du Buddha.

/ VERRECCHIA Bruno

Une brève histoire du sujet.
Le cogito dans tous ses états : interprétations et subversions

Philosophie et sciences humaines | 05 mars, 09 avril, 14 mai, 04 juin
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18h30-20h30
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 5 mars, Mer 9 avr, Mer 14 mai : Salle Germaine Tillion
Mer 4 juin : Salle Maurice Allais
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Dans le prolongement du débat avec Descartes, qui constitue un thème tout à fait majeur des Zollikoner Seminare de Heidegger, nous souhaitons esquisser dans ce second mouvement de notre séminaire, une «  brève histoire  » du cogito  et de la subjectivité, de Descartes à Heidegger, en passant par Kant, Husserl et Nietzsche.
Nous montrerons dans un premier temps comment l’avènement du cogito constitue un double évènement  : 
- Évènement pour Descartes tout d’abord, dans la mesure où il constitue un moment crucial dans le déroulement des thèmes métaphysiques  : le doute, le cogito et dieu, pour l’énoncer très schématiquement. Que le cogito soit ultérieurement validé par la véracité divine ne change rien de sa densité propre au moment où il surgit.
- Évènement dans l’histoire de la pensée en ce qu’il fonde très précisément la métaphysique moderne. Témoignant de la mutation de la vérité en certitude et ouvrant solidairement le règne de la subjectivité, il détermine la méthode moderne des sciences de la nature.
Pour le dire brièvement, si avec Kant le cogito cartésien critiqué n’évacue pas pour autant le Sujet de la connaissance, avec Husserl le cogito ré-invoqué s’accomplit en quelque sorte dans une conscience intentionnelle et avec Nietzsche le cogito démantelé sur fond de volonté de puissance est transmué en ego volo. Mais pour Heidegger, la subjectivité telle que la métaphysique l’a «  manipulée  » jusqu’à Nietzsche devient proprement hors sujet.
Entre Descartes et Heidegger il y a l’espace que séparent deux intentions, deux questions, deux urgences  différentes  : si pour Descartes l’urgence est à la certitude, pour Heidegger l’urgence est à la nécessaire répétition de la question du sens de l’Être.
Le Cogito marque ainsi un moment décisif  : qu’il soit réfuté, interprété ou subverti, invoqué, révoqué ou dépassé, il reste incontournable, mais pas au sens où Heidegger a pu dire du Dasein – Dasein qui n’est précisément pas un autre nom du sujet  – qu’il était l’Incontournable de la psychiatrie.
 
Ce séminaire souhaite tout particulièrement s’ouvrir à un large public et notre intention pédagogique vise à permettre aux auditeurs qui ne sont pas nécessairement de formation philosophique –  scientifiques, soignants du champ médical et notamment psychiatrique, psychothérapeutes d’obédiences diverses, enseignants…  – d’approcher de façon didactique et questionnante quelques étapes essentielles d’une brève histoire de la subjectivité.



/ Historique du semestre

/ ALFANDARY Isabelle

Psychanalyse et déconstruction (II)
Philosophie et sciences humaines | 02 octobre, 16 octobre, 13 novembre, 27 novembre, 04 décembre, 18 décembre, 08 janvier, 22 janvier
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18h30-20h30
Mer 2 oct, Mer 16 oct, Mer 13 nov, Mer 27 nov, Mer 4 déc, Mer 18 déc : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 8 jan : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 22 jan : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Malgré l’existence de problématiques qu’elles ont en partage (autour notamment du concept de vérité et de la catégorie du sujet sur laquelle sera centré le second volet de ce séminaire), l’existence de débats qui les ont historiquement opposées, psychanalyse et déconstruction sont rarement articulées l’une à l’autre  ; la question de leurs relations, complexes, obliques et tendues, mérite d’être posée. 
La singularité irréductible des pratiques, de l’exercice clinique d’une part, du commentaire philosophique de l’autre, n’exclut pas une communauté partielle, tangentielle de questions, d’interventions et d’interprétations. Des différences, des réticences, des résistances qu’elles revendiquent les opposent autour de la question du sujet, oppositions qu’il faudrait pouvoir formuler de part et d’autre, pour chacune en son nom propre.
Il s’agira de susciter les conditions d’une conversation renouvelée, de ranimer, de rappeler les termes, même âpres et houleux, de la conversation qu’elles n’ont pas cessé d’entretenir à mots couverts depuis plusieurs décennies. «  L’explication théorique  » entre psychanalyse et déconstruction que Jacques Derrida appelait de ses vœux n’a pas fini d’avoir lieu et vaut d’être prolongée. Cette explication, qui met aux prises deux œuvres, celle de Jacques Lacan et de Jacques Derrida, passe par un, voire deux, tiers, avec lesquels chacune entretient une relation éminemment singulière qui détermine sa relation à l’autre  : l’œuvre freudienne dont Jacques Derrida et Jacques Lacan, différemment, mais également, héritent aussi bien que l’œuvre heideggerienne. 
La problématique de la lettre, centrale à l’enseignement et à la pratique de Jacques Lacan, s’avère un enjeu crucial dans son dialogue avec l’œuvre derridienne. C’est à la notion d’«  écriture psychique  », selon l’expression de Jacques Derrida, que le second volet du séminaire s’intéressera en tentant d’en déplier tous les aspects entre psychanalyse et déconstruction.
 
