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Séminaire Philosophie/Arts et littérature

Équivoque philosophie

Bruno CLÉMENT

dateDate : 08/11/2018 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  O.K.

nota beneInscription obligatoire sur (copier le lien dans votre navigateur)
https://form.jotformeu.com/CIPhFormulaires/sem_clement_s1_2018-19

lieu Adresse : Salle Maurice Allais, Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), 25 rue de la Montagne Sainte Geneviève, 75005 Paris

Résumé :


Derrida rappelle, dans La Mythologie blanche (1971) que la philosophie n’a jamais renoncé à l’univocité, cette « essence ou mieux ce telos du langage » dont il fait même « l’idéal » de la philosophie. « Il est la philosophie », dit-il. Le philosophe n’ignore évidemment pas que les mots dont il use puissent avoir plusieurs sens. Mais l’une de ses tâches – et elle est selon Derrida le préalable nécessaire à toute entreprise d’énonciation philosophique – est précisément d’établir les limites de cette polysémie, d’en signaler les occurrences, de faire en sorte que chacune « reste une et identifiable ». Derrida lui-même n’a pas manqué, dans ses prologues, de faire la part de cette polysémie. Certains de ses livres ne sont rien d’autre qu’une vaste et savante précaution sur ce thème. Comme si définir la polysémie, chercher ainsi à la contenir, n’était pas une condition de l’exercice philosophie, mais cet exercice même.
Derrida n’est pas le seul, bien sûr, que hante ce spectre de l’équivoque. De Platon à Deleuze, en passant par Nietzsche, Bergson ou Heidegger, nombreux sont ceux dont la pensée doit à l’équivoque. Le séminaire envisagera cette question dans son principe même : il cherchera à établir quel danger cherche à parer cet idéal maintes fois réaffirmé de l’univocité et quelle nécessité ne manque jamais de le battre en brèche.
L’une des faces de ce problème est bien sûr la question de l’interprétation des textes philosophiques, dont il semble, à en croire du moins les commentaires infiniment contradictoires qui en sont aussi fréquemment que rigoureusement donnés, que l’univocité leur fasse un essentiel défaut. Il ne s’agira pas seulement d’établir la cartographie des lieux équivoques (l’histoire de la philosophie est seulement l’un, peut-être le plus manifeste, d’entre eux), ou de repérer les figures ou procédés de langage par où ne s’engouffre jamais un sens unique mais d’interroger les raisons pour lesquelles une discipline de langage et de pensée éprouve régulièrement le besoin d’affirmer ce qu’elle sait pourtant impossible.

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Séminaire Philosophie/Arts et littérature

Équivoque philosophie

Bruno CLÉMENT

dateDate : 15/11/2018 heure Début : 15h -> Fin : 17h  Horaires modifiés

nota beneInscription obligatoire sur (copier le lien dans votre navigateur)
https://form.jotformeu.com/CIPhFormulaires/sem_clement_s1_2018-19

lieu Adresse : Salle Max Milner, Université Sorbonne-Nouvelle, 17 place de la Sorbonne, 75005 Paris

Résumé :


