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Soraya NOUR SCKELL

Actuel(le) Directeur de programme Portugal  du 01/07/2013  au 30/06/2019

Direction de programme : La justice cosmopolite

Résumé : La justice cosmopolite présuppose la justice dans l’ordre interne d’un État ainsi que la justice internationale, en se différenciant aussi bien de l’une que de l’autre pour s’interroger sur le juste et l’injuste qui porte sur l’être humain en tant que tel et en tant qu’individu singulier, au-delà de son statut d'habitant, de ressortissant ou de citoyen d’un État, prenant ainsi également en compte les générations futures et l’environnement. Ses questions ont été formulées et développées dans toutes les traditions de réflexion, mais nous nous limitons ici à les analyser chez les courants classiques décisifs pour la formulation de ses problèmes fondamentaux ainsi que chez les courants théoriques qui se nourrissent de leur pensée jusqu’à nos jours. Être cosmopolite est une condition à dimension individuelle et collective, liée à la construction de soi (un soi cosmopolite), à la manière de penser et de vivre dans sa dimension quotidienne (l’action sous un angle cosmopolite), ainsi qu’à une réflexion sur ce qu’est le juste et l’injuste cosmopolite, sur l’émergence des groupes sociaux qui exigent le cosmopolitisme et sur la normativité des institutions nationales, internationales et supranationales qui veulent le réaliser. Ainsi, la notion de justice cosmopolite se révèle être un objet commun au champ de la philosophie, des sciences politiques, de la sociologie, des sciences de la culture, de la psychologie sociale ainsi que du droit.
Dans un premier temps nous analysons les enjeux de la justice cosmopolite tels qu’ils ont été formulés du XVIIe au XIXe siècles chez Hobbes, Kant, Hegel et Alexander von Humboldt, en confrontant leurs idées avec les débats contemporains. Dans un second temps nous analysons comment de nouvelles problématiques de la justice cosmopolite se dessinent au XXe siècle avec Freud, Kelsen, la Théorie Critique et Bourdieu. Dans un dernier temps, nous analysons en particulier quelques questions suscitées par cette discussion des théories classiques et contemporaines sur la justice cosmopolite : les droits humains, le droit humanitaire, le droit des minorités et l’espace public mondial. Nous analysons en quoi ces différentes approches se complètent et divergent, comment ces questionnements se rencontrent, circulent et prennent des formes propres à partir d’attachements à des traditions et contextes différents, et conformément aux singularités des «  œuvres » dans lesquels ils se condensent.