CIPh : Journées d'étude

/ En cours ou à venir

/ L'art brut du Japon. Un ailleurs ?

Sous la responsabilité de Barbara SAFAROVA
23 juin
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Sam 8 juin cette journée est reportée au dimanche 23 juin (10h-18h) Maison des Cultures du Monde,101 Bld Raspail 75006 Paris

Journée d'éude internationale organisée en collaboration avec l'association abcd (art brut connaissance et diffusion), Paris, Borderless Art Museum NO-MA et la Halle Saint-Pierre, Paris.
 
L’exposition L’art brut japonais (Paris, Halle Saint-Pierre, 24 mars 2010-2 janvier 2011) connut un beau succès ; elle rencontra son public, comme on dit souvent. Effet d’exotisme ? Probablement pas, tant l’exotisme est souvent lié à la flatterie de la décoration, radicalement étrangère à l’art brut. 
 
Pourquoi donc cet engouement pour les productions de l’art brut et celles du Japon en particulier ? Peuvent-elles nous aider à réfléchir sur une certaine forme de « marginalité » dans la société japonaise avec ses acteurs en rupture avec la création artistique « officielle » ? Que dire aussi de la création contemporaine japonaise produite dans des ateliers pour personnes souffrant de handicap mental ? 
 
Si l’art brut a été pensé par son inventeur dans un contexte européen et dans une histoire circonscrite à l’après-guerre, il a aussi permis de donner accès à une vision transversale, à une approche de la connaissance dépassant les formatages de la pensée sur l’art et du savoir en général. Cet enseignement nous permet aujourd’hui de réfléchir à des productions inscrites dans une culture qui, pour la plupart des occidentaux que nous sommes, nous est radicalement étrangère. L’art brut nous offre la possibilité de penser « à côté » et nous enseigne le lien étroit que ces artistes, d’un genre particulier, entretiennent avec le monde. Si les œuvres d’art brut européen, du Japon ou d’ailleurs résonnent si profondément en nous, c’est bien qu’elles nous concernent au plus profond de nous-mêmes. 
Réfléchir à cet ailleurs sera le thème de cette journée.
 
Programme :
 
10h00-10h15 : Ouverture de la journée 
Martine Lusardy (directrice de la Halle Saint Pierre) et Barbara Safarova (directrice de programme au CIPh, présidente d’association abcd (art brut connaissance & diffusion)) et Rena Kano (critique d’art, historienne de l’art spécialisée dans l’art contemporain japonais)
 
10h15 – 12h30 : 
Philippe Pelletier (géographe et spécialiste du Japon à l’Université Lyon 2) : Shima, l'île en marge comme au centre du Japon
Agnès Giard (écrivaine, journaliste, spécialisée dans les questions de sexualité, en particulier au Japon) (Les histoires d’amour au Japon, 2012, L’imaginaire érotique au Japon, 2006, etc.) : La notion d'esthétique émotionnelle au Japon
Kyoichi Tsuzuki (éditeur, photographe, spécialiste de la création « insolite » au Japon) : Le Japon « insolite »
 
14h30 – 17h00 :
Anne Millerand (médecin généraliste, auteur de thèse La modernisation de la médecine japonaise d’Edo à Meiji) : Rupture ou continuité ? 
Lucienne Peiry (successeur de à Michel Thévoz à la tête de la Collection de l’art brut de Lausanne, elle en est maintenant la directrice de la recherche et des relations internationales.  Auteure de plusieurs ouvrages et articles sur des créateurs d'Art Brut) : La force des utopies - brodée, peinte, écrite, ailée
Helga Goetze, Gustav Mesmer, Eijiro Miyama, Masao Obata
Yoshiko Hata (directrice artistique du Borderless Art Museum NO-MA, animatrice de l’atelier Suzukake) : L’art brut du Japon et la création dans des ateliers
 
17h00 – 18h00 : Table ronde les intervenants 
L’art brut japonais : comment renconter les artistes et leurs œuvres ?
Mario del Curto (photographe et réalisateur), Rena Kano (critique d’art, historienne de l’art spécialisée dans l’art contemporain japonais), Martine Lusardy (directrice de la Halle Saint Pierre), Barbara Safarova (directrice de programme au CIPh, présidente d’association abcd (art brut connaissance & diffusion))



/ Historique du semestre

/ Ce que fait l'écologie à la pensée. Refigurer, Redistribuer, Re-élaborer

Sous la responsabilité d'Émilie HACHE et Elie KONGS.
13 avril
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Sam 13 avr (9h30-18h) Amphithéâtre de l'Institut de Paléontologie Humaine, 1 rue René Panhard 75013 Paris
Sam 18 mai (10h-17h) cette journée est déplacée au 25 mai
Grand Amphithéâtre du Muséum, Muséum national d'Histoire naturelle, 57 rue Cuvier, 75005 Paris
Sam 15 juin (*)
Journées d'étude organisées avec le soutien du Muséum national d'Histoire naturelle et les Éditions Dehors. 
 