Derrida rappelle, dans La Mythologie blanche (1971) que la philosophie n’a jamais renoncé à l’univocité, cette « essence ou mieux ce telos du langage » dont il fait même « l’idéal » de la philosophie. « Il est la philosophie », dit-il. Le philosophe n’ignore évidemment pas que les mots dont il use puissent avoir plusieurs sens. Mais l’une de ses tâches – et elle est selon Derrida le préalable nécessaire à toute entreprise d’énonciation philosophique – est précisément d’établir les limites de cette polysémie, d’en signaler les occurrences, de faire en sorte que chacune « reste une et identifiable ». Derrida lui-même n’a pas manqué, dans ses prologues, de faire la part de cette polysémie. Certains de ses livres ne sont rien d’autre qu’une vaste et savante précaution sur ce thème. Comme si définir la polysémie, chercher ainsi à la contenir, n’était pas une condition de l’exercice philosophie, mais cet exercice même.
Derrida n’est pas le seul, bien sûr, que hante ce spectre de l’équivoque. De Platon à Deleuze, en passant par Nietzsche, Bergson ou Heidegger, nombreux sont ceux dont la pensée doit à l’équivoque. Le séminaire envisagera cette question dans son principe même : il cherchera à établir quel danger cherche à parer cet idéal maintes fois réaffirmé de l’univocité et quelle nécessité ne manque jamais de le battre en brèche.
L’une des faces de ce problème est bien sûr la question de l’interprétation des textes philosophiques, dont il semble, à en croire du moins les commentaires infiniment contradictoires qui en sont aussi fréquemment que rigoureusement donnés, que l’univocité leur fasse un essentiel défaut. Il ne s’agira pas seulement d’établir la cartographie des lieux équivoques (l’histoire de la philosophie est seulement l’un, peut-être le plus manifeste, d’entre eux), ou de repérer les figures ou procédés de langage par où ne s’engouffre jamais un sens unique mais d’interroger les raisons pour lesquelles une discipline de langage et de pensée éprouve régulièrement le besoin d’affirmer ce qu’elle sait pourtant impossible.

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Séminaire Philosophie/Arts et littérature

Équivoque philosophie

Bruno CLÉMENT

dateDate : 22/11/2018 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  O.K.

nota beneInscription obligatoire sur (copier le lien dans votre navigateur)
https://form.jotformeu.com/CIPhFormulaires/sem_clement_s1_2018-19

lieu Adresse : Salle Maurice Allais, Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), 25 rue de la Montagne Sainte Geneviève, 75005 Paris

Résumé :


Derrida rappelle, dans La Mythologie blanche (1971) que la philosophie n’a jamais renoncé à l’univocité, cette « essence ou mieux ce telos du langage » dont il fait même « l’idéal » de la philosophie. « Il est la philosophie », dit-il. Le philosophe n’ignore évidemment pas que les mots dont il use puissent avoir plusieurs sens. Mais l’une de ses tâches – et elle est selon Derrida le préalable nécessaire à toute entreprise d’énonciation philosophique – est précisément d’établir les limites de cette polysémie, d’en signaler les occurrences, de faire en sorte que chacune « reste une et identifiable ». Derrida lui-même n’a pas manqué, dans ses prologues, de faire la part de cette polysémie. Certains de ses livres ne sont rien d’autre qu’une vaste et savante précaution sur ce thème. Comme si définir la polysémie, chercher ainsi à la contenir, n’était pas une condition de l’exercice philosophie, mais cet exercice même.
Derrida n’est pas le seul, bien sûr, que hante ce spectre de l’équivoque. De Platon à Deleuze, en passant par Nietzsche, Bergson ou Heidegger, nombreux sont ceux dont la pensée doit à l’équivoque. Le séminaire envisagera cette question dans son principe même : il cherchera à établir quel danger cherche à parer cet idéal maintes fois réaffirmé de l’univocité et quelle nécessité ne manque jamais de le battre en brèche.
L’une des faces de ce problème est bien sûr la question de l’interprétation des textes philosophiques, dont il semble, à en croire du moins les commentaires infiniment contradictoires qui en sont aussi fréquemment que rigoureusement donnés, que l’univocité leur fasse un essentiel défaut. Il ne s’agira pas seulement d’établir la cartographie des lieux équivoques (l’histoire de la philosophie est seulement l’un, peut-être le plus manifeste, d’entre eux), ou de repérer les figures ou procédés de langage par où ne s’engouffre jamais un sens unique mais d’interroger les raisons pour lesquelles une discipline de langage et de pensée éprouve régulièrement le besoin d’affirmer ce qu’elle sait pourtant impossible.

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Séminaire Philosophie/Arts et littérature

Équivoque philosophie

Bruno CLÉMENT

dateDate : 29/11/2018 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  O.K.

