Podcasts

Mémoire orale

La mémoire orale est le florilège des enregistrements sonores des activités du Collège que vous pouvez écouter dans les locaux du CIPh.
L’audiothèque est ouverte du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 14h à 16h et fermée le mercredi après-midi.
NB : Les cassettes des années 1992 à 2009 inclus ne sont actuellement pas disponibles à l’écoute.

31-10-2019

Liste des enregistrements sonores du CIPh

La Chambre d’à côté. Le décadrage absolu de Melville à Scorses de Marie Gil

Éditions Hermann, Paris, 2017


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. d’Isabelle Alfandary.
Intervenants : Isabelle Alfandary, Thomas Clerc, Laurent Folliot, Marie Gil.

22-06-2019

Écouter ce samedi

Dialectique de la pop d’Agnès Gayraud

Éditions La Découverte, collection « La Rue Musicale », Paris, 2018


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Pierre Arnoux.
Intervenants : Pierre Arnoux, Agnès Gayraud, Richard Mèmeteau, Gilles Moutot.

15-06-2019

Écouter ce samedi

Jean-Michel Claverie : Les virus géants : remue-ménage et remue-méninges en biologie

Conférence
Il y a plus d’un siècle, la notion de « virus » a été introduite pour désigner des agents infectieux invisibles au microscope, incultivables, et seuls capables de traverser les filtres de porcelaine de Chamberland. La Virologie s’est alors développée comme l’étude de ces entités biologiques infinitésimales, dotées de génomes minimaux et entièrement dépendant des fonctions cellulaires pour se multiplier.
Véritable pied de nez à la programmation de la recherche, les quinze dernières années ont vu la découverte de quatre familles de « virus géants », aussi gros que des cellules et possédant autant de gènes que de bactéries. Pire, la plupart de ces gènes n’ont aucune parenté avec le reste du Vivant.
Comment la vision établie du monde microbien a pu être à ce point chamboulée en quinze ans par une poignée de laboratoires est désormais une question pour les épistémologistes. Nous verrons que les quatre « obstacles épistémologiques » bachelardiens (l’expérience première, l’inertie du savoir, la généralisation prématurée, mais aussi l’obstacle verbal) expliquent plus d’un siècle d’aveuglement.
Mais la révolution n’est pas que factuelle. L’existence même des virus géants et l’étrangeté de leur contenu génétique, nous font douter de la capacité du néodarwinisme à rendre compte de l’inventivité du monde microbien. Nourrie de nombreux apports pluridisciplinaires autant que du « big data » de la génomique environnementale, la mise en examen du scénario classique de l’évolution biologique déclenchée par « l’affaire » des virus géants apparaît de plus en plus inévitable.

Jean-Michel Claverie, est professeur/praticien hospitalier à l’Université d’Aix-Marseille. Il y a dirigé l’Institut de Microbiologie de la Méditerranée et le laboratoire Information Génomique et Structurale jusqu’en 2017. Il est connu pour sa découverte des premiers virus « géants » dont il a ensuite démontré la diversité et la capacité à survivre des millénaires dans le sol sibérien. Il se consacre désormais à l’élucidation des paradoxes évolutifs qui entourent leur existence. Pionnier de la Bio-Informatique, il est co-auteur de 230 articles scientifiques et du best-seller « Bioinformatics for Dummies » (Wiley, 2003).

Discutant : Jérôme Rosanvallon, directeur de programme au CIPh. Son séminaire de cette année s’intitule « Biogenèse, ontophylogenèse et mondes possibles » (voir p. 61)

14-05-2019

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Jean-Jacques Kupiec : La conception anarchiste du vivant

