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François-David SEBBAH

Ancien(ne) Directeur de programme du 01/07/1998  au 30/06/2004

Direction de programme : Les pratiques contemporaines de la méthode phénoménologique : la fécondité de l’impossible

Résumé : On ne peut que constater aujourd'hui l'extrême diversité du paysage de la phénoménologie : depuis l'usage qui est fait de la référence phénoménologique dans la philosophie analytique, et plus généralement dans le contexte naturalisant des sciences cognitives, jusqu'à l'usage « français » dont on soupçonne parfois le « tournant théologique » et/ou le passage à la suggestion poétique. Tout se passe comme si la phénoménologie contemporaine était face à une alternative : trahir sa rigueur au nom d'un refus de naturalisation et d'un souci de l'originaire excessifs, ou bien céder sur son souci de radicalité au nom d'une rigueur abusivement interprétée comme exactitude du calcul.
Comment gérer au mieux ce dilemme ? Selon nous, il faut mettre en oeuvre une « critique » , (au sens kantien) de la phénoménologie, qui tente de discerner les limites au-delà desquelles son exigence de rigueur et de radicalité se renverse en son contraire. Mais il faut du même mouvement se rendre attentif à ce qu'a d'inéluctable peut-être le mouvement par lequel la phénoménologie sans cesse transgresse ses propres contraintes. Il s'agit ainsi d'échapper à deux risques symétriques : laisser la phénoménologie s'évader au-delà de toute rigueur, et la rabattre sur une attitude positiviste.
Notre hypothèse de travail est la suivante : si les oeuvres des phénoménologues français contemporains attestent une certaine « impossibilité » de la phénoménologie, cette impossibilité, en marquant la limite des pouvoirs de cette méthode, doit être - en un sens qui reste à préciser le lieu de sa pratique, le lieu de sa fécondité même.