Intervenant :
- Mercredi 27 novembre : Samuel Weber (Northwestern University)
 

/ COPIN Julien

Tres faciunt collegium.
Introduction à la logique collective.

Philosophie et sciences humaines | 04 octobre, 18 octobre, 08 novembre, 22 novembre, 06 décembre, 20 décembre
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18h30-20h30
Ven 4 oct : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Ven 18 oct : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 8 nov : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Ven 22 nov : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 6 déc, Ven 20 déc : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Il arrive qu’à certaines questions la réponse de l’idiot ne soit pas entendue. On se targue d’être profond en demandant « Qui suis-je  ?  », et l’on congédie avec mépris le naïf qui répond  : «  Je suis un homme  ». Cette assertion, pourtant, est loin d’aller de soi. La réduire à un simple jugement prédicatif par lequel on fait tomber un individu sous un concept revient à négliger le procès original que son énonciation implique. Car elle relève d’une logique collective par laquelle un sujet s’identifie à un groupe. C’est cette logique qu’il s’agit d’élucider, à partir d’un article de Jacques Lacan  : Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée. 
Trois thèses seront discutées  : 
1. L’identification d’un sujet à un groupe requiert son appartenance à un collectif d’au moins trois individus.
2. Un sujet s’imagine tomber sous l’extension d’une classe, dans la mesure précise où il ignore cette identification.
3. La méconnaissance du procès logique par lequel un homme se croit un homme explique la persistance au sein de la civilisation scientifique, et malgré l’idéal qu’elle proclame, du racisme et de l’ethnocentrisme.
Au cours de cette enquête seront aussi abordées la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, telle que Kojève la restitue, l’analyse freudienne des foules, et la théorie, chez Sartre, des ensembles pratiques.

/ COPIN Julien

Tres faciunt collegium.
Introduction à la logique collective

Philosophie et sciences humaines | 07 mars, 21 mars
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18h30-20h30
Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Ven 7 mars : Salle Maurice Allais
Ven 21 mars : Salle Germaine Tillion
Pour ce séminaire, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Il arrive qu’à certaines questions la réponse de l’idiot ne soit pas entendue. On se targue d’être profond en demandant « Qui suis-je  ?  », et l’on congédie avec mépris le naïf qui répond  : «  Je suis un homme  ». Cette assertion, pourtant, est loin d’aller de soi. La réduire à un simple jugement prédicatif par lequel on fait tomber un individu sous un concept revient à négliger le procès original que son énonciation implique. Car elle relève d’une logique collective par laquelle un sujet s’identifie à un groupe. C’est cette logique qu’il s’agit d’élucider, à partir d’un article de Jacques Lacan  : Le temps logique et l’assertion de certitude anticipée. 
Trois thèses seront discutées : 
1. L’identification d’un sujet à un groupe requiert son appartenance à un collectif d’au moins trois individus.
2. Un sujet s’imagine tomber sous l’extension d’une classe, dans la mesure précise où il ignore cette identification.
3. La méconnaissance du procès logique par lequel un homme se croit un homme explique la persistance au sein de la civilisation scientifique, et malgré l’idéal qu’elle proclame, du racisme et de l’ethnocentrisme. 
Au cours de cette enquête seront aussi abordées la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave, telle que Kojève la restitue, l’analyse freudienne des foules, et la théorie, chez Sartre, des ensembles pratiques. 

/ DUBOIS David

Des pensées sans penseur ? (IV)
Le corps, objet ou sujet ?

Philosophie et philosophies | 07 octobre, 10 octobre
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18h30-20h30
Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Lun 7 oct, Jeu 10 oct 
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
 
Nous avons vu que la Reconnaissance (pratyabhijña) propose un non-dualisme qui intègre l'action et le désir. La conscience est un acte substantiel, non une entité purement transcendante. Mais quelle est la place du corps dans ce dispositif  ? 
Toutes les autres doctrines qui mettent en valeur la conscience au sein d'une sorte d'idéalisme, dévalorisent le corps. Ceci se vérifie aussi bien en Inde que dans les traditions occidentales. Qu'en est-il dans la Reconnaissance  ?
Nous verrons que les thèses des philosophes Abhinavagupta et Utpaladeva (vers l'An mille, Cachemire), sont, ici encore, hautement originales. De fait, on ne trouve pas chez eux de rejet du corps au nom d'un idéal posé comme transcendant. Au contraire, le corps est célébré comme moyen (upaya) d'accès à la conscience, à l'émotion esthétique et à une forme d'immortalité. En plus de cette éthique du salut par le corps, on trouve une thèse explicitement paradoxale  : le corps est la conscience, la conscience est corps. Que signifie cette énigme  ? Comment le corps peut-il être à la fois objet pour la conscience et conscience ? Réfléchir sur un choix de textes concernés par ce problème nous permettra de mieux comprendre le statut de l'objet et la thèse selon laquelle la conscience ne peut être objectivée, idée centrale dans la Reconnaissance, mais prise en un sens subtilement différent des autres philosophies de l'Inde.
Enfin, ce sera le moment de commencer à examiner les manières dont la pensée de la Reconnaissance entend incarner ses conclusions dans les domaines de l'éthique, de l'esthétique et du politique. Autrement dit, nous serons amenés à nous pencher sur les liens de cette pensée avec le courant culturel qui s'en inspire sans s'y réduire : le tantrisme.
 

