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Forum 

Science et philosophie

Gilles BARROUX

dateDate : 04/03/2017 heure Début : 14h -> Fin : 17h  O.K.

lieu Adresse : Auditorium, Cité des sciences et de l'industrie, 30 avenue Corentin Cariou, 75019 Paris

Résumé : Cycle organisé en partenariat avec les conférences Universcience et Philosophie Magazine.


Universcience et le Collège international de philosophie organisent chaque année des rencontres réunissant à chaque séance philosophes et scientifiques autour de notions qui croisent ou fondent leurs recherches. Cette tradition se consolide d'année en année, confirmant l'engouement d'un public significatif pour toutes les grandes interrogations, tous les questionnements qui sollicitent des spécialistes venus d'horizons aussi divers.


Samedi 25 février : Servitude et soumission

Le Collège international de philosophie et la Cité des sciences et de l’industrie invitent les classes préparatoires aux grandes écoles d’ingénieurs à une séance spécialement conçue sur la thématique suivante : servitude et soumission. C’est l’occasion de croiser différents regards sur cette notion.
Accès gratuit sur inscription : conferences@universcience.fr - Tél 01 40 05 70 22. Merci de préciser dans votre demande : le nom et l’adresse de l’établissement, le nom et le téléphone du professeur, le nombre de places souhaitées.

Cette conférence reste ouverte à tout public en fonction des places disponibles.
Réservation indispensable auprès de Beatrix Vincent : beatrix.vincent@universcience.fr - Tél 01 40 05 70 22

Face à l’impossibilité que révèle notre entendement de concevoir une définition absolument positive de la liberté – absence totale de toute forme de contrainte, absence de limite à quelque désir, exercice sans borne de la volonté – cette dernière s’entend toujours en fonction de certaines limites, à l’instar de la première d’entre elles : la liberté des autres. C’est donc souvent en creux ou à partir de ses oppositions conceptuelles que se trouve évoqué ce bien que La Boétie considérait comme le plus cher d’entre tous. Parmi les plus radicales de ces oppositions se trouvent la servitude et la soumission. La première désigne couramment l’emprise qu’une classe détient sur une autre classe : l’esclave par rapport au maître, le serf par rapport au seigneur, le prolétaire par rapport au bourgeois. La seconde touche plus explicitement à la sphère privée, évocatrice de mécanismes ancestraux emprisonnant les femmes dans un état de minorité, véhiculant cauchemar pour les uns et phantasme pour les autres.
Ces deux thèmes croisent souvent leurs champs de significations, tout comme sphères publique et privée se trouvent entremêlées. L’âge classique est souvent considéré comme l’époque de naissance de la « politique moderne » pour reprendre une formule de Pierre Manent. Cette émergence s’exprime à travers différentes interrogations, lesquelles portent notamment sur la légitimité de l’exercice du pouvoir, du droit que l’État se donne d’en imposer à la conscience de ses sujets, ou que l’Église a de réglementer les pensées intimes de ses fidèles.
Chaque conflit génère ses interrogations. Les troubles qui marquent la France du XVIe siècle inspirent un jeune auteur dont on connaît les liens d’amitié avec Montaigne, Étienne de La Boétie qui propose, en un texte dont l’acuité fait encore l’admiration des lecteurs du XXIe siècle, une analyse des mécanismes de pouvoir amenant des peuples entiers dans les fers de la servitude. Deux siècles plus tard, à une époque de Lumières mais aussi d’absolutisme, un autre auteur bordelais, Montesquieu, s’attaque aux racines du despotisme, en pointant du doigt les liens qui, indiciblement mais inexorablement, associent logiques de servitude et de soumission, à travers la figure orientale du despotisme. Le siècle suivant, bien loin de quelque revendication féministe de masse, connaît néanmoins les premières tentatives d’émancipation de la tutelle masculine et paternaliste, à travers des figures comme George Sand ou Flora Tristan. Le théâtre et le roman rendront compte également de trajectoires au destin plus ou moins dramatique de femmes désirant s’émanciper de l’étouffoir du mariage et de la famille à l’exemple de l’héroïne créée par Ibsen, Nora.
Dans le domaine scientifique, peu de chercheurs ont questionné leurs responsabilités comme l’a fait le mathématicien Alexandre Grothendieck (1928-2014). S’il est aujourd'hui célèbre pour ses brillants travaux mathématiques, son engagement en tant que scientifique critique dans les années soixante-dix reste en revanche méconnu. Sa critique de la militarisation de la recherche et du rôle du développement technoscientifique dans la crise écologique marquèrent pourtant profondément une jeune génération de chercheurs et accompagnèrent l'essor du mouvement écologiste français.

