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Pierre-Mehdi Hadj Sassi

Actuel Directeur de programme    du 01/07/2025  au 30/06/2031

Direction de programme : L’esprit critique au XXIè siècle

Résumé : Nous proposons de revenir sur l’idée d’esprit critique en philosophie pour montrer que la notion ne se trouve par périmée par les évolutions politiques et technologiques du XXIe siècle.

Alors que de nombreux travaux déplorent la défaite de la tradition critique voire même de la philosophie elle-même face aux enjeux contemporains, nous voudrions revenir sur la façon dont la tradition philosophique nous donne les moyens de penser un esprit critique dont la fonction consiste précisément à résister à l’effondrement des repères. Nous pourrons alors revenir sur des grands moments de l’histoire de la philosophie, qui permettent de thématiser les gestes fondamentaux d’un esprit critique : le moment socratique d’un enjeu relatif à la mise en intelligibilité du monde ; le moment moderne de l’action irréductible d’un sujet individuel de la critique ; le moment contemporain d'une confrontation à la crise d’un idéal déductif du savoir.

Ces points de pivots nous permettront de penser en quoi la philosophie a la ressource pour s’opposer à l’hégémonie d'un discours qui puise dans les seules ressources épistémologiques des sciences humaines les leviers pour penser le monde d’aujourd’hui. Nous entendons montrer qu’en approfondissant jusqu’au bout la question de la fondation des savoirs, la philosophie est à même d’apporter à la critique l’intensité et la radicalité qui lui permettent de s’opposer à un effondrement pessimiste consistant à simplement déplorer la marche du monde tel qu’il va. Cette confrontation avec ce qui fonde la pensée ne va cependant pas sans certains risques, qui font du dialogue avec les sciences humaines autre chose qu’une logomachie inutile ou qu’un combat entre deux géants dont l’un devrait l’emporter sur l’autre: l’épistémologie des sciences humaines permet d’éviter la fuite dans l’abstraction ou le nihilisme qui guette un philosophe aux prises avec une interrogation métaphysique dont ses seules ressources ne peuvent peut-être pas l’extraire.

En définitive, c’est donc la question de l’articulation entre les procédures épistémologiques distinctes de la philosophie et des sciences humaines que nous entendons mettre au travail, pour nous interroger sur les possibilités critiques qui résultent des différents aménagements théoriques qu’elles rendent possibles.