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Marc GOLDSCHMIT

Actuel(le) Directeur de programme du 01/07/2019  au 30/06/2025

Direction de programme : Théories de la littérature - La force de la rhétorique entre philosophie et critique

Résumé : Ce projet se propose de traverser l’histoire des théories de la littérature au XXème et XXIe siècle, philosophie, théorie critique, critique littéraire, pour analyser comment celles-ci déterminent le texte littéraire en le vouant à l’herméneutique (théorie du sens et de l’interprétation) ou à la poétique (théorie de la vérité de la langue et du style).
Nous nous demanderons comment ces théories soumettent les textes littéraires à l’analyse et pensent en retour leur activité théorique et critique, mais nous chercherons aussi comment certaines théories de la littérature entrevoient et s’exposent à ce qui, dans la littérature, excède le pouvoir théorique de l’herméneutique et de la poétique : à la force de la rhétorique. En effet certaines théories de la littérature ou des strates des théories lisent, non pas la signification de la rhétorique restreinte (qui, en tant que système des tropes et des figures productrices de sens, vise la totalisation du texte littéraire), mais la force de la rhétorique générale de la littérature, son effectivité qui excède la totalisation en échappant aux lieux communs, aux topoi codifiés par la rhétorique restreinte.
Dans les théories de la littérature, de Benjamin à Barthes et au-delà, on cherchera une pensée de la rhétorique dans laquelle les tropes subvertissent le principe sémiologique de renvoi des signes au sens, et sont irréductibles à la grammaire comme à la logique du langage. Nous tenterons de montrer que l’effet des tropes déstabilise le sens et met en mouvement le langage dans l’écriture littéraire, en ouvrant dans la littérature la crise moderne du langage en même temps que la possibilité de figurer fictivement le monde.
Les tropes représentent en ce sens des forces qui imposent une lecture dramatique et agonistique de l’histoire de la littérature. C’est pourquoi cette Direction de programme s’avancera vers une radicalisation de la rhétorique, pour montrer que l’écriture littéraire moderne qui tente de rompre avec le romantisme, se dérobe à son sujet, échappe à son auto-présentation absolue et constitue un piège pour la théorie, en même temps que la possibilité d’une méprise et d’une chance pour la critique littéraire. Se dessinera ainsi une contre-histoire, celle d’une pensée littéraire parallèle et refoulée de l’histoire, qu’il n’est pas possible de transformer en théorie sans la trahir.