
DétailsJeu 25 oct (18h30-20h30)
Salle des Conférences, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Conférence organisée dans le cadre de la convention avec le Lycée Henri IV.
En plusieurs points-clés de son travail, Michel Foucault a caractérisé celui-ci comme une « histoire du présent » ; il a également interrogé le « présent » dans le texte qu'il a consacré au « Qu'est-ce que les Lumières ? » de Kant. Très peu de ses travaux, pourtant, traitent directement du « passé récent et du proche futur », pour reprendre une formule de Gilles Deleuze.
Mes propres recherches sur l'anthropologie du contemporain sont une tentative pour produire les instruments nécessaires à l'exploration de ce dernier ; mon intervention proposera d'en discuter divers exemples, empruntés tant à l'anthropologie qu'à la biologie.
Paul Rabinow est professeur d'anthropologie à l'Université de Californie (Berkeley), où il est co-fondateur du programme de French Cultural Studies ; spécialiste mondialement reconnu de l'œuvre de Michel Foucault, il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à la modernité et au contemporain. Il a récemment publié The Accompaniment : Assembling the Contemporary (University of Chicago Press, 2011).
Discutant :
Mathieu Potte-Bonneville, maître de Conférences à l'ENS-Lyon, président de l'assemblée collégiale du Collège international de philosophie.
DétailsJeu 31 jan (18h30-20h30)
Salle des Médailles, Lycée Henri IV, 23 rue Clovis, 75005 Paris
Conférence organisée dans le cadre de la convention avec le Lycée Henri IV.
Dans la « Sixième thèse sur Feuerbach », Marx écrivait : « Mais l’essence humaine n’est pas une abstraction logée à l’intérieur de l’individu singulier. Dans sa réalité effective, c’est l’ensemble des rapports sociaux. » Cet énoncé a donné lieu à bien des controverses, en particulier celles qui, dans les années 60, ont imbriqué le jugement sur la possibilité de l’anthropologie philosophique avec la prise de parti dans la « querelle de l’humanisme ». Plus récemment une autre possibilité a semblé s’esquisser, croisant les leçons de Marx avec celles de Spinoza : non pas tant l’ouverture d’une critique des métaphysiques de la nature humaine que celle d’une « ontologie de la relation » fondée sur l’idée de transindividualité du sujet. Or il semble qu’une nouvelle possibilité soit en train de surgir : elle confronte, au point de vue de leur généalogie et de leurs intentions, trois types de discours, qu’on pourrait appeler des anthropologies « de la nature » (innée ou acquise), de la « condition » (Pascal, mais aussi Arendt), « de la relation » (comme « relation entre » aussi bien que « relation à »). Cette possibilité surgit au croisement de plusieurs enquêtes : (1) un bilan des sources de « l’antihumanisme théorique », qui oblige à questionner son équivalence avec une critique de l’anthropologie en général ; (2) une critique de l’autonomie de « l’humain » qui n’invoque plus sa fondation théologique mais la relativité de l’opposition de l’humanité et de l’animalité ; (3) un concept de la politique pour qui les possibilités de subjectivation ne renvoient pas seulement à des antithèses de domination et d’émancipation, ou de pouvoir et de résistance, mais aux contradictions que le phénomène « quasi-transcendantal » des différences anthropologiques installe dans l’énonciation de l’universalité. La conférence tentera un diagnostic de cette conjoncture et une illustration des possibilités qu’elle ouvre pour renouveler notre usage des questions venues de Marx.
Étienne Balibar, professeur émérite (philosophie politique et morale) à l’Université de Paris Ouest Nanterre. Dernier ouvrage paru : Citoyen Sujet et autres essais d’anthropologie philosophique (Presses Universitaires de France, 2011).
Discutant :
Mathieu Potte-Bonneville, maître de Conférences à l'ENS-Lyon, président de l'assemblée collégiale du Collège international de philosophie.
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