/ GUICHARD Éric

Atelier Internet Lyonnais (AIL)
Philosophie, sciences et techniques | 00
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17h-19h
ENSSIB, 17-21 boulevard du 11 Novembre 1918, 69623 Villeurbanne Cedex.
Les séances se tiendront un mercredi sur deux à partir de décembre.
date à préciser
(Ce séminaire se poursuivra à Paris au second semestre)
Séminaire organisé en collaboration avec l'École normale supérieure (Ens-Ulm), l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (Enssib, Lyon), l'ARC 5 (région Rhône-Alpes).
 
L'Atelier Internet s'appuie sur une théorie forte  : l'écriture est une technique essentielle à l'activité intellectuelle et l'internet en est la version contemporaine  : une écriture informatique et en réseau. L'écriture est aussi une technique souvent contraignante, dans la mesure où son efficacité ne peut se déployer qu'une fois stabilisée une culture de l'écrit  : un ensemble de pratiques collectives, de méthodes, inventées, héritées ou adaptées, qui garantissent l'interprétation. La culture numérique n'est alors que le pendant contemporain de la culture de l'écrit.
En cela, le séminaire s'attache dans ses versions lyonnaise comme parisienne à relier les pratiques savantes du passé et du présent, en insistant sur leur rapport à l'écriture. Il participe d'une déconstruction des discours attachés à l'internet (l'utilisateur, la communauté, les usages, les promesses du futur, le numérique, etc.) tout en conjuguant études fines de pratiques en étroits collectifs, métrologie et géographie de l'internet, suivi (ou création) d'outils intellectuels inédits, analyses épistémologiques et philosophiques.
L'étude attentive des savoirs et savoir-faire liés aux écritures du passé et d'aujourd'hui, qui renvoie aux relations entre littératie, méthodes, culture et technique, permettra aussi aux participants de l'Atelier Internet de réfléchir aux possibilités de construction de la culture numérique via les institutions éducatives (école, lycée, Université). Ce qui permettra au CIRTEP du CIPh d'approfondir les questions d'éducation au sens large en relation avec l'outillage mental contemporain et avec la variété de ses producteurs, relayeurs, et plus largement médiateurs.
Dans ses déclinaisons lyonnaise comme parisienne, le séminaire conjugue empirie, retours d'expérience et théorie, dans un esprit de dialogue qui en fait un véritable atelier.
 
Plus d'informations aux adresses suivantes :
Eric point Guichard arobase ens point fr
 
Elles sont aussi transmises régulièrement aux personnes qui font le choix de s'abonner aux listes de discussion  :
et  
 
Une variante exceptionnelle du séminaire parisien (qui aura lieu à l'Ens-Ulm un vendredi après-midi sur deux à partir de février 2014) aura lieu les 14 et 15 novembre 2013, à l'Ens-Ulm, sous forme d'un colloque dédié à l'écriture. Plus d'informations aux adresses ci-dessus.

/ JEDRZEJEWSKI Franck

Théorie des catégories et ontologie plate (I)
Philosophie, sciences et techniques | 06 mars, 13 mars, 20 mars, 27 mars, 03 avril, 10 avril
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18h30-20h30
Jeu 6 mars : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Jeu 13 mars : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Jeu 20 mars, Jeu 27 mars, Jeu 3 avr, Jeu 10 avr : Centre Parisien d'Études Critiques (CPEC), 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.


Séminaire organisé avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.

En ouverture à la direction de programme que je propose sur la théorie des catégories et l’ontologie plate, ce séminaire sera consacré à la fois aux aspects introductifs et historiques de la théorie des catégories et, en parallèle, commencera l’étude des entités premières mises en jeu par les mathématiques et la métaphysique, et des distinctions, souvent disparates, de la chose et de l’objet. Le séminaire se veut un lieu de dialogue entre mathématiciens, physiciens impliqués dans les catégories et philosophes. 
Inventée il y a plus de 60 ans par Eilenberg et Mac Lane, la théorie des catégories s’est imposée comme un outil fondamental pour différentes branches des mathématiques comme la topologie de petites dimensions (théorie des nœuds et des entrelacs) ou les probabilités non-commutatives. Elle est aussi liée au développement de la logique. Parce que des philosophes comme Alain Badiou lui assigne un sens ontologique, et parce qu’elle s’introduit dans des questions primordiales au fondement même de la physique, la théorie des catégories apporte un regard neuf sur notre compréhension du monde et de l’Être.
Une catégorie au sens des mathématiciens est une collection de choses (le mathématicien dit une collection d'objets qui n'est pas nécessairement un ensemble) et de flèches (de morphismes) entre ces choses qui vérifient certaines propriétés élémentaires. Les flèches elles-mêmes peuvent être considérées comme des objets, si bien que la notion de catégorie se réduit à une collection de choses qui a perdu tout relief, une collection de choses toutes ontologiquement égales. On entrevoit dès lors le rapport des catégories à une «  ontologie plate  » où les choses sont prises du point de vue ontologique sans distinction, ni qualités, ainsi que le rapport à ce qui est parfois appelé le «  réalisme spéculatif  ».
Cette orientation philosophique hérite de la tradition phénoménologique de Brentano, Meinong, Husserl ou Heidegger et préconise un retour à la chose. Certes tous les philosophes du réalisme spéculatif n’ont pas la même appréhension de la chose et de l’objet. C’est précisément ces différences que nous invitons à explorer.