Face à des processus, des phénomènes, des événements ou des objets irréductiblement « hybrides » dont l’existence se déploie dans des dimensions inséparablement naturelles, culturelles, sociales, économiques, techniques et politiques, les catégories traditionnelles, qui délimitent aussi bien les champs du savoir que les domaines de l’être, sont mises à rude épreuve. L’écologie philosophique naît justement de ce constat. 
En quoi les « crises écologiques » que nous vivons sont-elles le résultat d'une crise des formes de pensée qui, en nous maintenant dans de vieilles habitudes, s’avèrent tout à fait inappropriées pour y répondre ? 
Ces trois journées d’étude ont pour ambition de porter dans l’espace public les problèmes cruciaux que représentent aujourd’hui les questions écologiques pour la philosophie.
Ce cycle de conférences s’inscrit dans le prolongement du colloque « Écosophies, la philosophie à l’épreuve de l’écologie » co-organisé par le CIPh en 2008 et prépare un second colloque abordant ces mêmes questions. 
 
Première journée : 
Samedi 13 avril (Muséum national d'Histoire naturelle)
 
Fictions/figurations
Avec : Christian Chelebourg, Peter Szendy. Projection du film d'Armin Linke, Alpi, en présence du réalisateur.
 
Est-ce que la métaphore de l’Île de Pâques est pertinente pour nous aider à comprendre les enjeux de la crise écologique actuelle ? Que nous apprend la réitération des discours apocalyptiques ? La littérature de science- fiction n’a-t-elle que des dystopies à nous proposer ? C’est à la fiction que nous consacrerons cette première journée, en questionnant comment ce mode de création et de réflexion propose en propre des ouvertures pour la réflexion écologique. La question d’un possible changement d’imaginaire politique appelé par la crise écologique est ici cruciale.
 
9h30 accueil
10h : Présentation Emilie Hache
10h30 : Alain Musset : " Le vaisseau-terre est mal parti : écologie, fin du monde et science-fiction "
11h30 : Peter Szendy : " L'effiction filmique de la fin "
 
14h : Christian Chelebourg : " Climatologie et pensée écofictionnelle "
15h : Yannick  Rumpala : " Science fiction et spéculations écologiques : pas d'alternative au pessimisme ? "
16h : Frédérique Ait-Touati : " Voir l'invisible : fictions, figures, récits "
17h : Armin Linke (sous réserve) projection du film " Alpi "
18h : discussion autour du film 
 
Deuxième journée :
Samedi 25 mai (Muséum national d'Histoire naturelle)
 
Écologie et inégalités sociales
Avec : Paul Ariès, Patrick Degeorges, Fabrice Flipo, Michael Lowy ainsi que des intervenants du milieu associatif.  
 
Cette journée sera consacrée au questionnement des liens entre écologie politique et inégalités sociales. Des analyses critiques telles que celles qui mettent à jour les liens entre le saccage de la nature et les dominations politiques et économiques supposent des corrélations entre crise écologique et crise politique. Qu’est-ce qu’une écologie qui délaisserait ces questions ? Comment réussir à l’inverse à les articuler de telle sorte que l’une ne devienne pas prioritaire sur l’autre ? Cette journée sera l’occasion de présenter et de mettre en débat différentes approches significatives sur cette question.   
 
Troisième journée :
Samedi 15 juin (*)
 
Écologie : des entités non conventionnelles
Avec : Vinciane Despret, Isabelle Stengers, Tobie Nathan, Brian Massumi. Programme des projections de films à venir.  
 
L’écologie est comprise comme l’étude des relations entre des êtres hétérogènes. Les entités qui composent ces relations sont régulièrement ramenées aux catégories classiques que sont les animaux et les végétaux, rien ne saurait limiter pourtant « le paradigme écologique » à ces seules catégories d’être. Sans remettre en cause l’importance (et l’urgence) des réflexions qui concernent la sphère des êtres vivants – à laquelle nous nous attacherons dans un premier temps de cette journée –, nous souhaiterions montrer que la compréhension du monde que suppose l’approche philosophique de l’écologie conduit à une réévaluation des catégories fondamentales selon lesquelles nous pensons et percevons le même et l’autre, le possible et l’impossible, le juste et l’injuste, le vivant et le mort… 
En ouvrant le questionnement écologique à des objets qui ne lui sont pas ordinairement attribués, cette journée contribuera ainsi à montrer que la philosophie de l’écologie n’est pas une philosophie appliquée à un objet (que serait la nature), mais une orientation dans la pensée qui suppose la redéfinition même de cette dernière.
 
