Emmanuel GUEZ

2022

Directeur de programme du 01/07/2019 au 30/06/2025
Pays : France

Direction de programme : De l’obsolescence des machines

Résumé : Le programme de recherche « L’obsolescence des machines » tentera de dégager les enjeux philosophiques contenus dans la question de l’obsolescence des média techniques, c’est-à-dire les appareils d’enregistrement, de stockage et de traitement de données. Il concerne aussi bien le champ de la philosophie de l’art que de la technique. Il mobilise également l’histoire de l’art et de la littérature, la conservation-restauration des objets techniques et l’archéologie des média (Kittler, Huhtamo, Ernst, Zielinski...), une discipline apparue il y a une trentaine d’années en Allemagne et dans les pays anglo-saxons.
Notre programme de recherche comportera trois axes.
Le premier s’interrogera sur la possibilité de fonder une philosophie de l’ Histoire sur l’histoire des média, leur émergence et leur obsolescence, considérés comme des machines d’écriture et d’archivage par lesquelles s’enregistre cette histoire. L’émergence et l’obsolescence des média possèdent-elles une « logique propre », c’est-à-dire un sens et une fin propre ? Quelle en est alors la nature ? Linéaire ou discontinue ? Matérielle ou immatérielle ? Existe-t-il des « époques » média-techniques ?
Le deuxième cherchera à déterminer selon quelle « méthode » il est possible d’écrire l’histoire des média. Dans la mesure où les média constituent les conditions de possibilité de l’écriture, comment une telle histoire peut-elle en effet s’écrire ? Si une première réponse semble provenir de l’art et la littérature, notamment des avant-gardes du XXe siècle puis de l’art et de la littérature numérique, comment peut-elle s’écrire philosophiquement ? Une esthétique des média techniques n’est-elle pas alors à même de saisir ce que les média « disent » sur eux mêmes. En retour, l’analyse de la logique des média techniques ne vient-elle pas éclairer les productions artistiques et littéraires numériques, permettant ainsi de fonder une esthétique de ces pratiques ? S’il existe une telle logique, n’est-elle pas en premier lieu accessible par le repérage des transformations esthétiques qu’implique l’obsolescence des machines média-techniques ?
Le troisième tentera de saisir les effets esthétiques de l’obsolescence des machines. Ceux-ci apparaissent clairement lorsqu’il est question de la conservation et de la restauration de ces œuvres. Ce dernier axe nous entraîne cette fois du côté de la solidité de l’archive et du fantasme de son éternelle pérennité.

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