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Marie GOUPY

Actuel(le) Directeur de programme du 01/07/2016  au 30/06/2022

Direction de programme : États d'exception, exceptionnalité à l'époque du terrorisme : les enjeux d'une frontière incertaine

Résumé : Ce projet se propose de réfléchir aux enjeux qui se jouent autour de la qualification d’une situation comme relevant d’un état d’exception ou d’une forme juridico-politique d’exceptionnalité à l’époque du terrorisme.
Un tel projet assume un triple point de départ : en premier lieu, il part d’un constat portant sur l’expansion de l’usage de pouvoirs exceptionnels pour gérer des situations elles-mêmes qualifiées d’exceptionnelles. Plus généralement, il observe une généralisation du paradigme de l’exceptionnalité et ce, en dépit de la confusion qui entoure la notion d’état d’exception. Sur un plan historique, il assume ensuite comme point de départ théorique la thèse d’après laquelle l’état d’exception, tout comme le terrorisme, ont émergé au cours du XXe siècle, le premier comme concept politico-juridique, le second comme figure du politique, et qu’ils occupent désormais une place incontournable dans la pensée politique contemporaine.
Sur cette base, ce projet dans son ensemble se propose de donner quelques éclaircissements à l’émergence de ces deux figures de l’exceptionnalité : l’état d’exception d’une part, qui constitue le cœur du projet, et le terroriste d’autre part, que nous tenterons d’appréhender par le prisme de l’exceptionnalité juridique, politique et militaire, c’est-à-dire sous l’angle de l’ennemi exceptionnel.
Pour ce faire, le projet se développera sur deux axes principaux, qui pourront être complétés ensuite par d’autres angles d’approches de cette question complexe :
Sur un premier axe, il s’agit de construire une généalogie des pouvoirs exceptionnels en France sur un temps long (du XVIIIe siècle jusqu’à nos jours), en vue d’éclairer la signification de l’émergence de l’état d’exception et du terrorisme comme figures incontournables de la pensée politique contemporaine.
Sur un second axe, ce projet se propose de confronter deux points de vue sur la frontière délicate qui se joue au cœur de l’état d’exception entre émeute, violence légitime et violence criminelle : le point de vue du droit ou un regard « par le haut » d’une part, et le point de vue de ceux qui se révoltent ou un regard « par le bas » d’autre part. Il s’agit par là d’abord de montrer comment une telle frontière fait l’objet d’un conflit permanent, dont le droit est un acteur majeur, mais non exclusif.