Intervenants :
- Jeudi 6 mars : Tristan Garcia (ENS) : N'importe quoi est quelque chose
- Jeudi 13 mars : René Guitart (Université Paris 7) : Ontologie plate et courbure de la raison du point de vue de la modélisation catégoricienne
- Jeudi 20 mars : Philippe Roy (Université Paris 8) : Les paliers de l'être
- Jeudi 27 mars : Marc Lachièze-Rey (Université Paris 7) : Catégories pour la physique : une introduction
- Jeudi 3 avril : Sylvain Cabanacq (Université Paris 7) : De Gödel à Deligne  : l'articulation syntaxe/sémantique et les topos de Grothendieck
- Jeudi 10 avril
: Anne Sauvagnargues (Université Paris 10) : Deleuze, le problème des catégories. Formalisme et métaphysique 


/ LUSTE BOULBINA Seloua

La créolisation est-elle une décolonisation ?
Philosophie, politique et société | 21 novembre, 05 décembre, 16 janvier, 30 janvier
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18h30-20h30
Centre Parisien d'Études Critiques, 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Jeu 21 nov, Jeu 5 déc, Jeu 16 jan, Jeu 30 jan : 
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Ce séminaire organisé en collaboration avec le CSPRP (Université Paris Diderot), l’Institut du Tout-Monde, et avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
 
Le séminaire explorera cette interrogation  pendant deux semestres.
«  J’appelle créolisation la rencontre, l’interférence, le choc, les harmonies et les dysharmonies entre les cultures.  ». Par ces mots, Edouard Glissant fait de la «  créolisation  » une décontinentalisation, qu’il nomme archipélisation, et qu’il corrèle à ce qu’il appelle «  tout-monde  ». Le monde entier, pour lui, se créolise et s’archipélise.
La proposition est si séduisante qu’elle en est presque devenue parole d’évangile. Ainsi, Hans Ulrich Obrist,  un intellectuel nomade de l’art contemporain, suit un rite singulier  : il lit tous les matins, depuis quinze ans et pendant quinze minutes, des textes d’Edouard Glissant. Peut-être l’art contemporain est-il, par son imprévisibilité, la scène de la créolisation par excellence tant il s’affranchit de l’identité. Sur le plan linguistique et littéraire, la créolisation est un (ré)assemblage d’éléments hétérogènes formant langue. «  Écrire la parole donnée  »  : Patrick Chamoiseau, par exemple, qui a commencé par publier en créole, appartient à la révolution esthétique de la créolité, conçue comme un «  agrégat interactionnel ou transactionnel  ». La littérature, fût-elle en pays dominé, s’émancipe ainsi de l’emprise impériale et de la colonisation de l’imaginaire.
On peut soutenir, en pensant par exemple au tournant de la négritude, que la décolonisation commence, pratiquement, avec (ou dans) la culture (poésie notamment) et, théoriquement, avec les noms («  J’appelle créolisation  », «  J’appelle Tout-Monde  »).
Si l’art et la littérature apparaissent comme les champs par excellence de créolisation et d’imprédictibilité, cela signifie-t-il qu’ils se décolonisent et s’émancipent de toute colonialité  ? Il faudrait, pour le savoir, clarifier la consistance même de l’idée de créolisation. Elle ne procède pas du métissage  ; comment la concevoir, surtout sous l’angle de la décolonisation  ?
 
Intervenants :
- Jeudi 21 novembre  : Introduction par Seloua Luste Boulbina (CIPh)
- Jeudi 5 décembre : Edelyn Dorismond (chercheur associé au LLCP, Université Paris  8 Vincennes) : Créolisation, décolonisation : la promesse avortée de l'indépendantisme en terre antillaise
- Jeudi 16 janvier : Romuald Fonkoua (professeur de littérature, Université Paris  1 Sorbonne)  : La créolisation comme nouvelle pensée du monde
- Jeudi 30 janvier : Alexis Nuselovici (Nouss) (FLSW Chair of Modern Cultural Studies, Cardiff University)  : Critique du métissage
 

/ LUSTE BOULBINA Seloua

La créolisation est-elle une décolonisation ?
Philosophie, politique et société | 06 mars, 13 mars
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18h30-20h30
Centre Parisien d'Études Critiques (CPEC), 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Jeu 6 mars, Jeu 13 mars 

Ce séminaire organisé en collaboration avec le LCSP (Université Paris Diderot-Paris 7), et avec le soutien du Centre Parisien d'Études Critiques.
 
