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Conférence 

La conception anarchiste du vivant

Jean-Jacques KUPIEC

dateDate : 18/06/2019 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  O.K.

lieu Adresse : Salle des Mariages, Mairie du 4ème arrondissement de Paris, 2 place Baudoyer, 75004 Paris

Résumé : Conférence organisée avec le soutien de la Mairie du 4ème arrondissement de Paris.


Depuis l'Antiquité, le vivant est source d’innombrables débats. Différentes théories ont prévalu à différentes époques. Mais, l'opinion selon laquelle la vie est un phénomène déterministe a toujours dominé. Avec la génétique et la biologie moléculaire, l’être vivant a été conçu comme la réalisation d'un plan codé dans le génome, toute l’activité cellulaire supposée dirigée par le programme génétique et dévouée au bien-être de l'organisme. Cette théorie a perpétué la tradition finaliste qui fait du développement embryonnaire un processus démarrant avec l’œuf et finissant avec l’être adulte, chaque étape intermédiaire n’étant que préparatoire à l’étape finale. L’exécution de ce programme se ferait grâce aux instructions du génome, transmises par des protéines spécifiques agissant comme des signaux, auxquelles les cellules obéiraient. Cette théorie est caduque. D’une part, elle ne résout pas la contradiction de la génétique qui oscille entre un préformationnisme basé sur un génome tout-puissant et une épigenèse qui remet en selle l’environnement. D’autre part, elle ne tient pas compte de la variabilité stochastique généralisée qui sévit dans le vivant. La théorie anarchiste du vivant rompt avec le déterminisme. Selon elle, le fonctionnement des cellules est intrinsèquement probabiliste ce qui leur permet de se différencier spontanément. Elles le font en s’associant par intérêt mutuel et en s’adaptant à leur milieu intérieur au sein de la société cellulaire. Dans cette perspective, le développement embryonnaire n'est pas orienté vers un objectif. Les cellules ne se différencient pas pour former un corps vivant. Elles s’adaptent à leurs conditions de vie locales. Elles n’exécutent pas passivement le programme génétique, mais s'associent librement, en tenant compte des contraintes qui les affectent collectivement. L’être vivant individuel qui émerge comme un tout fonctionnel intégré est un produit secondaire de l'activité primaire locale des cellules.
Jean-Jacques Kupiec est biologiste. Il a d’abord pratiqué la biologie moléculaire à l’INSERM, puis l’histoire et la philosophie de la biologie à l’ENS (Paris). Il est l’auteur d’une théorie qui remet en cause de manière radicale la vision du vivant héritée de la génétique. Il a publié plusieurs ouvrages qui ont eu un grand écho :  Ni Dieu, ni gène (avec Pierre Sonigo, Seuil, 2003), L’Origine des individus (Fayard, 2008), L’Ontophylogenèse. Évolution des espèces et développement de l'individu (Quae-INRA, 2012). À paraître à l’automne 2019 : La Conception anarchiste du vivant (LLL).

Discutant : Jérôme Rosanvallon, directeur de programme au CIPh. Son séminaire de cette année s'intitule « Biogenèse, ontophylogenèse et mondes possibles » (voir p. 61)



Programmation coordonnée par
Isabelle Alfandary, Carlos Lobo et Jérôme Rosanvallon.

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