Le projet entre la perspective d'une philosophie historique de la norme de vérité. Le fait premier est qu'il y a du vrai, et que le vrai contraint : si je dis la verité, vous devrez me suivre. Comment cela se fait-il. La verité sera saisie ici dans la modalité de sa confession, ou encore de sa proclamation et de sa prédication. La norme sera donné par l'objet de la confession, la doctrine comme rassemblement d'une totalité de vrai. À partir d'un moment qu'on cherchera à dater, il y a eu du vrai et le vrai a pu contraindre parce qu'il a été rassemblé dans des doctrines, et que ces doctrines se sont proclamées et confessées. Observer comment ces actions - faire doctrine et la professer - se sont formées et reliées est une manière de réaliser la "politique de la verité" qui mobilisa la fin de la décennie 70, d'une manière il est vrai assez distincte des formes qu'elle peut prendre aujourd'hui.
La question est : qu'advient-il de la vérité dans sa proclamation? Que gagne le vrai à être professé, et à l'être à plusieurs? Ou encore : qu'arrive-t-il au vrai lorsqu'il est proclamé comme un bien, confessé comme l'objet d'une possession, qui plus est d'une possession collective?
L'enquête sera menée à partis du terrain germanique des "doctrines" (Lebren et doctrinae, Doctrine de la science, Doctrine de l'État, Doctrine du Droit), situé dans sa proximité avec les formes protestantes de l'énonciation confessante (Confession d'Augsbourg, Formule de Concorde, etc.). Les ramifications de cette enquête seront théologico-politiques (théorie de la confession ou exhomologèse chez Saint Paul), réthoriques (place de la performance et du performatif dans l'acte de confession), pédagogiques (le docere de la doctrine et la question de l'enseignement). Toutes seront unies dans une interrogation sur le mode d'existence historique de la parole de vérité.
Luther et la philosophie. Études d’histoire, Paris, Éditions de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales / Librairie philosophique J. Vrin (coll. « Contextes »), 2011, 314 p.
(Avec Hans Erich Bödeker et Michel Espagne [dir.]), Göttingen vers 1800. L’Europe des sciences de l’homme, Paris, Éditions du Cerf (Bibliothèque franco-allemande), 2010, 593 p.
(Avec Christophe Duhamelle [dir.]), Religion ou confession. Un bilan franco-allemand sur l’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles), Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme (coll. « Colloquium »), 2010, VIII-609 p.
(Avec Irena Backus et Bernard Pouderon [dir.]), L’Argument ecclésiologique, l’Église ancienne et les Réformes, XVIe-XVIIe siècles, Paris, Beauchesne (Théologie Historique, 121), parution février 2012 (ms. remis, octobre 2011).
/ Autres directeurs
/ Les directeurs de programme
L'activité philosophique, scientifique et de recherche est animée par une assemblée collégiale composée de 50 « Directeurs de programme » nommés pour six ans.
Une direction de programme est conçue comme la mise en oeuvre d'un programme de recherche original, cohérent, destiné à se développer sur une période de six ans. Expérimentation, consistance et progressivité sont les caractéristiques de cette activité.
En général, une direction de programme s'articule autour d'un séminaire qui définit la problématique générale de la recherche et assure à celle-ci une certaine publicité. Mais le séminaire ne représente qu'un noyau initial sur lequel se greffent d'autres éléments.
En effet, un Directeur de programme peut :
conduire un séminaire en invitant éventuellement intervenants et conférenciers
écrire des textes destinés à publication ; coordonner un numéro de la revue Rue Descartes
établir des relations tant avec d'autres organismes de recherche (CNRS, EHESS, MSH, ENS, Universités, Collège de France, etc.), qu'avec des institutions culturelles (CIté des Sciences et de l'Industrie, Instituts culturels étrangers, IRCAM, musées, etc.), ouvrir ainsi un espace de réflexion permettant de regrouper des personnes issues de milieux professionnels divers
prendre l'initiative de journées d'étude, de colloques, de samedis du livre
mettre en place un groupe de travail, un atelier (par exemple de lecture collective ou pour préparer des publications)
proposer et conduire des activités de formation continue
animer une activité de traduction et participer à la réflexion générale sur les enjeux philosophiques de la traduction, réflexion qui trouve au Collège une place privilégiée du fait de sa dimension internationale
diriger les travaux de candidats au Diplôme du Collège international de philosophie
participer aux instances du Collège (Conseil, Comité de lecture)
Il appartient à chaque directeur de programme de coordonner un certain nombre de ces activités selon son choix et le déroulement de son programme.
L'ensemble des directeurs de programme forme l'assemblée collégiale, qui définit et met en oeuvre les recherches menées au sein du Collège international de philosophie.
La charge de directeur de programme requiert la participation à la vie et aux tâches collégiales :
assemblées collégiales, commissions, participation éventuelle au conseil, examen des propositions de séminaires.
Les directeurs de programme disposent des moyens suivants :
mise à disposition de salles pour séminaires et conférences ;
accès sous certaines conditions à des crédits de fonctionnement
Une direction de programme peut se tenir à Paris, en province ou à l'étranger.
Le Collège international de philosophie confie aux directeurs de programme installés en province ou à l'étranger le développement de ses relations avec les institutions et collectivités locales.