 
(*) Une brochure spécifique à la quinzaine philosophique
(du 1er au 16 juin 2013) 
INTERSECTIONS
sera disponible courant avril dans les 30 lieux partenaires.
Pour plus de renseignements, consulter le site du Collège www.30ansciph.org

/ Le peuple du droit. Le pluralisme normatif, du moment colonial au moment minoritaire

Sous la responsabilité de Julie SAADA et Frédéric VIGUIER.
24 avril
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Mer 24 avr 
New York University, 19 University Place 305, New York 10003 (USA) 
Cette journée d'étude est annulée
La modernité politique oscille entre deux types de conceptions du peuple. Théorisé par les philosophies contractualistes de l'âge classique puis développé à la suite des révolutions anglaise, américaine et française, le principe de la représentation politique institue le peuple comme unité à partir d'une pluralité résorbée par une opération juridique qui définit le peuple par sa capacité à vouloir. Il en résulte une conception de la politique comme exercice d'une volonté souveraine ou d'une domination légitimée par ceux qui sont réputés y avoir consenti. À l'inverse, d'autres pensées définissent un peuple pluriel qui agit et naît de ses propres actions. Dans le fil du machiavélisme, du spinozisme ou de la conception arendtienne de la politique comme action d'une pluralité libre, le peuple est pensé comme pluralité active, liberté entendue comme pouvoir de commencer et interaction conflictuelle. Les noms donnés au peuple – souverain, foule, multitude, plèbe, classes populaires, population, majorité, masses, nation – traduisent cette oscillation permanente entre l'unité et la pluralité, lesquelles se retrouvent dans des travaux plus récents sur les identités sexuelles ou les constructions raciales. 
Cette oscillation offre une grille de lecture des formes de gouvernementalité, des actions collectives, mais aussi de l'articulation problématique entre politique et droit. Si la première définit le peuple comme une entité juridique, la seconde lui oppose sa réalité politique comme une forme de résistance aux dispositifs juridiques qui voudraient en gouverner l'action. L'objet de cette journée d'étude est de penser la manière dont le droit, tout en professant son attachement à l'unité et l'indivisibilité du peuple en République, a lui-même intégré des formes de pluralisme juridique – depuis le statut des citoyens et des sujets sous l'Empire jusqu'à celui des minorités dans le débat contemporain, à la parité, ou encore à celui des politiques de reconnaissance. À partir de différentes approches offertes en philosophie, en droit et en sciences sociales, nous interrogerons ainsi certaines formes juridiques prises par la pluralité.

/ Ce que fait l'écologie à la pensée. Refigurer, Redistribuer, Re-élaborer

Sous la responsabilité d'Émilie HACHE et Elie KONGS.
18 mai
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Sam 13 avr et Sam 18 mai (10h-17h) cette journée est déplacée au 25 mai 
Grand Amphithéâtre du Muséum, Muséum national d'Histoire naturelle, 57 rue Cuvier, 75005 Paris
Sam 15 juin (*)

Journées d'étude organisées avec le soutien du Muséum national d'Histoire naturelle et les Éditions Dehors. 
 
Face à des processus, des phénomènes, des événements ou des objets irréductiblement « hybrides » dont l’existence se déploie dans des dimensions inséparablement naturelles, culturelles, sociales, économiques, techniques et politiques, les catégories traditionnelles, qui délimitent aussi bien les champs du savoir que les domaines de l’être, sont mises à rude épreuve. L’écologie philosophique naît justement de ce constat. 
En quoi les « crises écologiques » que nous vivons sont-elles le résultat d'une crise des formes de pensée qui, en nous maintenant dans de vieilles habitudes, s’avèrent tout à fait inappropriées pour y répondre ? 
Ces trois journées d’étude ont pour ambition de porter dans l’espace public les problèmes cruciaux que représentent aujourd’hui les questions écologiques pour la philosophie.
Ce cycle de conférences s’inscrit dans le prolongement du colloque « Écosophies, la philosophie à l’épreuve de l’écologie » co-organisé par le CIPh en 2008 et prépare un second colloque abordant ces mêmes questions. 
 
Deuxième journée :
Samedi 25 mai (Muséum national d'Histoire naturelle)
 
Écologie et inégalités sociales
Avec : Paul Ariès, Patrick Degeorges, Fabrice Flipo, Michael Lowy ainsi que des intervenants du milieu associatif.  
 