Conférence
Depuis l’Antiquité, le vivant est source d’innombrables débats. Différentes théories ont prévalu à différentes époques. Mais, l’opinion selon laquelle la vie est un phénomène déterministe a toujours dominé. Avec la génétique et la biologie moléculaire, l’être vivant a été conçu comme la réalisation d’un plan codé dans le génome, toute l’activité cellulaire supposée dirigée par le programme génétique et dévouée au bien-être de l’organisme. Cette théorie a perpétué la tradition finaliste qui fait du développement embryonnaire un processus démarrant avec l’œuf et finissant avec l’être adulte, chaque étape intermédiaire n’étant que préparatoire à l’étape finale. L’exécution de ce programme se ferait grâce aux instructions du génome, transmises par des protéines spécifiques agissant comme des signaux, auxquelles les cellules obéiraient. Cette théorie est caduque. D’une part, elle ne résout pas la contradiction de la génétique qui oscille entre un préformationnisme basé sur un génome tout-puissant et une épigenèse qui remet en selle l’environnement. D’autre part, elle ne tient pas compte de la variabilité stochastique généralisée qui sévit dans le vivant. La théorie anarchiste du vivant rompt avec le déterminisme. Selon elle, le fonctionnement des cellules est intrinsèquement probabiliste ce qui leur permet de se différencier spontanément. Elles le font en s’associant par intérêt mutuel et en s’adaptant à leur milieu intérieur au sein de la société cellulaire. Dans cette perspective, le développement embryonnaire n’est pas orienté vers un objectif. Les cellules ne se différencient pas pour former un corps vivant. Elles s’adaptent à leurs conditions de vie locales. Elles n’exécutent pas passivement le programme génétique, mais s’associent librement, en tenant compte des contraintes qui les affectent collectivement. L’être vivant individuel qui émerge comme un tout fonctionnel intégré est un produit secondaire de l’activité primaire locale des cellules.

Jean-Jacques Kupiec est biologiste. Il a d’abord pratiqué la biologie moléculaire à l’INSERM, puis l’histoire et la philosophie de la biologie à l’ENS (Paris). Il est l’auteur d’une théorie qui remet en cause de manière radicale la vision du vivant héritée de la génétique. Il a publié plusieurs ouvrages qui ont eu un grand écho : Ni Dieu, ni gène (avec Pierre Sonigo, Seuil, 2003), L’Origine des individus (Fayard, 2008), L’Ontophylogenèse. Évolution des espèces et développement de l’individu (Quae-INRA, 2012). À paraître à l’automne 2019 : La Conception anarchiste du vivant (LLL).

Discutant : Jérôme Rosanvallon, directeur de programme au CIPh. Son séminaire de cette année s’intitule « Biogenèse, ontophylogenèse et mondes possibles »

18-06-2019

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Danny Trom : Les juifs et la politique : une tradition politique sans philosophie

Conférence
Notre vision politique moderne doit l’essentiel à Athènes, Jérusalem ayant été projeté dans un Royaume céleste. Les juifs, ceux qui revendiquent l’héritage d’Israël par lignage, sont-ils alors dépourvus de toute vision politique du monde ? En découle la question débattue de savoir s’il existe, en l’absence de toute philosophie politique, une tradition politique juive. Un détour s’impose : les juifs ont une longue expérience politique et ont, empiriquement, développé des pratiques collectives de survie. Elles sont suffisamment homogènes et constantes pour en extraire une proto-théorie politique et sonder la manière dont elle s’est articulée aux transformations de la politique souveraine en Europe.

Danny Trom, est chercheur au CNRS, rattaché au LIER-CYT et chercheur associé au Centre d’études juives, laboratoires de l’EHESS.

Discutant : Marc Goldschmit, directeur de programme au CIPh.

13-11-2019

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La Médecine de l’Encyclopédie. Entre tradition et modernité de Gilles Barroux

Éditions CNRS, Paris, 2017


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Isabelle Alfandary.
Intervenants : Gilles Barroux, Chantal Delourme, Marie Gaille, Stéphane Pujol.

27-01-2018

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Cassirer, du transcendantal au sémiotique de Jean Lassègue

Éditions Hermann, collection "Mathesis", Paris, 2016


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Philippe Lacour.
Intervenants : Philippe Lacour, Jean Lassègue, François Rastier.

27-01-2018

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Les voies du peuple. Éléments d’une histoire conceptuelle de Gérard Bras

Éditions Amsterdam, Paris, 2018


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Vittorio Morfino.
Intervenants : Bruno Bernardi, Gérard Bras, Déborah Cohen, Vittorio Morfino.

24-11-2018

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Punir. Une passion contemporaine de Didier Fassin

Éditions du Seuil, Paris, 2017


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Christophe Béal.
Intervenants : Christophe Béal, Luigi Delia, Didier Fassin, Raphaelle Théry.