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https://form.jotformeu.com/CIPhFormulaires/sem_clement_s1_2018-19

lieu Adresse : Salle Maurice Allais, Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), 25 rue de la Montagne Sainte Geneviève, 75005 Paris

Résumé :


Derrida rappelle, dans La Mythologie blanche (1971) que la philosophie n’a jamais renoncé à l’univocité, cette « essence ou mieux ce telos du langage » dont il fait même « l’idéal » de la philosophie. « Il est la philosophie », dit-il. Le philosophe n’ignore évidemment pas que les mots dont il use puissent avoir plusieurs sens. Mais l’une de ses tâches – et elle est selon Derrida le préalable nécessaire à toute entreprise d’énonciation philosophique – est précisément d’établir les limites de cette polysémie, d’en signaler les occurrences, de faire en sorte que chacune « reste une et identifiable ». Derrida lui-même n’a pas manqué, dans ses prologues, de faire la part de cette polysémie. Certains de ses livres ne sont rien d’autre qu’une vaste et savante précaution sur ce thème. Comme si définir la polysémie, chercher ainsi à la contenir, n’était pas une condition de l’exercice philosophie, mais cet exercice même.
Derrida n’est pas le seul, bien sûr, que hante ce spectre de l’équivoque. De Platon à Deleuze, en passant par Nietzsche, Bergson ou Heidegger, nombreux sont ceux dont la pensée doit à l’équivoque. Le séminaire envisagera cette question dans son principe même : il cherchera à établir quel danger cherche à parer cet idéal maintes fois réaffirmé de l’univocité et quelle nécessité ne manque jamais de le battre en brèche.
L’une des faces de ce problème est bien sûr la question de l’interprétation des textes philosophiques, dont il semble, à en croire du moins les commentaires infiniment contradictoires qui en sont aussi fréquemment que rigoureusement donnés, que l’univocité leur fasse un essentiel défaut. Il ne s’agira pas seulement d’établir la cartographie des lieux équivoques (l’histoire de la philosophie est seulement l’un, peut-être le plus manifeste, d’entre eux), ou de repérer les figures ou procédés de langage par où ne s’engouffre jamais un sens unique mais d’interroger les raisons pour lesquelles une discipline de langage et de pensée éprouve régulièrement le besoin d’affirmer ce qu’elle sait pourtant impossible.

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Séminaire Philosophie/Arts et littérature

Équivoque philosophie

Bruno CLÉMENT

dateDate : 06/12/2018 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  O.K.

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https://form.jotformeu.com/CIPhFormulaires/sem_clement_s1_2018-19

lieu Adresse : Salle Maurice Allais, Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), 25 rue de la Montagne Sainte Geneviève, 75005 Paris

Résumé :


Derrida rappelle, dans La Mythologie blanche (1971) que la philosophie n’a jamais renoncé à l’univocité, cette « essence ou mieux ce telos du langage » dont il fait même « l’idéal » de la philosophie. « Il est la philosophie », dit-il. Le philosophe n’ignore évidemment pas que les mots dont il use puissent avoir plusieurs sens. Mais l’une de ses tâches – et elle est selon Derrida le préalable nécessaire à toute entreprise d’énonciation philosophique – est précisément d’établir les limites de cette polysémie, d’en signaler les occurrences, de faire en sorte que chacune « reste une et identifiable ». Derrida lui-même n’a pas manqué, dans ses prologues, de faire la part de cette polysémie. Certains de ses livres ne sont rien d’autre qu’une vaste et savante précaution sur ce thème. Comme si définir la polysémie, chercher ainsi à la contenir, n’était pas une condition de l’exercice philosophie, mais cet exercice même.
Derrida n’est pas le seul, bien sûr, que hante ce spectre de l’équivoque. De Platon à Deleuze, en passant par Nietzsche, Bergson ou Heidegger, nombreux sont ceux dont la pensée doit à l’équivoque. Le séminaire envisagera cette question dans son principe même : il cherchera à établir quel danger cherche à parer cet idéal maintes fois réaffirmé de l’univocité et quelle nécessité ne manque jamais de le battre en brèche.
L’une des faces de ce problème est bien sûr la question de l’interprétation des textes philosophiques, dont il semble, à en croire du moins les commentaires infiniment contradictoires qui en sont aussi fréquemment que rigoureusement donnés, que l’univocité leur fasse un essentiel défaut. Il ne s’agira pas seulement d’établir la cartographie des lieux équivoques (l’histoire de la philosophie est seulement l’un, peut-être le plus manifeste, d’entre eux), ou de repérer les figures ou procédés de langage par où ne s’engouffre jamais un sens unique mais d’interroger les raisons pour lesquelles une discipline de langage et de pensée éprouve régulièrement le besoin d’affirmer ce qu’elle sait pourtant impossible.