Cette journée sera consacrée au questionnement des liens entre écologie politique et inégalités sociales. Des analyses critiques telles que celles qui mettent à jour les liens entre le saccage de la nature et les dominations politiques et économiques supposent des corrélations entre crise écologique et crise politique. Qu’est-ce qu’une écologie qui délaisserait ces questions ? Comment réussir à l’inverse à les articuler de telle sorte que l’une ne devienne pas prioritaire sur l’autre ? Cette journée sera l’occasion de présenter et de mettre en débat différentes approches significatives sur cette question.   
 
 
 
(*) Une brochure spécifique à la quinzaine philosophique
(du 1er au 16 juin 2013) 
INTERSECTIONS
sera disponible courant avril dans les 30 lieux partenaires.
Pour plus de renseignements, consulter le site du Collège www.30ansciph.org

/ Ce que fait l'écologie à la pensée. Refigurer, Redistribuer, Re-élaborer

Sous la responsabilité d'Émilie HACHE et Elie KONGS.
25 mai
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Sam 13 avr et Sam 18 mai (10h-17h)cette journée est déplacée au 25 mai 
à l'Amphithéâtre de l'Institut de Paléontologie Humaine, 1 rue René Panhard 75013 Paris
Sam 15 juin (*)

Journées d'étude organisées avec le soutien du Muséum national d'Histoire naturelle et les Éditions Dehors. 
 
Face à des processus, des phénomènes, des événements ou des objets irréductiblement « hybrides » dont l’existence se déploie dans des dimensions inséparablement naturelles, culturelles, sociales, économiques, techniques et politiques, les catégories traditionnelles, qui délimitent aussi bien les champs du savoir que les domaines de l’être, sont mises à rude épreuve. L’écologie philosophique naît justement de ce constat. 
En quoi les « crises écologiques » que nous vivons sont-elles le résultat d'une crise des formes de pensée qui, en nous maintenant dans de vieilles habitudes, s’avèrent tout à fait inappropriées pour y répondre ? 
Ces trois journées d’étude ont pour ambition de porter dans l’espace public les problèmes cruciaux que représentent aujourd’hui les questions écologiques pour la philosophie.
Ce cycle de conférences s’inscrit dans le prolongement du colloque « Écosophies, la philosophie à l’épreuve de l’écologie » co-organisé par le CIPh en 2008 et prépare un second colloque abordant ces mêmes questions. 
 
Deuxième journée :
Samedi 25 mai 
 
Écologie et inégalités sociales
Avec : Paul Ariès, Patrick Degeorges, Fabrice Flipo, Michael Lowy ainsi que des intervenants du milieu associatif.  
 
Cette journée sera consacrée au questionnement des liens entre écologie politique et inégalités sociales. Des analyses critiques telles que celles qui mettent à jour les liens entre le saccage de la nature et les dominations politiques et économiques supposent des corrélations entre crise écologique et crise politique. Qu’est-ce qu’une écologie qui délaisserait ces questions ? Comment réussir à l’inverse à les articuler de telle sorte que l’une ne devienne pas prioritaire sur l’autre ? Cette journée sera l’occasion de présenter et de mettre en débat différentes approches significatives sur cette question.   
 
Programme : 
 
 09h45 Présentation de la journée
10h00 Fabrice Flipo : Écologie et marxisme : un dialogue difficile, mais nécessaire
11h00 Michael Lowy : Les luttes socio-ecologiques en Amerique Latine
12h00 Patrick Degeorges (Titre à préciser)
14h30 Michel Lepesant : Comment l'écologie nous oblige à écarter les limites
15h30 Isabelle Frémeaux : Le conflit de Notre Dame des Landes. Itinéraire d’une lutte en cours
16h30 Nicolas Haeringer : Un grand projet inutile et imposé, parmi d’autres
17h30 Projection du film Les sentiers de l’utopie de Isabelle Fremeaux, John Jordan
 
 
(*) Une brochure spécifique à la quinzaine philosophique
(du 1er au 16 juin 2013) 
INTERSECTIONS
sera disponible courant avril dans les 30 lieux partenaires.
Pour plus de renseignements, consulter le site du Collège www.30ansciph.org

/ L'obsession d'une grande santé : enjeux médicaux et politiques d’aujourd'hui

Sous la responsabilité de Gilles BARROUX
05 juin
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Mer 5 juin (10h15-17h) Palais de la découverte avenue Franklin Delano Roosevelt 75008 Paris

Journée d'étude organisée avec le Centre Georges Canguilhem (Université Paris 7).
 
