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Bertrand OGILVIE

Ancien(ne) Directeur de programme du 01/07/2004  au 30/06/2010

Direction de programme : Souveraineté et institution des langues. La langue souvearine

Résumé : Dans la constitution et dans le fonctionnement des États-nations, la langue a souvent joué un rôle clef. Mais il ne s'agit pas ici de revenir sur la question des politiques de la langue. L'objet de ce travail sera au contraire d'analyser la politique dans la langue, c’est-à-dire comment les régimes de participation du peuple à la souveraineté se décident aussi au plus secret du fonctionnement de la langue, dans le secret des phrases et des tours de syntaxes qui distribuent à leur insu les individus des deux côtés d'un miroir où ils croient se reconnaître mais ne se voient qu'inversés. Les catégories de la philosophie politique ont largement analysé et discuté les modalités de l'appartenance à la souveraineté. Mais il apparaît qu'un reste opaque et têtu continue d'empêcher que, par exemple, l'énonciation de la liberté et de l'égalité suffise à se faire entendre, quand ces énoncés eux-mêmes ne conduisent pas tout un peuple dans la servitude de la liberté d'entreprendre et de l'égalisation du marché, ou pire.
L'ambiguïté générale du langage qui rend possible qu'il y ait un monde ne décide pas pour autant de sa valeur et sa portée. C'est pourquoi il faut passer par le détour de la fabrique incessante des formes (littéraires, artistiques) pour comprendre comment le peuple peut rester séparé de lui-même, sourd à ses propres conditions de possibilités. C'est en elles qu'apparaît littéralement le fait que tout monde et toute langue sont habités par les strates de leur dépendances qui ne permet qu'à ceux qui les saisissent toutes d'avoir les moyens de les transformer ou au moins de les faire jouer.
On propose quatre temps de réflexion :
1) Analyse des formes littéraires, ou d'écritures non spécifiquement littéraire, dans lesquelles les enjeux d'une distribution inégale et hiérarchisée des énoncés dans leur stratification interne montrent le plus clairement les voies différentielles de la subjectivation.
2) Analyse des formes dans lesquelles la corporéité de la présence du sujet dans l'espace politique s'articule à la servitude, et parfois jusqu'à la mort.
3) Analyse de l'idée de culture populaire comme contre poids jamais définitif aux processus de dénégations habitant toutes formes, tendant à les rendre à leurs mouvements, à leur conditions de possibilité et donc à l'explicitation de leur stratification.
4) Analyse des conséquences politiques éventuelles des analyses précédentes.