Le séminaire explore cette interrogation pendant deux semestres.
«  J’appelle créolisation la rencontre, l’interférence, le choc, les harmonies et les dysharmonies entre les cultures.  » Par ces mots, Édouard Glissant fait de la «  créolisation  » une décontinentalisation, qu’il nomme archipélisation, et qu’il corrèle à ce qu’il appelle «  tout-monde  ». Le monde entier, pour lui, se créolise et s’archipélise.
La proposition est si séduisante qu’elle en est presque devenue parole d’évangile. Ainsi, Hans Ulrich Obrist,  un intellectuel nomade de l’art contemporain, suit un rite singulier  : il lit tous les matins, depuis quinze ans et pendant quinze minutes, des textes d’Édouard Glissant. Peut-être l’art contemporain est-il, par son imprévisibilité, la scène de la créolisation par excellence tant il s’affranchit de l’identité. Sur le plan linguistique et littéraire, la créolisation est un (ré)assemblage d’éléments hétérogènes formant langue. «  Écrire la parole donnée  »  : Patrick Chamoiseau, par exemple, qui a commencé par publier en créole, appartient à la révolution esthétique de la créolité, conçue comme un «  agrégat interactionnel ou transactionnel  ». La littérature, fût-elle en pays dominé, s’émancipe ainsi de l’emprise impériale et de la colonisation de l’imaginaire.
On peut soutenir, en pensant par exemple au tournant de la négritude, que la décolonisation commence, pratiquement, avec (ou dans) la culture (poésie notamment) et, théoriquement, avec les noms («  J’appelle créolisation  », «  J’appelle Tout-Monde  »).
Si l’art et la littérature apparaissent comme les champs par excellence de créolisation et d’imprédictibilité, cela signifie-t-il qu’ils se décolonisent et s’émancipent de toute colonialité  ? Il faudrait, pour le savoir, clarifier la consistance même de l’idée de créolisation. Elle ne procède pas du métissage  ; comment la concevoir, surtout sous l’angle de la décolonisation  ?
 
Intervenants :
- Jeudi 6 mars : François Noudelmann (professeur de littérature, Université Paris 8)  : La Traite, la Shoah et la décolonisation des imaginaires
- Jeudi 13 mars  : Christine Chivallon (directrice de recherche/CNRS-LAM)  : Créolisation  : concept, idéologie, utopie  ?

/ NIGRO Roberto

Coup d'état et révolution dans les arts de gouverner modernes
Philosophie, politique et société | 06 janvier, 07 janvier
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18h30-20h30
Lun 6 jan : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 7 jan : Salle G006, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Séminaire organisé en collaboration avec l'Université des Arts de Zürich (ZHdK).

Ce séminaire se situe dans le prolongement du précédent. Avec les révolutions de la fin du XVIIIe et du XIXe siècle, le coup d’État acquiert une signification nouvelle  : il devient une action politique subversive, initiée à l’extérieur du lieu d’autorité légitime. Ainsi redéfini, un coup d’État change la personne des gouvernants sans nécessairement modifier l’identité politique de l’État. La pensée moderne rend le coup d’État classique obsolète tout en le couvrant d’une étiquette d’illégitimité. Faut-il cependant croire que celui-ci ait complètement disparu de l’horizon de pensée et de la pratique politique moderne  ? Ne pourrions-nous pas voir en lui un pouvoir constituant agissant de l’intérieur même de la pratique gouvernementale pour la tirer au-delà de ses propres limites  ? Si tel est le cas, y aurait-il lieu de repenser le concept et la pratique moderne de révolution à la lumière d’une généalogie du concept politique de coup d’État  ? Peut-on interpréter le fonctionnement normal et régulier du pouvoir comme résidant dans l’exception  ? Quel rôle joue la décision (notion-clé dans la pratique du coup d’État) dans les mécanismes de transformation politique  ? 


/ NISHIYAMA Yuji

L'Université comme architecture (ir)rationnelle de la philosophie
Philosophie et Éducation | 24 mars, 27 mars
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18h30-20h30
Centre Parisien d'Études Critiques (CPEC), 37 bis rue du Sentier, 75002 Paris
Lun 24 mars, Jeu 27 mars
Séminaire organisé avec le soutien de l'Université métropolitaine de Tokyo et du Centre Parisien d'Études Critiques.
 
