Un droit sans territoire? Pour une philosophie du droit international
L'ambivalence qu'entretient la philosophie aux catégories juridiques appelle un renouvellement de la pensée du droit. L'héritage marxiste ou post-marxiste, comme le « renouveau » de la philosophie politique contemporaine, ont paradoxalement en commun un point de vue statocentré sur le droit, qui fait de l'Etat ou de sa critique le point névralgique de la pensée. Or, la puissance des multitudes se déploie aussi dans l'espace non-étatique d'une scène internationale – de même que les concepts du libéralisme politique ont été forgés par des emprunts au droit réglant les relations entre les Etats, en particulier le droit de la guerre.
Ce projet vise à développer une réflexion sur le droit qui tenterait de sortir du clivage de la philosophie contemporaine. L'histoire du droit international, comme ses mutations récentes, invitent en effet à penser le normatif en dehors de l'opposition entre une conception empreinte de juridisme souverainiste et un refus du sens de la norme juridique, à penser le politique et le social d'un point de vue excentré, celui de la scène internationale et des normes qui la constituent. Comment penser philosophiquement les figures non étatiques du collectif et les forces imaginantes du droit ? Quels sont les formes anciennes et nouvelles, les modèles conceptuels et les dynamiques de ce droit sans territoire ?
Les recherches s'articulent en deux axes :
Le premier reconstruit la manière dont, dans l'histoire du droit international, s'est constitué un rapport singulier entre les sujets de ce droit (les Etats) et une humanité postulée, désormais titulaire de droits sans être cependant dotée d'un statut juridique clair. Dans quelle mesure le droit international est-il le lieu où se forment, y compris dans sa résistance à certaines formes de droit, une humanité, une société ou une communauté, bref, des formes du social qui ne sont pas issues de l'Etat ?
Hobbes et le sujet de droit. Contractualisme et consentement, Paris : Editions du CNRS, 2010.
Le souci du droit. Où en est la théorie critique ?, co-dir. avec H. Bentouhami, A. Kupiec, N.Grangé, Paris : Sens et Tonka, 2010 (Actes colloque au CIPh)
Guerre juste, guerre injuste. Histoires, théories et critiques, en collaboration avec C. Nadeau, Paris, coll. Philosophies, PUF, 2009
Hobbes, Spinoza ou les politiques de la Parole. Critique de la sécularisation et usages de l'histoire sainte à l'âge classique, Lyon, ENS éditions, 2009.
La tolérance, Garnier-Flammarion, "Corpus", Paris, février 1999.
« Pacifisme ou guerre totale? Une histoire politique du droit des gens : leslectures de Vitoria au XXe siècle », Astérion, n°6, http://asterion.revues.org/
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.