Crise du cadre : penser les « langages de l’art ». Les avant-gardes et la crise du cadre.
Le cadre est une des manières de poser le réel : on s’interrogera sur les conditions de la formation de ce regard sur le monde, ce regard démultiplié selon une pluralité de plans que nous pouvons distinguer. Ce projet épistémologique vise le champ des arts dans le contexte actuel de la situation de l’art, quand précisément aujourd’hui les conventions réglant les pratiques artistiques se renouvellent très souvent et coexistent sans former de succession. La situation de la crise du cadre est celle de l’incapacité de pénétrer dans un cadre non familier, de l’incapacité de trouver des repères pertinents, de l’absence de la volonté d’effacer des cadres préliminaires et non fonctionnels à un moment donné. Cette crise s’annonce dès le début de la modernité avec la crise du sujet et puis avec la crise de l’auteur, la crise du langage. Elle efface les définitions. Dans les expérimentations des premières avant-gardes la “ multiplicité contradictoire ” des regards sur le monde implique des recherches sur les instruments plastiques. On fera apparaître Kazimir Malévitch comme une figure centrale de cette interrogation qui lie la remise en question des instruments plastiques à la production de nouveaux cadres conceptuels. Des mondes différents adviennent en fonction des instruments choisis (qui déterminent des outils différents). Les frontières entre des arts et la philosophie deviennent alors flottantes.
La question d’avant-garde de début du siècle passé se révélera la pierre angulaire de moments critiques de l’histoire du XXè siècle. La multitude des visions du monde se présente comme une multitude des compréhensions du monde, comme la multiplicité de cadres. La théorie de Nelson Goodman répond aux exigeances de l’époque de la multiplicité de cadres : cadres artistiques (“ langages de l’art ”), cadres de vision, cadres constructifs. Selon le concept de “ cadre de référence ” les cadres se constituent par l’ajustement d’éléments langagiers (symboles). Le mode unique du fonctionnement des symboles permet de construire des systèmes symboliques fondés sur des relations entre différents types de symboles, ce qu’on appellera “ les relations trans-symboliques ”. Ces relations permettent de transgresser des limites, de clarifier l’accès à son propre langage pour l’artiste. Le cadre de référence sera alors l’un des jeux de langages qui ont un “ air de famille ” dans le sens de Wittgenstein : cadre, carte et commentaire. L’artiste qui devient son propre commentateur établit des relations trans-symboliques pour construire les cadres artistiques et les dépasse en instaurant les relations méta-symboliques dans son commentaire, complémentaire à l’œuvre plastique (ou visuel).
/ Bibliographie
« Avant-gardes. Retour et détours » avec Jean-Pierre Cometti, in Revue Rue Descartes, n°69, P.U.F, Paris, 2010, p.2-3
« La crise du cadre » in Revue Rue Descartes, n°69, P.U.F, Paris, 2010, p.24-31
« Malévitch : romantisme radical », le recueil annuel de l’Ecole Russe d’Anthropologie, RGGU (2007), Moscou ;
« Problématique de la représentation dans la philosophie de Nelson Goodman », dans le recueil « Philosophie de la conscience », maison d’éditions de MGU (2004, Moscou) ;
« L’abstraction comme le symbole négatif chez A. Bezançon (« L’image interdite ») », revue « Logos » № 4, Moscou (2001).
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.