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Séminaire Philosophie/Politique et société

Courtoisie sans cour ? Civilité et vulgarité avant et après la Révolution française

Spyridon TEGOS

dateDate : 23/01/2020 heure Début : 18h30 -> Fin : 20h30  O.K.

lieu Adresse : Le Maltais Rouge, 40 rue de Malte, 75011 Paris

Résumé :


Dans la littérature récente, il y a une lacune sur la postérité post-révolutionnaire du statut de la civilité et de la vulgarité. Dans cette troisième année de séminaire, nous explorons le destin de la satire des manières, de Sophie de Grouchy à Tocqueville, sur fond de transition d’un contexte aristocratique vers un contexte révolutionnaire. Nous défendons la thèse que le projet d’une civilité française post-révolutionnaire conçu par Condorcet, relayé par des tenants d’un républicanisme modéré réconcilié avec le commerce moderne, est inspiré d’Adam Smith. Durant la Révolution française, Condorcet et son cercle avaient déjà entamé la discussion du coût psychique et matériel de la domination royaliste qui structure la société de cour. La servilité généralisée – censée régner sous l’Ancien Régime – est interprétée par Sophie de Grouchy comme une catégorie politique. Ainsi la vulgarité se trouve-t-elle étroitement liée à une nouvelle conception de l’autorité démocratique.
Madame de Staël constitue une étape nécessaire dans l’histoire de la civilité en France et surtout dans la transition vers une civilité postrévolutionnaire. Sa tentative de réfléchir sur la question : « Qu’est-ce qu’une civilité républicaine ? » la conduit à revisiter tout l’héritage classique et surtout à réécrire l’histoire du rôle sociopolitique de la politesse sous l’Ancien Régime. Depuis ses textes précoces jusqu’au De la Littérature et De l’Allemagne, elle tente de rendre compatibles manières et républicanisme modéré. Le vrai esprit républicain doit éviter le jacobinisme, dont la rusticité s’inscrit au plus profond du corps (De la littérature, I-ii). C’est précisément elle qui a inventé en français le mot vulgarité – dans De la littérature – ce qui pose bien le problème des manières en régime démocratique. Se manifeste ainsi une grande angoisse, tant théorique que politique : est-ce qu’en démocratie la politesse, les manières, la civilité, l’élégance et la délicatesse sont vouées à être noyées sous la vulgarité d’un peuple d’autant plus arrogant et brutal qu’il est souverain ?
D'autres séances sont envisagées à l'université d'Athènes
et seront précisées ultérieurement.





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Séminaire Philosophie/Politique et société

Courtoisie sans cour ? Civilité et vulgarité avant et après la Révolution française

Spyridon TEGOS

dateDate : 24/01/2020 heure Début : 14h -> Fin : 16h30  Report du 3/12

lieu Adresse : Salle 4, EHESS, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris

Résumé :


Dans la littérature récente, il y a une lacune sur la postérité post-révolutionnaire du statut de la civilité et de la vulgarité. Dans cette troisième année de séminaire, nous explorons le destin de la satire des manières, de Sophie de Grouchy à Tocqueville, sur fond de transition d’un contexte aristocratique vers un contexte révolutionnaire. Nous défendons la thèse que le projet d’une civilité française post-révolutionnaire conçu par Condorcet, relayé par des tenants d’un républicanisme modéré réconcilié avec le commerce moderne, est inspiré d’Adam Smith. Durant la Révolution française, Condorcet et son cercle avaient déjà entamé la discussion du coût psychique et matériel de la domination royaliste qui structure la société de cour. La servilité généralisée – censée régner sous l’Ancien Régime – est interprétée par Sophie de Grouchy comme une catégorie politique. Ainsi la vulgarité se trouve-t-elle étroitement liée à une nouvelle conception de l’autorité démocratique.
Madame de Staël constitue une étape nécessaire dans l’histoire de la civilité en France et surtout dans la transition vers une civilité postrévolutionnaire. Sa tentative de réfléchir sur la question : « Qu’est-ce qu’une civilité républicaine ? » la conduit à revisiter tout l’héritage classique et surtout à réécrire l’histoire du rôle sociopolitique de la politesse sous l’Ancien Régime. Depuis ses textes précoces jusqu’au De la Littérature et De l’Allemagne, elle tente de rendre compatibles manières et républicanisme modéré. Le vrai esprit républicain doit éviter le jacobinisme, dont la rusticité s’inscrit au plus profond du corps (De la littérature, I-ii). C’est précisément elle qui a inventé en français le mot vulgarité – dans De la littérature – ce qui pose bien le problème des manières en régime démocratique. Se manifeste ainsi une grande angoisse, tant théorique que politique : est-ce qu’en démocratie la politesse, les manières, la civilité, l’élégance et la délicatesse sont vouées à être noyées sous la vulgarité d’un peuple d’autant plus arrogant et brutal qu’il est souverain ?
D'autres séances sont envisagées à l'université d'Athènes
et seront précisées ultérieurement.





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