Qui n’a pas lu, une fois au moins à la porte de quelque centre de soin, la définition de la santé formulée par l’O.M.S. « La santé est un état complet de bien être, physique et social, ne consistant pas seulement en l’absence d’infirmité et de maladie » ? La seconde moitié des années 1940 voit ainsi l’émergence d’une approche de la santé qui dépasse une vision purement médicale : elle devient un projet universel, un projet civilisationnel, ouvrant la porte à une humanité régénérée, bénéficiant des derniers progrès de la médecine et des sciences en général. Une telle définition a longtemps été critiquée – et l’est toujours – par une dimension utopique qui la rend improbable du point de vue de sa mise en œuvre.
De quelles normes relève la santé ? De quelles valeurs ? Quelle actualité donner à cette santé, cette grande santé que, d’après Nietzsche, dans le Gai savoir (382), l’on ne saurait se contenter seulement d’avoir, mais que « l’on conquiert encore et que l’on doit conquérir continuellement, parce qu’on l’abandonne et doit l’abandonner sans cesse » ? De quelle quête, de quel combat relève la santé aujourd’hui ?
L’obsession d’une jeunesse durable ne cesse d’imprégner tout une littérature quotidienne. La science elle-même, vient au secours, parfois à son insu, d’une telle quête, lorsqu’elle laisse à penser que les découvertes les plus récentes (cellules souches… ) pourraient ralentir le processus du vieillissement. 
Au-delà des conceptions philosophiques classiques de la santé et de la maladie – Nietzsche, Canguilhem, Gadamer – il est intéressant de se demander comment ces approches évolutives de la santé tendent à façonner des modèles de société et de vie.
Plusieurs dimensions de la santé seront ainsi abordées : l’obsession d’une bonne santé durable à travers l’histoire des pratiques médicales et des philosophies prônant un régime de vie – l’obsession de la performance et du corps éternellement jeune, image d’une « nouvelle » vieillesse ? – la santé comme objet d’évaluation, de calcul et de spéculation.
 
Programme :
10h : Ouverture des portes et présentation de la journée
10h15 : Joël Coste (Université Paris Descartes, EPHE) : Du contrôle de l’environnement à la gestion du fardeau des maladies chroniques : les défis accumulés de la santé publique
11h : — Discussion
11h15 : Isabelle Vacarie (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : La santé comme objet d’évaluation et de calcul
12h : — Discussion
13h30 : Marie Gaille (CNRS) : Une société à l’avenir bien portante. Choix individuels, choix politiques en matière procréatrice
14h15 : – Discussion
14h30 : Dominique Boury (Université catholique de Lille) : Les enjeux éthiques d’une pédagogie de la guérison
15h15 : — Discussion et pause
15h45 : Gilles Barroux (CIPh) : La santé : entre silence médical et parole philosophique
16h30 : — Discussion
16h45-17h : Conclusion et clôture de la journée
 

/ Popularités de la déconstruction

Sous la responsabilité de Laura ODELLO
06 juin
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Jeu 6 juin (10h30-17h) Palais de la découverte avenue Franklin Delano Roosevelt 75008 Paris

Journée d'étude organisée avec le soutien et en collaboration avec l'équipe Histoire des arts et des représentations-Philosophie (HARP) de l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense.
 
« Qu’est-ce qu’une philosophie “populaire” ? Ce dernier mot est surchargé d’équivoques. […] Sait-on aujourd’hui ce qu’on dit quand on dit “peuple”, “populaire”, “popularité” ? » (Jacques Derrida, Du droit à la philosophie).
La déconstruction est-elle populaire ? Est-ce qu’une philosophie doit être populaire ? Peut-elle l’être – et si oui, jusqu’où, à quel prix ?
L’enjeu de ces questions, c’est notamment ce que Derrida avait donné comme titre à son séminaire tenu au Collège international de philosophie à partir de janvier 1984, à savoir : le droit à la philosophie. Qu’est-ce donc qu’« avoir droit à la philosophie » et comment un tel droit doit-il – ou ne doit-il pas – calculer, compter avec le grand nombre, la masse ?
Si la déconstruction est « ce qui arrive », comme Derrida n’a cessé de le répéter, non seulement elle ne peut pas négliger la portée croissante de la popular culture dans l’espace de la démocratie de masse, mais elle doit aussi l’interroger en tant que scène où les oppositions hiérarchiques entre « haute » et « basse » culture —répétant elles-mêmes l’opposition métaphysique de l’intelligible et du sensible — se défont.
Si une déconstruction est donc en cours dans l’espace culturel des démocraties de masse, comment y répondre ? Et comment la déconstruction pourrait-elle se situer par rapport, d’une part, à la critique adornienne des industries culturelles et, d’autre part, par rapport à la pop’philosophie d’inspiration deleuzienne ?
Popularités de la déconstruction : le titre de cette journée – qui s’inscrirait dans la programmation des « Trente ans du Collège » – voudrait donc donner le coup d’envoi d’une réflexion autour des figures populaires que la déconstruction a élaborées, évoquées, mais aussi évitées.
 