L'objectif de ce séminaire est d’analyser les configurations conflictuelles entre différentes disciplines, entre les différents éléments qui constituent l’université, en partant d’un commentaire du conflit des facultés de Kant et de Sur l'organisation interne et externe des établissements d'enseignement à Berlin de Humboldt, notamment en référence aux interprétations de Jacques Derrida dans Du droit à la philosophie et L’université sans condition.
Cette année, avec deux intervenants, on mènera une réflexion sur l’idée et la pratique de la pédagogie proposées et élaborées par les philosophes tels que Deleuze et Derrida. L’enquête ne portera pas seulement sur les modalités de l’éducation et de la recherche à l’université, mais aussi, sur la question même de la pédagogie, envisagée dans le contexte plus vaste de la philosophie de l’éducation, laquelle constitue précisément, depuis Platon, l’un des axes essentiels de la philosophie occidentale.
À l’ère moderne, et ce, au moins depuis Kant, la plupart des philosophes sont des professeurs d’université. Les philosophes élaborent leurs idées par le biais de l’enseignement et de la direction des travaux des étudiants. Le cadre de l’enseignement n’est nullement par rapport à l’élaboration de la pensée, il est bien plutôt cela même qui constitue le style de la pensée, et qui la marque en profondeur. Autrement dit, la pédagogie est la condition nécessaire de l’activité philosophique, et c’est pourquoi toute recherche académique suppose une réflexion approfondie sur la nature des relations qui s’établissent dans l’enseignement.
Il arrive que l’enseignant, en possession des vérités et des connaissances, exerce une position dominante, tandis que l’enseigné, qu’il soit motivé par la curiosité ou par l’intérêt, ne fait que le suivre. Dans ces conditions, les actes d’enseignement et d’apprentissage constituent des relations de pouvoir, lesquelles assignent des positions dissymétriques au «  maître  » et à l’«  apprenti  ». Mais on peut aussi imaginer une relation pédagogique entre des amis. Sur un pied d’égalité, les amis s’apprennent l’un à l’autre, en jouant tour à tour le rôle de l’enseignant et celui de l’apprenant. 
 
Intervenants :
- Lundi 24 mars : Jérôme Lèbre (CIPh)  : Quelle matière pour l'Université  ? Entre Derrida et Macherey
- Jeudi 27 mars : Ivan Milenkovic (rédacteur en chef du Troisième programme de Radio Belgrade, traducteur de la philosophie contemporaine française)  : L'apprentissage des signes  : Deleuze (anti-)pédagogue

/ ODELLO Laura

Impouvoir et violence : Derrida et la souveraineté
Philosophie et philosophies | 12 novembre, 19 novembre, 26 novembre, 03 décembre, 10 décembre, 17 décembre, 07 janvier, 14 janvier
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18h30-20h30
Mar 12 nov : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 19 nov : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 26 nov : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 3 déc : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 10 déc : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 17 déc : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 7 jan : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mar 14 jan : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.
Le séminaire se propose d’interroger la notion derridienne de souveraineté ou d’ipséité souveraine, à savoir ce que Derrida définit, tout au long de l’histoire de la métaphysique occidentale, comme le pouvoir qu’a tout sujet d’être soi-même.
Bien qu’il s’agisse d’une figure relativement tardive dans la pensée de Derrida, la souveraineté ainsi caractérisée aura toujours été l’objet même de la déconstruction, en tant que déconstruction du pouvoir. On précisera les attributs qui, dans le texte métaphysique, sont essentiellement liés à la souveraineté (auto-affection, immunité, logocentrisme, autonomie…) et que Derrida, depuis ses premiers textes, a sollicités et mis à l’épreuve d’une lecture critique et déconstructive, au nom d’une «  force faible  » ou d’une «  inconditionnalité  » de l’autre.
Toutefois, on s’attardera également autour de la figure énigmatique du Walten, qui traverse de façon insistante le dernier séminaire de Derrida (La Bête et le souverain) et qui semble réinvestir autrement le concept même de souveraineté. La super- ou hyper-souveraineté du Walten, dont Derrida explore le puissant lexique présent dans le texte heideggerien, semble en effet nommer quelque chose qui ne se réduit plus à l’ordre d’une souveraineté théologico-politique dont Derrida a montré qu’elle est depuis toujours en déconstruction. On tentera dès lors d’interroger la «  force  » excessive de ce Walten que Derrida définit comme souveraine au-delà de la souveraineté.

Intervenants :
- Mardi 7 janvier : Arafat Sadallah : L'entendre : la violence
- Mardi 17 décembre : patrick llored : "Qu'est-ce que la zoopolitique ? Souveraineté, animalité et déconstruction de la violence dans la philosophie de Derrida."

 


/ PAPAÏS Xavier

Magie et sciences humaines.
La puissance imaginaire

Philosophie et sciences humaines | 12 octobre, 26 octobre, 09 novembre, 23 novembre, 07 décembre, 21 décembre, 11 janvier, 25 janvier
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10h-13h
SalleCavaillès, École normale supérieure, 45 rue d'Ulm, 75005 Paris
Sam 12 oct, Sam 26 oct, Sam 9 nov, Sam 23 nov, Sam 7 déc, Sam 21 déc, Sam 11 jan, Sam 25 jan
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Séminaire organisé dans le cadre de la convention avec l’École normale supérieure, en collaboration avec l'EHESS (Master Arts et langages) et le CNRS (Centre Jean Pépin UPR 76 du CNRS, Centre Cirphles USR 3308 CNRS-ENS).
 