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Séminaire Philosophie/Arts et littérature

Équivoque philosophie

Bruno CLÉMENT

dateDate : 20/12/2018 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  O.K.

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https://form.jotformeu.com/CIPhFormulaires/sem_clement_s1_2018-19

lieu Adresse : Salle Maurice Allais, Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), 25 rue de la Montagne Sainte Geneviève, 75005 Paris

Résumé :


Derrida rappelle, dans La Mythologie blanche (1971) que la philosophie n’a jamais renoncé à l’univocité, cette « essence ou mieux ce telos du langage » dont il fait même « l’idéal » de la philosophie. « Il est la philosophie », dit-il. Le philosophe n’ignore évidemment pas que les mots dont il use puissent avoir plusieurs sens. Mais l’une de ses tâches – et elle est selon Derrida le préalable nécessaire à toute entreprise d’énonciation philosophique – est précisément d’établir les limites de cette polysémie, d’en signaler les occurrences, de faire en sorte que chacune « reste une et identifiable ». Derrida lui-même n’a pas manqué, dans ses prologues, de faire la part de cette polysémie. Certains de ses livres ne sont rien d’autre qu’une vaste et savante précaution sur ce thème. Comme si définir la polysémie, chercher ainsi à la contenir, n’était pas une condition de l’exercice philosophie, mais cet exercice même.
Derrida n’est pas le seul, bien sûr, que hante ce spectre de l’équivoque. De Platon à Deleuze, en passant par Nietzsche, Bergson ou Heidegger, nombreux sont ceux dont la pensée doit à l’équivoque. Le séminaire envisagera cette question dans son principe même : il cherchera à établir quel danger cherche à parer cet idéal maintes fois réaffirmé de l’univocité et quelle nécessité ne manque jamais de le battre en brèche.
L’une des faces de ce problème est bien sûr la question de l’interprétation des textes philosophiques, dont il semble, à en croire du moins les commentaires infiniment contradictoires qui en sont aussi fréquemment que rigoureusement donnés, que l’univocité leur fasse un essentiel défaut. Il ne s’agira pas seulement d’établir la cartographie des lieux équivoques (l’histoire de la philosophie est seulement l’un, peut-être le plus manifeste, d’entre eux), ou de repérer les figures ou procédés de langage par où ne s’engouffre jamais un sens unique mais d’interroger les raisons pour lesquelles une discipline de langage et de pensée éprouve régulièrement le besoin d’affirmer ce qu’elle sait pourtant impossible.

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Séminaire Philosophie/Arts et littérature

Équivoque philosophie

Bruno CLÉMENT

dateDate : 10/01/2019 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  En cours

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lieu Adresse : Salle Maurice Allais, Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), 25 rue de la Montagne Sainte Geneviève, 75005 Paris

Résumé :