Programme : 
10h : Ouverture des portes
10h30 : Laura Odello (CIPh) : La déconstruction, ça se voit
11h05 : Arafat Sadallah (Siwa) : Le calcul du désir. Regards, politique et popularité dans les réseaux sociaux
11h40 : Peter Szendy (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) : L’image de la déconstruction
12h15 : — Débat et pause
14h10 : Simone Regazzoni (Université de Pavie) : War Games. La déconstruction à l’époque de la pop culture
14h45 : Thomas Dutoit (Lille 3) : Mimesis incarcérée : la prison, lieu et représentation de la pop culture ?
15h20 : Avital Ronell (New York University) : Sous réserve.
15h55 : Alexander Garcia Düttmann (Goldsmiths, University of London) : Ça prend ça marche
16h30-17h : Débat et clôture de la journée
 

/ Fernand Deligny : errance et consistance d'une pensée

Sous la responsabilité d'Anne SAUVAGNARGUES et Pascal SÉVÉRAC
07 juin
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Ven 7 juin (10h30-17h) Palais de la découverte avenue Franklin Delano Roosevelt 75008 Paris

Journée d'étude organisée en collaboration avec le LIS (Lettres, Idées, Savoirs - EA 4395 - UPEC).
 
À l’occasion des 30 ans du Collège, nous proposons une journée d'étude sur Fernand Deligny, qui entend montrer, comme en écho au travail du CIPh, à quel point ce penseur inclassable croise les champs disciplinaires : philosophie, éducation, art et littérature, politique, sciences humaines… Qui était Fernand Deligny (1913-1996) ? D’abord instituteur spécialisé, il est nommé en 1945 directeur du premier Centre d’observation et de Triage du Nord, lieu ouvert où se réfugient des adolescents évadés des maisons de correction ou de patronages. Après la guerre, il adhère au parti communiste et anime à partir de 1949 « La Grande Cordée », association présidée par Henri Wallon et qui a pour vocation l’accueil d’enfants dits inadaptés, délinquants et caractériels. De 1962 à 1964, Deligny dirige Le moindre geste, un véritable « film de fous », tourné dans les Cévennes. En 1965-66, il est invité par Jean Oury et Félix Guattari à la clinique de La Borde. À partir de la fin des années 60, et jusqu’à sa mort, il s’occupera d’enfants autistes, près de Monoblet dans les Cévennes, dans son « radeau » comme il disait.
Depuis la publication il y a cinq ans de ses écrits, à l’initiative de Sandra Alvarez de Toledo aux éditions de l’Arachnéen, le travail de F. Deligny connaît un regain d’intérêt : parus autrefois dans des ouvrages souvent devenus inaccessibles, et désormais réunis dans deux livres (Fernand Deligny. Œuvres, L’Arachnéen, Paris, 2007 ; et L’Arachnéen et autres textes, L’Arachnéen, Paris, 2008), les travaux de Deligny, auprès notamment des autistes, continuent de féconder notre temps – depuis la pensée de Deleuze et Guattari jusqu’aux pratiques éducatives et artistiques d’aujourd’hui.
Notons que sont prévues, pour juin 2013, la sortie aux éditions L’Arachnéen d’un nouvel ouvrage de Deligny, avec la reprise de plus de 200 « lignes d’erre » (cartes des trajets des personnes autistes) ; ainsi qu’une exposition de ces cartes à l’IMEC.
 
Programme :
10h : Ouverture des portes, accueil et présentation de la journée Pascal Sévérac (CIPh, maître de conférences à l’Université Paris-Est Créteil)
10h30 : Bertrand Ogilvie (psychanalyste, enseignant à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
11h15 : Anne Querrien (sociologue et urbaniste) : Des tracés qui fabriquent du commun
12h : Igor Krtolica (doctorant à l’ENS de Lyon) : Deligny, sur les traces de l’origine de l’art
14h15 : Anne Sauvagnargues (professeur à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
15h : Joël Kerouanton (écrivain et éducateur spécialisé) : L’étai Deligny - une pensée de la fabrique (qui me suit partout)
16h : Sandra Alvarez de Toledo (responsable des éditions L’Arachnéen) : Cartes et lignes d’erre : tracer pour rien, pour voir...
 
