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/ VERMEREN Patrice

Penser contre. L'Amérique latine au miroir de la philosophie
03 février
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Lun 3 fév (19h-20h30)
Auditorium, Maison de l'Amérique latine, 217 bd St-Germain, 75007 Paris
Conférence organisée avec le soutien de la Maison de l'Amérique latine.
 
À la recherche théorique, Patrice Vermeren associe une longue expérience d’échange avec les pays d’Amérique latine. Devenu très proche de différents intellectuels de ces pays pendant les années des régimes militaires, il est sans doute le principal philosophe français à soutenir actuellement les centres de pensée et de recherche un peu partout en Amérique centrale et du sud. Connaissant personnellement ces deux époques (avant et après les dictatures), il est bien placé pour mettre en perspective la contribution de cette région du globe avec les enjeux de la philosophie à l’époque de la mondialisation.
Tout d’abord, le dialogue nord-sud, notamment avec la France, invite à repenser l’héritage européen des Lumières. Comment cet héritage a-t-il d’abord été imposé aux pays colonisés  ? Comment ces derniers se le sont-ils approprié, une fois qu’ils ont obtenu leur indépendance  ?
En retour, que nous apprennent leurs expériences contemporaines, longtemps après les mouvements d’indépendance, mais peu après leurs sorties (somme toute récentes) des dictatures militaires  ? Ces régimes ont souvent pratiqué un terrorisme d’État ou une politique systématique de torture et de mise à mort de toute sorte d’opposants. Comment les vifs débats qui y ont lieu aujourd’hui sur la biopolitique et la «  réconciliation  » sont-ils susceptibles d’être reçus en Europe  ?
Enfin, on assiste aujourd’hui à l’essor du dialogue sud-sud. Un nombre grandissant de pays d’Afrique du nord et de l’Afrique subsaharienne entrent dans les débats philosophiques. Quelles nouvelles perspectives y introduisent-ils  ? Un collège international et de philosophie se doit d’y être attentif.
 
Conférencier : professeur à l’Université Paris 8, dont il dirige actuellement le Département de philosophie, Patrice Vermeren appartient au cercle des fondateurs du Collège international de philosophie et a compté parmi ses premiers directeurs de programme. Il a été membre de la revue Les Révoltes Logiques, avec Jean Borreil, Stéphane Douailler, Geneviève Fraisse, Jacques Rancière et Patrick Vauday. C’est Miguel Abensour qui a dirigé sa thèse de doctorat sur les rapports de la philosophie à la politique dans l’œuvre de Victor Cousin. Ses travaux portent notamment sur l’éducation du peuple, l’institution de la philosophie et l’altérité.
 
Discutants CIPh  : Diogo Sardinha et Seloua Luste Boulbina.

/ GOEHR Lydia

Comment effacer un peuple du tableau. Une conférence sur la traversée de la mer Rouge vers la bohème – Pour Arthur Danto
27 mars
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Jeu 27 mars (18h30-20h30)
Bât. D, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 , 13 rue de Santeuil, 75005 Paris
Conférence organisée avec le soutien de l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3.
 
(La conférence aura lieu en anglais et sera accompagnée d'images)
 
Cette conférence, à la mémoire d’Arthur Danto, porte sur le concept de bohème tel qu’il se dégage d’une anecdote sur l’esprit et la souffrance des Juifs, des  Bohémiens et des Égyptiens. Elle juxtapose deux situations imaginaires. La première puise dans le début du livre de Danto, La Transfiguration du banal, où il reprend l’histoire kierkegaardienne «  de cet artiste qui devait peindre le passage de la mer Rouge par les Juifs et peignit à cette fin tout le mur en rouge  ; il expliqua que les Juifs étaient déjà de l'autre côté et que les Égyptiens s'étaient noyés  ». S’inspirant moins de la réponse ironique que du fait même, Danto conçoit une expérience de pensée sur des tableaux monochromes rouges modernes, qui le conduit à toute une philosophie de l’art.
La seconde situation est extraite de La Bohème, de Puccini. Les premiers mots de l’opéra, « Questo Mar Rosso  », suggèrent le contenu d’un tableau et son titre, «  Le Passage de la mer Rouge  », que Marcello tente de noyer dans du rouge. Lors de la première référence, le tableau est en train d’être peint. Mais à la fin de l’histoire, il est devenu autre chose, l’enseigne d’un cabaret de la barrière d’Enfer, avec un nouveau thème et titre, « Al porto di Marsiglia  ». Les librettistes de Puccini se sont inspirés ici des Scènes de la vie de bohème, de Henry Murger, remontant aux années 1840, dans lesquelles l’auteur raconte comment un certain tableau a subi plusieurs modifications de contenu et de titre avant de devenir une enseigne. Danto, faisant référence à différents contenus et titres, montre comment, à partir de plusieurs carrés rouges indiscernables, l’art pourrait se distinguer, en tant qu’art, de tout objet banal. 
Murger cherchait un concept de bohème artistique qui ne réduisait pas l’art à une pure affaire de commerce. Quand, beaucoup plus tard, Danto a vu un art qui ressemblait à des produits de supermarché, il s’est demandé si quelque chose restait encore pour distinguer l’art en son genre propre. En juxtaposant les deux situations, nous reviendrons à l’anecdote kierkegaardienne, afin de montrer qu’elle autorise une lecture de l’opéra de Puccini à l’encontre de son caractère sentimental, comme apport à un discours moderniste des «  opéras Moïse  » (ou qui tournent autour de la figure de Moïse), qui ont tenté de chasser le commerce du concept d’art, sans jamais y parvenir.
 