13-01-2018

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Les Bords de la fiction de Jacques Rancière

Éditions du Seuil, collection "La librairie du XXIe siècle", Paris, 2017


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Bernard Aspe.
Intervenants : Bernard Aspe, Patricia Atzei, Oliver Feltham, Jacques Rancière.

10-02-2018

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Rousseau et la critique de l’économie politique de Céline Spector

Éditions Presses universitaires de Bordeaux, collection "Histoire des Pensées",Bordeaux, 2017


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Luigi Delia.
Intervenants : Philippe Audegean, Claire Pignol, Martin Rueff, Céline Spector.

10-03-2018

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De la marge au centre. Théorie féministe de Bell Hooks

Éditions Cambourakis, collection "Sorcières", Paris, 2017


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Valérie Gérard.
Intervenants : Valérie Gérard, Nassira Hedjerassi, Yala Kisukidi, Mara Montanaro.

24-03-2018

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Carlo Rovelli : L’ordre du temps


Conférence

La nature du Temps reste l’un des grands mystères ouverts. La physique nous a appris que le temps se comporte de façon très différente de notre intuition : il passe à différentes vitesses selon l’altitude, il ne fait pas de distinction entre passé et futur, il est lié à la gravité et à la chaleur, et ne permet pas de définir un « présent » global de l’univers. Les théories courantes de la gravité quantique arrivent même à éliminer entièrement la variable « temps » des équations fondamentales. Ces résultats nous indiquent que le temps de notre expérience est une notion très stratifiée, formée de couches différentes avec des origines diverses. Peut-être devons-nous même, pour le comprendre, explorer nos émotions, plus que la physique.


Discutant : Jérôme Rosanvallon

14-06-2018

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(De) Lula - (à) Bolsonaro : trajectoires brésiliennes, situation actuelle et perspectives pour l’avenir

Forum

Sous la resp. de Christian Laval, Antonio Novoa, Diogo Sardinha et Rafael Valim.

11-12-2018

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Recommencer de Mathieu Potte-Bonneville

Éditions Verdier, Lagrasse, 2018


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Isabelle Alfandary et Claire Pagès.
Intervenants : Isabelle Alfandary, Claire Pagès, Mathieu Potte-Bonneville.

15-12-2018

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Derrida-Lacan. L’écriture entre psychanalyse et déconstruction d’Isabelle Alfandary

Éditions Hermann, collection "Philosophie", Paris, 2016


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Marie Gil.
Intervenants : Isabelle Alfandary, Marie Gil, Claire Pagès, Jacob Rogozinski.

10-02-2018

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Détrôner l’Être. Wittgenstein antiphilosophe ? (en réponse à Alain Badiou) d’Antonia Soulez

Éditions Lambert-Lucas, collection "Le Discours philosophique", 2016


Samedi débat autour d’un livre

Sous la resp. de Marc Pavlopoulos.
Intervenants : Pascale Gillot, Patrice Loraux, Marc Pavlopoulos, Antonia Soulez.

09-06-2018

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Alain Prochiantz : Qu’est-ce qu’être soi ?


Conférence

Le vivant se construit par l’assemblage d’éléments qui participent à la formation d’intégrons d’ordre supérieur : molécules, cellules, individus, groupes sociaux. Au niveau individuel, le remplacement ou la modification de ces différentes structures biologiques tout au long de la vie force à s’interroger sur ce que l’on entend par « être soi ». Le conférencier traitera cette question dans une perspective évolutive et développementale à partir des données récentes en neurobiologie.


Discutant : Carlos Lobo

04-04-2018

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Etienne Klein : Qui est légitime
à parler du temps ?


Conférence

Au fond, à quoi le temps ressemble-t-il vraiment ? Est-il comme notre langage le raconte ou le métaphorise ? Comme nous croyons le percevoir ou le vivre ? Comme le représentent les physiciens ? Comme le pensent les philosophes ?
En somme, qui a autorité pour en parler le mieux, avec les arguments les plus forts, tirés des plus hautes sources ? Qui peut se prévaloir d’avoir mis la main sur lui ? À quelles thèses le concernant accorder sa confiance ?


