AGENDA

  •   Séminaires
  •   Colloques, Conférences, Rencontres
  •   Samedi, Débat autour d’un livre, Forums
Chargement…
Problème de Chargement…

Journée d'étude 

Dialogue sur le nihilisme juridique

Marco FIORAVANTI

dateDate : 15/11/2018 heure Début : 10h -> Fin : 15h  O.K.

lieu Adresse : Salle à préciser, Université de « Roma Tre », Faculté de Droit, Via Ostiense, 163, Rome (Italie)

Résumé : Journée d'étude organisée en collaboration avec la Chaire « Alessandro Galante Garrone » de l'Université du Piémont Oriental et la Faculté de Droit de l'Université de Rome Tre.


Déjà présent, ante litteram, dans le positivisme formaliste de Kelsen, le spectre du nihilisme a fini par être explicitement évoqué, au crépuscule du siècle dernier, même par la plume des juristes. Pire : dans un livre publié en 2004, qui vient de sortir en version française chez Dalloz, un important juriste italien, Natalino Irti, académicien des « Lincei », ne se limite pas à prononcer la formule scandaleuse « Nichilismo giuridico », qui donne le titre à l’ouvrage ; il considère, de façon plus radicale, le nihilisme comme « le destin du droit à notre époque ».
Selon Irti, après avoir perdu la solidité et le poids que lui conféraient des narrations fortes le liant à Dieu, à la Nature, à la Raison, à la Tradition, à la Nation, et qui lui octroyaient une identité spécifique et hiératique, le droit se serait dissout, entièrement absorbé par le politique et l’économique, en clair par le pouvoir et le marché : « Tout ce qui garantissait l’unité et la vérité du droit appartient désormais au passé […] Il ne reste aujourd’hui que la production et la consommation incessante de normes », qui « sont issues de la domination exclusive et totale de la volonté humaine ». Celles-ci, « comme n’importe quel bien marchand, sont “produites” : elles proviennent du néant et peuvent être réexpédiées dans ce néant ». Il n’existe pas un « où » vers lequel tend la machine productrice de normes : il suffit qu’elle fonctionne et réponde au besoin de la causalité plus fluctuante. Bref, un droit sans destination.
Comment faut-il interpréter ces questionnements et ces diagnostics nihilistes, dont le langage même avec lequel ils sont formulés – production, consommation, bien marchand, domination, machine – révèle l’abdication du droit au profit du lexique et de la logique propres à l’économie et à une politique aveugle, réduite au simple exercice du pouvoir ? Est-ce que c’est vraiment le droit en tant que tel qui est en train de se diriger vers sa fin ou ne serait-ce pas plutôt un certain droit, une certaine manière de concevoir le droit et, donc, la science juridique qui est en train de s’éclipser ?





Intervenants : Paolo Alvazzi del Frate (Université de Rome Tre), Marco Fioravanti (CIPh et Université de Rome « Tor Vergata »), Nader Hakim (Université de Bordeaux), Natalino Irti, (Acedémicien de « Lincei » et Université « Sapienza » de Rome), Massimo Vogliotti (Universitè du Piémont Oriéntal), Gustavo Zagrebelsky (ancien président de la Cour Constitutionnelle italienne et Université de Turin).

Cette journée d'étude fera l'objet d'un programme détaillé.

>> Partager

    image philosophie