Après huit ans d'approche de la fonction magique, depuis les disciplines qui la croisent (philosophie, clinique, ethnologie, linguistique), on souhaite ramasser l’enquête pour une théorie de la puissance symbolique.
Cette année, on propose un parcours de la pensée humienne, comme celle-ci a maintes fois fourni leur socle aux sciences humaines : pour l'étude des religions (de Tylor et Nietzsche à Lévi-Strauss), pour la critique sociale (de Marx à Castoriadis), pour le savoir clinique (d’Esquirol à Deleuze), pour la théorie du symbole (des romantiques à Cassirer et Wittgenstein).
Chez Hume, c'est un thème central que «  la puissance imaginaire  », en deux sens qu'il ne cesse de tresser. En premier lieu  : décrire l'imagination constituante, matrice de la «  nature humaine  », comme puissance d'invention et d'artifice. En second lieu  : mener une critique de la notion de force, décrite comme l’issue d’un geste fantastique. De là, un scepticisme redoutable pour les notions métaphysiques (substance, causalité, nécessité) ou les formations religieuses  (divinité, sacralité, fanatisme, superstition). Déconstruire les mythes de la force, c’est démonter les fictions de puissance  : en politique, dans la sphère du sacré, ou tout champ d’autorité. 
On propose d’interpréter ce double geste, et son unité dialectique. D'abord  : comment la fancy, cette puissance primitive (peut-être insaisissable), donne son premier contenu à toute notion de force ou d’influence. C'est l'objet d’analyses célèbres  : causalité, autorité, coutumes, sympathies. Ensuite  : comment ce repli de la force sur la fiction permet, précisément, une réappropriation de la puissance comme production imaginaire
Ce dégagement concentre tout le combat des Lumières. Scepticisme et luttes libertaires renvoient puissances et pouvoirs à leurs sources fantastiques  : frayer les nœuds de puissance, c'est ouvrir les conditions d'une vie et d'une pensée libres. C’est aussi insérer une sagesse littéraire, subtile et teintée d'humour, au cœur des luttes idéologiques. Dès lors, il s’agit de savoir comment, et à quels risques, imaginer le pouvoir.
 
Sites web associés : 

/ SANTORO Fernando

La Poétique des Intraduisibles (I).
Cosmologies poétiques

Philosophie, arts et littérature | 04 avril, 05 avril
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Ven 4 avr : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris, 18h30-20h30
Sam 5 avr : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris, 10h-12h
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Séminaire organisé en collaboration avec le Labex TransferS - ENS.
 
Le séminaire mettra en scène le rapport entre différentes langues dans l’élaboration de la pensée philosophique et la place décisive des mots et de la différence des mots. Cette prise de conscience de la traduction et de l’intraduction ne sera pas purement théorique, elle s’exercera dans l’action même de traduire. Exemple d’intraducteurs assumés, les poètes brésiliens Augusto de Campos et Haroldo de Campos ont traduit et théorisé sur la traduction, ils arrivent à la conception de l’intraduction poétique selon la démarche déclarée d’une esthétique particulière qui conçoit un rapport avec l’étranger et la langue étrangère selon le mouvement de constitution et de transmission culturelle qui se nomme «  anthropophagique  ». L’anthropophage avale la chair de l’étranger dans un rituel festif et métabolise la diversité dans son organisme avec une expression non érudite mais néologique et naturelle. Le séminaire examinera quelques textes qui sont à l’origine de cette démarche, tels que les sermons d’Antonio Vieira  ; et aussi d’autres qui en sont au sommet, comme les Galaxies de Haroldo de Campos. Dans la sélection des intraductions, nous serons confrontés avec des textes en grec, en latin, en portugais, en français, etc. Ils communiqueront entre eux par quelques défis de poésie et de philosophie. Nous nous intéresserons particulièrement aux questions liées aux expressions cosmologiques dans un contexte poétique, et à l’inverse, aux expressions poétiques dans des contextes de philosophie cosmologique. La lune chez Parménide. Le ciel mû comme par amour chez Aristote. Le monde circulaire et infini de Vieira. Les girons de l'enfer, du purgatoire et du paradis chez Dante. Les Galaxies sémantiques de Haroldo de Campos.
 
Intervenants : Barbara Cassin (CNRS), Gérard Journée (Centre Léon Robin - ENS/Paris 4), Irène Rosier Catach (EHESS), Rossella Saetta Cottone (CNRS).
 
4 cosmologies poétiques seront présentées : G.  Journée interviendra pour celle de Parménide, R.  Saetta Cottone pour celles de Parménide et d'Empédocle, I.  Rosier Catach pour celle de Dante Alighieri, et B.  Cassin pour celle d´Antonio Vieira.

/ SARDINHA Diogo

L'anthropologie sans métaphysique
Philosophie, politique et société | 04 février, 11 février, 04 mars, 11 mars, 18 mars, 25 mars, 01 avril, 08 avril
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18h30-20h30
Mar 4 fév, Mar 11 fév, Mar 4 mars, Mar 11 mars : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mar 18 mars, Mar 25 mars : Salle Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mar 1 avr : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mar 8 avr : Salle PrM-1.02, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Séminaire organisé en collaboration avec Philosophies contemporaines (Université Paris 1) et le Centre de philosophie des sciences de l'Université de Lisbonne (Portugal).
 