Conférencière : Lydia Goehr est professeure à l’Université de Columbia à New York et actuellement l’une des philosophes de langue anglaise les plus reconnues dans le champ de l’esthétique. En France, ses travaux ont déjà fait l’objet d’un colloque de deux jours à la Cité Universitaire de Paris, en 2009. Un de ses livres, Le Musée imaginaire des œuvres musicales  : un essai de philosophie de la musique (Oxford, 1992), est en cours de traduction ; un recueil d’articles lui sera bientôt consacré.
 
Discutants CIPh  : Diogo Sardinha et Carlos Lobo.
 

/ BRAUMAN Rony

Le prisme de l’action humanitaire.
Quelles questions philosophiques dans un monde en guerre ?

03 avril
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Cette conférence est annulée

Jeu 3 avr (18h30-20h30)
Bât. D, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 , 13 rue de Santeuil, 75005 Paris

 

Conférence organisée avec le soutien de l'Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3.
 
L’action humanitaire est un prisme qui permet de dégager des questions philosophiques dans un monde en guerre qui intéressent un large public et l’univers de la recherche en médecine, en sciences humaines et sociales. Depuis ses multiples terrains d’intervention dans le monde (États, ONG), qui se sont multipliés à partir des années 1960-1970, que peut nous apprendre un expert de l’action humanitaire sur les transformations de la politique, de la violence et de la guerre aujourd’hui, à l’ère des drones et dans une géopolitique en profonde reconfiguration  ? 
L’urgence est l’un des  modes d’intervention de l’action humanitaire. Celle-ci est soumise à l’impératif d’agir dans l'urgence et au présent  : cela la transforme en une puissance d’action qui interroge. Faut-il situer ce mode de travail dans une philosophie du no future, après l’abîme ouvert par la domination et la guerre «  totale  » du court XXe siècle (Arendt, Hobsbawm) et sa longue genèse (coloniale et impériale)  ?
Les XIXe et XXe siècles ont vu émerger, puis exploser, l’action humanitaire et le droit international humanitaire (DIH) qui est confondu parfois avec les droits de l’homme (DH). Les catégories de l’action humanitaire ont émigré dans les secteurs de la santé, du social, du travail, et remplacé les références aux droits politiques et sociaux, au risque d’apparaître comme un des éléments discutables d’une idéologie en recomposition. Soigner pour assurer la survie aurait-il remplacé le souci de la justice et de l’égalité  dans les soins  ? D'autre part, en quoi les discours de l’Action humanitaire se différencieraient-ils des discours moraux autour de l’indignation  ? Quel serait le «  noyau  dur  » de l’action humanitaire, permettant une pensée critique et même créatrice  ?
En quoi le travail professionnel sur le terrain des agents de l'Action humanitaire induit-il une démarche épistémologique qui rejoint ou bien s’éloigne d’autres démarches de réflexions philosophiques  ? En quoi peut-il intéresser la philosophie, quand celle-ci se veut démarche d’innovation dans le monde d’aujourd’hui  ? Autant de réflexions et de questions qui seront abordées par le conférencier. 
 
Conférencier : Rony Brauman est médecin, diplômé en épidémiologie et médecine tropicale. Après avoir travaillé plusieurs années comme médecin sur le terrain, il est devenu président de Médecins sans frontières (MSF) en 1982 et a occupé ce poste jusqu’en 1994. Il est actuellement directeur d’études à la Fondation MSF, professeur associé à l’Institut d’études politiques (Sciences Po) de Paris et directeur du «  Humanitarian and Conflict Response Institute  » (HCRI) à l’Université de Manchester, au Royaume-Uni. Il est chroniqueur pour le magazine trimestriel Alternatives Internationales. Avec des cinéastes, il a conçu et monté cinq films.
 
Discutants CIPh  : Marie-Claire Caloz-Tschopp et Bruno Verrecchia.

 



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