Introduction par Ariel Weil, maire du 4ème arrondissement de Paris.
Discutant : Jérôme Rosanvallon

03-05-2018

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Michele Saporiti : "L’Europe des droits fondamentaux à l’épreuve du “limes” (frontière) de ses Etats"

Conférence
"Les grands flux de migrants et les événements récents dans la Méditerranée nous obligent à réfléchir aux rapports entre la logique des droits fondamentaux et celle du “limes” (frontière) étatique. Ces derniers mois, un contraste délicat et profond est apparu entre ces deux logiques ; un contraste qui oppose la prétention d’inviolabilité de la frontière de chaque Etat à la vulnérabilité de la vie des migrants. Or, les droits fondamentaux de chaque individu ont engendré une métamorphose irréversible des concepts à travers lesquels l’Europe s’est conçue. Parmi ces concepts, l’idée de souveraineté étatique, déjà transformée par la construction européenne, doit être à nouveau repensée à partir des droits de ces hommes qui viennent d’au-delà de l’Europe."

26-09-2018

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Bernard Stiegler : La difficulté de panser

Conférence
Dans un contexte que l’on dit à présent marqué par la « post-vérité » et la « post-démocratie », dont la sidérante incarnation est le président Trump, et qui nous donne à croire que l’Anthropocène parvenant à son destin eschatologique s’accomplit comme nihilisme absolu en lieu et place du « savoir absolu » – ce que nous présenterons comme un processus de dénoétisation, c’est-à-dire de prolétarisation totale, qui affecte tout le monde, et Trump plus que quiconque, et ses électeurs comme les nôtres, et nous avec eux –, il est légitime de se demander à nouveau : qu’appelle-t-on penser ?
La pensée doit cependant être ici conçue et soignée d’abord – et elle-même avant tout – comme un pansement sur une blessure qui ne guérit jamais tout à fait. Cette blessure, qui est ce que le mathématicien et biologiste Alfred Lotka aura décrit comme un processus d’exosomatisation, exige de repanser la pensée comme « Sorge », comme soin, au sens d’une therapeia, de ce que Foucault appelait une « technique de soi et des autres », mais sans se laisser enfermer ni dans ce qui aura conduit Heidegger au pire, ni dans l’eau tiède du « care ». 
Discutants : Ghislain Deslandes et Luca Paltrinieri

04-10-2018

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Henri Atlan : Aller-retour de la biologie contemporaine et des neurosciences cognitives à l’Éthique de Spinoza

Conférence
Les avancées de la biologie contemporaine renouvellent la façon de poser les problèmes philosophiques classiques du rapport entre le vivant et l’inanimé, le corps et l’esprit, l’erreur et la vérité. Bien qu’elle date du XVIIe siècle, la philosophie de Spinoza apporte à ces problèmes des solutions plus pertinentes que la plupart des philosophies plus récentes. En retour, les acquis actuels des sciences physiques et biologiques, notamment des neurosciences cognitives, permettent de porter un nouveau regard sur certaines notions propres à la philosophie de Spinoza, telles que sa « petite physique », la nature cause de soi, la notion de matière, l’essence des choses, les genres de connaissance, qui acquièrent de ce fait un surcroît d’actualité.

Henri Atlan est à la fois médecin, biologiste et philosophe. Ancien chef de service à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu à Paris, il est professeur émérite de biophysique, fondateur et ancien directeur du Centre de recherche en biologie humaine à l’hôpital Hadassah de Jérusalem et directeur d’études en philosophie de la biologie à l’EHESS. Il a notamment publié L’Organisation biologique et la théorie de l’information (Hermann, 1972, rééd. Seuil, 2006), Entre le cristal et la fumée, Les Étincelles de hasard, tome 1 et 2 (Seuil, 1979, 1999 et 2003), Le Vivant post-génomique (Odile Jacob, 2011), Croyances (Autrement, 2014) et Cours de philosophie biologique et cognitiviste. Spinoza et la biologie actuelle (Odile Jacob, 2018).

Discutant : Jérôme Rosanvallon est directeur de programme au CIPh. Son séminaire de cette année portera sur les rapports de la philosophie de Deleuze et Guattari à la biologie contemporaine.

