Podcasts

La Chambre d’à côté. Le décadrage absolu de Melville à Scorses de Marie Gil

Éditions Hermann, Paris, 2017


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. d’Isabelle Alfandary.
Intervenants : Isabelle Alfandary, Thomas Clerc, Laurent Folliot, Marie Gil.

22-06-2019

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Dialectique de la pop d’Agnès Gayraud

Éditions La Découverte, collection « La Rue Musicale », Paris, 2018


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Pierre Arnoux.
Intervenants : Pierre Arnoux, Agnès Gayraud, Richard Mèmeteau, Gilles Moutot.

15-06-2019

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Jean-Michel Claverie : Les virus géants : remue-ménage et remue-méninges en biologie

Conférence
Il y a plus d’un siècle, la notion de « virus » a été introduite pour désigner des agents infectieux invisibles au microscope, incultivables, et seuls capables de traverser les filtres de porcelaine de Chamberland. La Virologie s’est alors développée comme l’étude de ces entités biologiques infinitésimales, dotées de génomes minimaux et entièrement dépendant des fonctions cellulaires pour se multiplier.
Véritable pied de nez à la programmation de la recherche, les quinze dernières années ont vu la découverte de quatre familles de « virus géants », aussi gros que des cellules et possédant autant de gènes que de bactéries. Pire, la plupart de ces gènes n’ont aucune parenté avec le reste du Vivant.
Comment la vision établie du monde microbien a pu être à ce point chamboulée en quinze ans par une poignée de laboratoires est désormais une question pour les épistémologistes. Nous verrons que les quatre « obstacles épistémologiques » bachelardiens (l’expérience première, l’inertie du savoir, la généralisation prématurée, mais aussi l’obstacle verbal) expliquent plus d’un siècle d’aveuglement.
Mais la révolution n’est pas que factuelle. L’existence même des virus géants et l’étrangeté de leur contenu génétique, nous font douter de la capacité du néodarwinisme à rendre compte de l’inventivité du monde microbien. Nourrie de nombreux apports pluridisciplinaires autant que du « big data » de la génomique environnementale, la mise en examen du scénario classique de l’évolution biologique déclenchée par « l’affaire » des virus géants apparaît de plus en plus inévitable.

Jean-Michel Claverie, est professeur/praticien hospitalier à l’Université d’Aix-Marseille. Il y a dirigé l’Institut de Microbiologie de la Méditerranée et le laboratoire Information Génomique et Structurale jusqu’en 2017. Il est connu pour sa découverte des premiers virus « géants » dont il a ensuite démontré la diversité et la capacité à survivre des millénaires dans le sol sibérien. Il se consacre désormais à l’élucidation des paradoxes évolutifs qui entourent leur existence. Pionnier de la Bio-Informatique, il est co-auteur de 230 articles scientifiques et du best-seller « Bioinformatics for Dummies » (Wiley, 2003).

Discutant : Jérôme Rosanvallon, directeur de programme au CIPh. Son séminaire de cette année s’intitule « Biogenèse, ontophylogenèse et mondes possibles » (voir p. 61)

14-05-2019

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Jean-Jacques Kupiec : La conception anarchiste du vivant

Conférence
Depuis l’Antiquité, le vivant est source d’innombrables débats. Différentes théories ont prévalu à différentes époques. Mais, l’opinion selon laquelle la vie est un phénomène déterministe a toujours dominé. Avec la génétique et la biologie moléculaire, l’être vivant a été conçu comme la réalisation d’un plan codé dans le génome, toute l’activité cellulaire supposée dirigée par le programme génétique et dévouée au bien-être de l’organisme. Cette théorie a perpétué la tradition finaliste qui fait du développement embryonnaire un processus démarrant avec l’œuf et finissant avec l’être adulte, chaque étape intermédiaire n’étant que préparatoire à l’étape finale. L’exécution de ce programme se ferait grâce aux instructions du génome, transmises par des protéines spécifiques agissant comme des signaux, auxquelles les cellules obéiraient. Cette théorie est caduque. D’une part, elle ne résout pas la contradiction de la génétique qui oscille entre un préformationnisme basé sur un génome tout-puissant et une épigenèse qui remet en selle l’environnement. D’autre part, elle ne tient pas compte de la variabilité stochastique généralisée qui sévit dans le vivant. La théorie anarchiste du vivant rompt avec le déterminisme. Selon elle, le fonctionnement des cellules est intrinsèquement probabiliste ce qui leur permet de se différencier spontanément. Elles le font en s’associant par intérêt mutuel et en s’adaptant à leur milieu intérieur au sein de la société cellulaire. Dans cette perspective, le développement embryonnaire n’est pas orienté vers un objectif. Les cellules ne se différencient pas pour former un corps vivant. Elles s’adaptent à leurs conditions de vie locales. Elles n’exécutent pas passivement le programme génétique, mais s’associent librement, en tenant compte des contraintes qui les affectent collectivement. L’être vivant individuel qui émerge comme un tout fonctionnel intégré est un produit secondaire de l’activité primaire locale des cellules.

Jean-Jacques Kupiec est biologiste. Il a d’abord pratiqué la biologie moléculaire à l’INSERM, puis l’histoire et la philosophie de la biologie à l’ENS (Paris). Il est l’auteur d’une théorie qui remet en cause de manière radicale la vision du vivant héritée de la génétique. Il a publié plusieurs ouvrages qui ont eu un grand écho : Ni Dieu, ni gène (avec Pierre Sonigo, Seuil, 2003), L’Origine des individus (Fayard, 2008), L’Ontophylogenèse. Évolution des espèces et développement de l’individu (Quae-INRA, 2012). À paraître à l’automne 2019 : La Conception anarchiste du vivant (LLL).

Discutant : Jérôme Rosanvallon, directeur de programme au CIPh. Son séminaire de cette année s’intitule « Biogenèse, ontophylogenèse et mondes possibles »

18-06-2019

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Danny Trom : Les juifs et la politique : une tradition politique sans philosophie

Conférence
Notre vision politique moderne doit l’essentiel à Athènes, Jérusalem ayant été projeté dans un Royaume céleste. Les juifs, ceux qui revendiquent l’héritage d’Israël par lignage, sont-ils alors dépourvus de toute vision politique du monde ? En découle la question débattue de savoir s’il existe, en l’absence de toute philosophie politique, une tradition politique juive. Un détour s’impose : les juifs ont une longue expérience politique et ont, empiriquement, développé des pratiques collectives de survie. Elles sont suffisamment homogènes et constantes pour en extraire une proto-théorie politique et sonder la manière dont elle s’est articulée aux transformations de la politique souveraine en Europe.

Danny Trom, est chercheur au CNRS, rattaché au LIER-CYT et chercheur associé au Centre d’études juives, laboratoires de l’EHESS.

Discutant : Marc Goldschmit, directeur de programme au CIPh.

13-11-2019

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Mémoire orale

La mémoire orale est le florilège des enregistrements sonores des activités du Collège que vous pouvez écouter dans les locaux du CIPh.
L’audiothèque est ouverte du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 16h et fermée le mercredi après-midi.
NB : Les cassettes des années 1992 à 2009 inclus ne sont actuellement pas disponibles à l’écoute.

31-10-2019

Liste des enregistrements sonores du CIPh