Derrida rappelle, dans La Mythologie blanche (1971) que la philosophie n’a jamais renoncé à l’univocité, cette « essence ou mieux ce telos du langage » dont il fait même « l’idéal » de la philosophie. « Il est la philosophie », dit-il. Le philosophe n’ignore évidemment pas que les mots dont il use puissent avoir plusieurs sens. Mais l’une de ses tâches – et elle est selon Derrida le préalable nécessaire à toute entreprise d’énonciation philosophique – est précisément d’établir les limites de cette polysémie, d’en signaler les occurrences, de faire en sorte que chacune « reste une et identifiable ». Derrida lui-même n’a pas manqué, dans ses prologues, de faire la part de cette polysémie. Certains de ses livres ne sont rien d’autre qu’une vaste et savante précaution sur ce thème. Comme si définir la polysémie, chercher ainsi à la contenir, n’était pas une condition de l’exercice philosophie, mais cet exercice même.
Derrida n’est pas le seul, bien sûr, que hante ce spectre de l’équivoque. De Platon à Deleuze, en passant par Nietzsche, Bergson ou Heidegger, nombreux sont ceux dont la pensée doit à l’équivoque. Le séminaire envisagera cette question dans son principe même : il cherchera à établir quel danger cherche à parer cet idéal maintes fois réaffirmé de l’univocité et quelle nécessité ne manque jamais de le battre en brèche.
L’une des faces de ce problème est bien sûr la question de l’interprétation des textes philosophiques, dont il semble, à en croire du moins les commentaires infiniment contradictoires qui en sont aussi fréquemment que rigoureusement donnés, que l’univocité leur fasse un essentiel défaut. Il ne s’agira pas seulement d’établir la cartographie des lieux équivoques (l’histoire de la philosophie est seulement l’un, peut-être le plus manifeste, d’entre eux), ou de repérer les figures ou procédés de langage par où ne s’engouffre jamais un sens unique mais d’interroger les raisons pour lesquelles une discipline de langage et de pensée éprouve régulièrement le besoin d’affirmer ce qu’elle sait pourtant impossible.

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Séminaire Philosophie/Arts et littérature

Équivoque philosophie

Bruno CLÉMENT

dateDate : 17/01/2019 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  En cours

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https://form.jotformeu.com/CIPhFormulaires/sem_clement_s1_2018-19

lieu Adresse : Salle Maurice Allais, Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR), 25 rue de la Montagne Sainte Geneviève, 75005 Paris

Résumé :


Derrida rappelle, dans La Mythologie blanche (1971) que la philosophie n’a jamais renoncé à l’univocité, cette « essence ou mieux ce telos du langage » dont il fait même « l’idéal » de la philosophie. « Il est la philosophie », dit-il. Le philosophe n’ignore évidemment pas que les mots dont il use puissent avoir plusieurs sens. Mais l’une de ses tâches – et elle est selon Derrida le préalable nécessaire à toute entreprise d’énonciation philosophique – est précisément d’établir les limites de cette polysémie, d’en signaler les occurrences, de faire en sorte que chacune « reste une et identifiable ». Derrida lui-même n’a pas manqué, dans ses prologues, de faire la part de cette polysémie. Certains de ses livres ne sont rien d’autre qu’une vaste et savante précaution sur ce thème. Comme si définir la polysémie, chercher ainsi à la contenir, n’était pas une condition de l’exercice philosophie, mais cet exercice même.
Derrida n’est pas le seul, bien sûr, que hante ce spectre de l’équivoque. De Platon à Deleuze, en passant par Nietzsche, Bergson ou Heidegger, nombreux sont ceux dont la pensée doit à l’équivoque. Le séminaire envisagera cette question dans son principe même : il cherchera à établir quel danger cherche à parer cet idéal maintes fois réaffirmé de l’univocité et quelle nécessité ne manque jamais de le battre en brèche.
L’une des faces de ce problème est bien sûr la question de l’interprétation des textes philosophiques, dont il semble, à en croire du moins les commentaires infiniment contradictoires qui en sont aussi fréquemment que rigoureusement donnés, que l’univocité leur fasse un essentiel défaut. Il ne s’agira pas seulement d’établir la cartographie des lieux équivoques (l’histoire de la philosophie est seulement l’un, peut-être le plus manifeste, d’entre eux), ou de repérer les figures ou procédés de langage par où ne s’engouffre jamais un sens unique mais d’interroger les raisons pour lesquelles une discipline de langage et de pensée éprouve régulièrement le besoin d’affirmer ce qu’elle sait pourtant impossible.

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