La tendance immanente de l’être humain à toujours chercher sa forme sans jamais l’atteindre définitivement (et, bien plus, sans nécessairement la connaître d’avance) peut certes conduire aux pires tragédies, comme le prouve ce que certains ont imposé à d’autres au nom de l’amélioration du genre humain par les pratiques eugénistes ou tout simplement la disciplinarisation en vue de «  l’homme nouveau  ». Mais cela ne change rien au fait que l’action des êtres humains sur eux-mêmes apparaît aussi sous la forme de la prise en main de leur constitution et de leur destinée, y compris lorsque ce devenir n’obéit ni à une vocation qui le guide (une Bestimmung, dirait Kant), ni à une intention de devenir ceci plutôt que cela. C’est alors que, pour libérer l’humain de la recherche de son essence, le surhumain le remet en mouvement  : il remet en mouvement et l’humain et la pensée qui pense l’humain. Si bien que la transcendance immanente du surhumain apparaît comme double  : surhumaine, est non seulement la condition de l’humain qui s’est compris comme étant toujours en devenir, mais encore la réflexion qui se place à l’horizon de la transcendance de l’humain par lui-même. En d’autres termes, la pensée qui ne s’exerce plus qu’à partir de cette condition est, elle aussi, surhumaine.
 
Intervenants :
- Mardi 4 février : Diogo Sardinha (CIPh)
- Mardi 11 février : Diogo Sardinha
- Mardi 4 mars : Guillaume Le Blanc (Université de Bordeaux  3)  : Philosophie et contre-culture
- Mardi 11 mars : Diogo Sardinha
- Mardi 18 mars : Howard Caygill (Université de Kingston à Londres, Université Paris 8)  : L’Anthropologie de Kant revisitée
- Mardi 25 mars : Margit Ruffing (CIPh, Université de Mayence)  : L’idéal de la communauté. L’idée de l’église invisible chez Kant
- Mardi 1er avril : Peter Szendy (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)  : Kant et les extraterrestres
- Mardi 8 avril : Diogo Sardinha

/ VERRECCHIA Bruno

La question des espaces de l'altérité : hétérotopies, utopies et autismes
Philosophie et sciences humaines | 02 octobre, 09 octobre, 13 novembre, 20 novembre
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18h30-20h30
Mer 2 oct : Salle PrM-1.03, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Mer 9 oct : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 13 nov : Salle JA05 Germaine Tillion, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
Mer 20 nov : Salle JA01 Maurice Allais, Carré des Sciences, 1 rue Descartes, 75005 Paris
(Ce séminaire se poursuivra au second semestre)
Pour les séances de séminaire se déroulant au Carré des sciences, vous devez donner votre nom et présenter votre pièce d'identité ou votre passeport, à l'exclusion de tout autre document, au vacataire du Collège.

Si l’on veut bien considérer que ce qui est visé par le mot d’« autisme » fait signe vers une manière d’être-au-monde qui ne saurait ni se réduire à une forme de folie ni seulement à une forme de handicap, alors il nous faut comprendre au sein même de l’expérience commune avec l’autiste ce qui se manifeste et ce qu’elle nous enseigne. Expérience n’est pas expérimentation et expliquer n’est pas comprendre. L’herméneutique ici convoquée embarque à la fois l’interprétant et l’interprété, le questionnant et le questionné, selon une sorte de cercle où celui qui questionne se retrouve lui-même questionné et questionnant de ce questionné-là.
À la question de la science  : « qu’est-ce que l’autisme  ? », la phénoménologie renvoie un buisson de questions  : « Qui est l’autiste  ? Qui sont les autistes  ? Qui sont-ils chacun, pour nous, pour eux-mêmes et les uns pour les autres  ? Comment sont-ils  ? Qui sont-ils pour les supposés « neuro-typiques » que nous autres serions  ? Mais qu’est-ce que l'« être pour-nous »  ? Nous qui  ? Et qui sommes-nous pour eux  ? Quel espace partageons-nous et comment sommes-nous familiers ou étrangers les uns envers les autres  ? Comment sommes-nous en tant qu’il y va dans ces espaces de nos propres corps qui ne sauraient se limiter aux frontières anatomiques objectivables ni se décrire seulement à l’aune de l’imagerie, si fonctionnelle et dynamique soit-elle  ? Quelle altérité constituons-nous, ensemble  ? Une « autre altérité » est-elle pensable  ? Ne sommes-nous pas toujours et d’emblée l’autre d’un autre et à soi-même tout autre  ? Le solipsisme autistique permet-il la constitution d’autrui  ? Mais comment accueillons-nous, recueillons-nous, l’autiste en sa pleine et humaine altérité ?  ».
Dans l’esprit de notre séminaire, c’est à partir de la philosophie que nous souhaitons déployer ces questions, sans négliger la féconde et nécessaire confrontation entre approches neuroscientifiques et phénoménologie. 
Mais de façon réciproque, l’autisme questionne toute philosophie de la subjectivité en nous invitant  à faire expérience d’une autre pensée.


 



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