 

/ La salle des machines - Machines et société

Sous la responsabilité de Frédéric VENGEON
13 juin
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Jeu 13 juin (10h15-17h), Palais de la découverte avenue Franklin Delano Roosevelt 75008 Paris

 

La machine est un objet fondamentalement hybride. Elle est à la fois une réalité objective et une réalité mentale, un agent social et un objet de représentation. Elle contribue à structurer la réalité sociale tout en donnant des schèmes de représentation de son fonctionnement. La salle des machines est simultanément un cœur opérationnel et un laboratoire de pensée.
 
Si nous acceptons d’appeler « machine » toute institution d’un montage d’automatismes artificiels alors nous nous donnons un objet d’étude suffisamment précis et polymorphe pour intégrer les différents usages de nos machines. Les sociétés humaines intègrent des machines dans leur fonctionnement économique, administratif, communicationnel, perceptif… Elles ne se prêtent qu’à des théorisations partielles ou couplées : techniques, économiques, sociales, juridiques, métaphysique… Elles cristallisent différentes dimensions qui ne correspondent pas à un champ de réalité uniforme. La machine en effet ne se réduit pas à une réalité technique car elle ne peut être totalement séparée des causes et des effets de son fonctionnement. Elle s’inscrit dans le tissu des opérations et des représentations humaines.
 
On ne saurait assigner une fonction ou une tendance univoque aux machines. Il existe des machines de la lenteur, de la retenue, de l’inertie comme il existe des machines de la vitesse ; il existe des machines gigantesques ou minuscules, mécaniques ou organiques et humaines, matérielles et immatérielle… Cette diversité s’inscrit naturellement dans une évolution historique du développement technique (à travers différentes ères du machinisme), mais elle se retrouve aussi dans la diversité synchronique des fonctions que nous déléguons à nos appareils. Il conviendra donc de ne pas se contenter d’une périodisation hypothétique mais de dégager des modèles techniques différenciés à l’œuvre dans nos pratiques et nos pensées.
 
Quel usage social faisons-nous de nos machines ? Comment nous servent-elles à concevoir le fonctionnement de nos collectifs ? Quels effets (de savoir, d’ignorance, de pouvoir) ces représentations ont-elles sur nos devenirs ? De quels principes les machines sont-elles le masque ?
 
Programme : 
10h : Ouverture des portes
10h15 : Eric Guichard (ENSSIB, CIPh) : Ces machines qui fabriquent la culture
11h : Marc Lenglet (European Business School) : Ontologie des marchés, objets financiers et saturation. Quelques remarques en vue d’une approche philosophique des machines financières
12h : Jean-Hugues Barthélémy (MSH Paris Nord, enseignant de lycée) : Raisons et enjeux de la machine comme « individu technique » chez Simondon
14h30 : Henri Desbois (Maître de conférences en géographie à Paris Ouest Nanterre La Défense) : La salle des cartes au cœur de la guerre, techniques et politiques cartographiques des Cassini à Google Earth
15h15 : Nadia Barrientos (doctorante en histoire de l’art) : Mécaniques des merveilles : la technique au service de l’incroyable. Escamotages et illusions de l’Antiquité au xixe siècle
16h15 : Frédéric Vengeon (CIPh, enseignant de lycée) : Habiter la machine. De l’objet au milieu technique
 
Traducteurs LSF
 
 

/ Penser les frontières numériques

Sous la responsabilité de Sarah de HARO et Mathieu POTTE-BONNEVILLE
14 juin
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Ven 14 juin (cette journée est annulée)

 

Si Internet est souvent décrit comme un espace « sans frontières », où circuleraient librement informations, opinions et savoirs, un tour d’horizon de quelques événements contemporains complique le diagnostic, et dresse le tableau d’un univers où les frontières sont à la fois multipliées, contestées, restaurées et déplacées : c’est le cas, tout d’abord, des frontières nationales, comme l’illustrent le rôle joué par Internet dans les mobilisations et les révolutions qui secouent le monde arabe, les efforts de la Chine pour dresser à ses frontières une « Grande Muraille » numérique ou le développement des stratégies nationales de cyber-défense. C’est le cas, tout autant, des frontières qui encadraient jusqu’ici la prise de parole et l’exercice de la pensée : frontières entre ce qui est su et de ce qui est tu (Wikileaks), entre le savant et le profane (Wikipedia), entre producteurs et usagers de la connaissance (via le développement des espaces collaboratifs), entre les textes princeps et leurs commentaires, etc. L’irruption des individus dans la sphère publique met en question le régime d’identité qui, jusque là, circonscrivait chacun aux frontières de son nom propre (Anonymous) ; l’ébranlement des limites traditionnelles de la souveraineté atteste assez de ce qu’Internet, loin d’abolir simplement les frontières, fait de leur tracé un champ de bataille, impose de nouveaux défis à l’établissement des cadres juridiques, à l’établissement des limites de la communauté politique, à la division traditionnelle des savoirs. 
 
