Il s’agira de penser et d’interroger la notion d’appropriation en tant que forme de l’expérience. Cette notion, et celle de propre qui en constitue le centre ou le cœur, traverse de part en part la réflexion philosophique, du moins si on la considère, comme nous le faisons ici, dans la tradition métaphysique occidentale.
Deux acceptions dominantes, deux registres émergent de l’histoire du mot appropriation : la propriété ou l’assimilation ; l’adaptation ou la propreté. C’est à partir de cette constellation sémantique du terme que nous voudrions engager une réflexion philosophique sur la subjectivité, sur le sujet métaphysique comme souveraineté telle que Jacques Derrida la définit, à savoir le pouvoir de toute ipséité d’être proprement soi-même.
A travers l’analyse de textes philosophiques et littéraires, à travers l’étude d’œuvres plastiques, cinématographiques, photographiques et musicales, le séminaire tentera de montrer comment le dispositif de l’appropriation précède et produit la notion de propre : l’instance même du sujet peut être considérée comme s’inscrivant dans un processus d’autoappropriation dont il ne serait que l’effet, entendu comme protection indemnisante et immunisante de soi à travers l’expulsion de l’autre. Ce processus, pourtant, se révèle nécessairement autoimmunitaire : il menace le soi en tant qu’il est aussi constitué par l’autre.
Cette réflexion nous conduira à interroger philosophiquement des notions comme la propriété d’une œuvre et l’autorité de l’auteur ainsi qu’à analyser l’appropriation dans sa dimension politique (le regard, l’écoute, la lecture et l’écriture comme dispositifs de maîtrise. Une place singulière sera accordée à l’expérience théorique et pratique de la traduction.
Jacques Derrida et la déconstruction de la souveraineté, à paraître aux éditions L’Harmattan.
« Waiting for the Death Knell – Speaking of Music (so to speak) », in Speaking of Music, texts réunis par Andrew Clark et Keith Chapin, Fordham University Press, New York, à paraître.
« Il Regno ® è infetto », in Pop Filosofia, textes réunis par Simone Regazzoni, Il Melangolo, Genova, 2010.
« De la voix, au moins », dans Marco Bellocchio, Carmelo Bene, Festival de Bobigny / Théâtres au cinéma, Paris, 2009.
« Nombre d’aveugles. Eclats d’un rire argentin », in Derrida. Pour les temps à venir, textes réunis par René Major, Stock, Paris, 2007.
« Parlare, tradursi », in aut aut, n° 334, Il Saggiatore, Milan, 2007.
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.