22-11-2018

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David Rabouin : Éléments de métaphysique locale

Conférence
La fin du XIXe siècle et le début du XXe ont marqué l’abandon progressif d’un certain nombre d’absolus : théorie de l’évolution, théorie de la relativité, mécanique quantique, géométries non-euclidiennes ou théorèmes d’incomplétude de Gödel, pour ne citer que quelques moments particulièrement célèbres et structurants, ont été autant d’étapes décisives de ce développement. Singeant le titre d’un livre de Bouligand et Desgranges paru en 1950, on pourrait appeler ce mouvement « le déclin des absolus scientifiques ». Or ces abandons multiples et ce déclin annoncé ont été autant de gain en termes d’ajustement de nos connaissances dès lors qu’on y fait droit à la relativité des perspectives locales comme structure de notre rapport au monde. Je voudrais dans cet exposé esquisser le type de métaphysique que réclame cette approche locale et dont les travaux récents des logiciens dessinent la figure inédite de pensée.

David Rabouin est chargé de recherche au laboratoire SPHERE (UMR 7219, CNRS – Université Paris Diderot). Il travaille sur l’histoire et la philosophie des mathématiques à l’âge classique, en particulier sur Descartes, Spinoza et Leibniz. Il a publié : Mathesis universalis. L’idée de « mathématique universelle » d’Aristote à Descartes (Paris, P.U.F., 2009), Vivre ici. Spinoza, éthique locale (Paris, P.U.F., 2010), G.W. Leibniz, Interrelations between Mathematics and Philosophy (avec Norma B. Goethe et Philip Beeley, Springer Verlag, 2015) et, plus récemment, Leibniz. Mathesis universalis – Écrits sur la mathématique universelle (Paris, Vrin, 2018).

Discutant : Carlos Lobo est philosophe et traducteur. Directeur de programme au CIPh et membre du Centre de philosophie des sciences de l’Université de Lisbonne.

20-12-2018

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Jean Maurel : La diagonale du pas. Du progrès oblique

Séminaire
Proposer un assez chaotique, hésitant et incertain parcours, à tort et à travers, qui semblerait mener des Grecs à Quasimodo et au-delà, telle pourrait être la visée de ce séminaire.
Visée, qui comme toute mise au point – ne saurait se faire qu’à cligner des yeux imprévisiblement.
Si l’on semble passer d’Apollon l’oblique, d’Achille aux pieds fragiles, de Chiron et d’Héphaïstos le boiteux, de Diogène le va nu pieds ou encore d’Œdipe aux pieds enflés, à Isis, Apulée... Montaigne, Rabelais ou Shakespeare ou encore au Diable boiteux de Lesage, à Jacques le Fataliste, pour mieux s’ouvrir aux écarts de pas « modernes » qui traversent aussi bien Flaubert que Balzac ou Baudelaire, Nietzsche, Freud, Jensen, Benjamin, Proust, Bataille, Merleau-Ponty, Blanchot, Derrida, Deleuze… ce sera par le biais ou l’intermédiaire déviant, le médium très excentrique, très paradoxal, désaxé, d’une improbable triade, forcément sur trois pattes : La Melencolia de Dürer sous l’œil oblique du sublime kantien, à cheval sur le monstrueux Quasimodo.
Autant dire que le parcours chronologique n’est peut-être là que pour mieux mettre en scène, cette furtive, transfuge intempestivité qui fait transition, travaille obscurément au cœur du temps, altère non seulement sa continuité mais aussi bien sa pratique, son exercice, son passage, passage tout à la fois suspendu et emporté, et ne saurait vraiment en révéler le secret et la force disruptive, qu’à mettre la pensée hors de soi, la déboîtant, la dispersant, la perdant, la « dépensant » généreusement avec et dans les vagabondages, les esquives et échappées, les traces passagères et discrètes de la littérature.
Le paradoxe ultime de cette entrevue d’une véritable crise critique de l’avancée du temps ne serait-il pas d’aider à surprendre l’énigme de son étrange convulsion répétitive qui n’ouvre son « à venir » qu’à dévier sa ligne, passant la ligne, comme dirait Michaux, bousculant, écartant, écartelant son mouvement en multiples mouvements en tous sens, à tout instant ?
Et s’il y « allait », dans ces exemplaires mouvements démons, de la vie, de la survie même du pas démocratique ?

18-09-2019

Séance du 2 octobre 2018
Séance du 9 octobre 2018
Séance du 16 octobre 2018
Séance du 13 novembre 2018
Séance du 27 novembre 2018
Séance du 11 décembre 2018
Séance du 18 décembre 2018