On se propose donc d’inviter à dialoguer plusieurs experts mondiaux de la pensée du numérique, en leur soumettant une même question : peut-on donner consistance et figure à la notion de « frontière numérique » ? Comment articuler la réflexion sur la redéfinition des frontières étatiques, et le repérage des nouvelles frontières technologiques ? Quelles transformations anthropologiques implique cette redistribution du partage entre moi et le monde, au travers lequel chacun avait appris à assigner les limites de son identité, de son corps et de sa mémoire ?

/ Ce que fait l'écologie à la pensée. Refigurer, Redistribuer, Re-élaborer

Sous la responsabilité d'Émilie HACHE et Elie KONGS.
15 juin
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Sam 15 juin (9h30-18h30) Amphithéâtre de l’Institut de Paléontologie Humaine, 1 rue René Panhard - 75013 Paris

Journée organisée en collaboration avec les Éditions Dehors et l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense (Sophiapol) et en partenariat avec le Muséum national d’Histoire naturelle.

Face à des processus, des phénomènes, des événements ou des objets irréductiblement « hybrides » dont l’existence se déploie dans des dimensions inséparablement naturelles, culturelles, sociales, économiques, techniques et politiques, les catégories traditionnelles, qui délimitent aussi bien les champs du savoir que les domaines de l’être, sont mises à rude épreuve. L’écologie philosophique naît justement de ce constat. 

En quoi les « crises écologiques » que nous vivons sont-elles le résultat d'une crise des formes de pensée qui, en nous maintenant dans de vieilles habitudes, s’avèrent tout à fait inappropriées pour y répondre ? 
Ces trois journées d’étude ont pour ambition de porter dans l’espace public les problèmes cruciaux que représentent aujourd’hui les questions écologiques pour la philosophie.
Ce cycle de conférences s’inscrit dans le prolongement du colloque « Écosophies, la philosophie à l’épreuve de l’écologie » co-organisé par le CIPh en 2008 et prépare un second colloque abordant ces mêmes questions. 
 
Troisième journée :
Samedi 15 juin 
 
Écologie : des entités non conventionnelles
Avec : Vinciane Despret, Isabelle Stengers, Tobie Nathan, Brian Massumi.  
 
L’écologie est comprise comme l’étude des relations entre des êtres hétérogènes. Les entités qui composent ces relations sont régulièrement ramenées aux catégories classiques que sont les animaux et les végétaux, rien ne saurait limiter pourtant « le paradigme écologique » à ces seules catégories d’être. Sans remettre en cause l’importance (et l’urgence) des réflexions qui concernent la sphère des êtres vivants – à laquelle nous nous attacherons dans un premier temps de cette journée –, nous souhaiterions montrer que la compréhension du monde que suppose l’approche philosophique de l’écologie conduit à une réévaluation des catégories fondamentales selon lesquelles nous pensons et percevons le même et l’autre, le possible et l’impossible, le juste et l’injuste, le vivant et le mort… 
En ouvrant le questionnement écologique à des objets qui ne lui sont pas ordinairement attribués, cette journée contribuera ainsi à montrer que la philosophie de l’écologie n’est pas une philosophie appliquée à un objet (que serait la nature), mais une orientation dans la pensée qui suppose la redéfinition même de cette dernière.
 
Programme : 
 
9h30 – Accueil du public.
09h45 – Présentation de la journée par Émilie Hache
10h – Vinciane Despret (philosophe à l’Université de Liège) : L’écologie pratique des morts 
11h – Isabelle Stengers (philosophe, Université Libre de Bruxelles) : L'intrusion de Gaïa et/ou les droits de Pachamama : exercices diplomatiques
Discussion avec le public. 
14h00 – Brian Massumi (philosophe, professeur à l’Université de Montréal) : Ce que les bêtes nous apprennent de la politique 
15h00 – Tobie Nathan (ethnopsychiatre, professeur émérite à l’Université Paris 8) : Pour une écologie résolue des invisibles non-humains et son application en un parlement des dieux
16h00 – Projection du film Le village des damnés de Rolf Willa, présenté par T. Nathan.
18h00 – Discussion autour du film.

 



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