Trois intervenants animeront cette conférence :
- Céline Spector (professeur à l’université Bordeaux III) 
- Laurent Gerbier (maître de conférences en philosophie à l'Université François-Rabelais de Tours)
- Céline Pessis (historienne, auteure de Survivre et Vivre. Critique de la science, naissance de l'écologie, éd. L’Échappée, 2014)
Modération : Catherine Portevin (chef de la rubrique Livres de Philosophie Magazine).


Samedi 4 mars : La parole

Le Collège international de philosophie et la Cité des sciences et de l’industrie invitent les classes préparatoires aux grandes écoles de commerce à une séance spécialement conçue sur le thème de la parole. C’est l’occasion de croiser différents regards sur cette notion.
Accès gratuit sur inscription : conferences@universcience.fr - Tél 01 40 05 70 22. Merci de préciser dans votre demande : le nom et l’adresse de l’établissement, le nom et le téléphone du professeur, le nombre de places souhaitées.

Cette conférence reste ouverte à tout public en fonction des places disponibles.
Réservation indispensable auprès de Beatrix Vincent : beatrix.vincent@universcience.fr - Tél 01 40 05 70 22

On sait que la parole relève toujours – idée reprise avec force variantes depuis Aristote jusqu’à Wittgenstein – d’une expérience intellectuelle, mais que dit-elle de la pensée ? Qu’en restitue-t-elle ? On pourrait partir d’une dichotomie dont l’un des artisans aurait été Socrate lui-même : entre écrit et oral. À consulter les discours écrits, on croirait volontiers qu'« ils sont bien savants », mais qu’on les questionne « sur quelqu'une des choses qu'ils contiennent, ils vous feront toujours la même réponse », fait-il remarquer à Phèdre à la fin du dialogue éponyme. Mais faut-il, et jusqu’à quel point, dissocier la parole de l’écrit, la réduire à tout ce qui relève de l’oralité ?
Tout en questionnant, depuis l’Antiquité des premiers philosophes, la nature même du langage, le thème de la parole recouvre bien plus d’objets. Elle est engagement et traduit cette idée dans des domaines aussi divers que celui de la vie privée et de l’ordre des sentiments, du droit ou de l’éthique. Elle investit tous les aspects de la vie en société. Prendre la parole, c’est agir autant qu’affirmer une volonté (dimension existentielle), c’est reproduire un système de connaissances extrêmement riche (grammaire, syntaxe, sémantique) mais également produire du sens, construire des argumentations et des raisonnements, faire usage de sa raison. C’est aussi, en s’inscrivant dans un système de communication, exister au sein de la cité : en prenant la parole, je me donne ce premier et incontournable moyen d’intervenir sur la conduite de la cité, idée qui remonte à la prégnance de l’oralité qui caractérisait les premières démocraties. C’est enfin, au-delà de la reproduction d’un système de codes, choisir, inventer, combiner : toute parole apparaît, en ce sens, être une création signant l’identité de chaque locuteur.

Trois intervenants animeront cette conférence :
- Françoise Waquet (historienne, directrice de recherche au CNRS)
- Isabelle Alfandary (Université Sorbonne Nouvelle, CIPh)
- Bruno Gnassounou (Nantes, directeur du Caphi. Philosophie de l’action, philosophie du langage, métaphysique, philosophie du droit)
Modération : Catherine Portevin (chef de la rubrique Livres de Philosophie Magazine).


Ces conférences feront l'objet d'un programme plus complet sur les sites
de la Cité des sciences http://www.cite-sciences.fr/fr/accueil
et du Collège www.ciph.org

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