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Hessam Noghrehchi

Actuel Directeur de programme    du 01/07/2025  au 30/06/2031

Direction de programme : Crise de la raison obsessionnelle

Résumé : Il est impossible, après la découverte de la psychanalyse, de croire à la neutralité de la raison. Mais curieusement, ce n’est pas seulement la raison dominante qui refoule son rapport à l’inconscient et aux symptômes, c’est aussi la psychanalyse qui évite de réfléchir au rapport qu’elle établit avec la raison. En parallèle, du fait, historique, qu’un certain type de raison a pu se qualifier de la raison pure et s’imposer comme seule solution valable aux problèmes multiples de l’humanité, résulte que la crise de cette raison, son incapacité, difficile à cacher, d’apporter les solutions qu’elle ne cesse de promettre pour demain, provoque un sentiment d’impuissance et une grande angoisse face au déchainement des organisations symboliques qui font peu d’état de la réalité des vivants.
Je propose, dans ce projet, une étude philosophique, appuyée par la psychanalyse et l’histoire, de la raison dominante, qui, par des ressemblances indéniables qu’elle présente avec la névrose obsessionnelle décrite par Freud, peut être qualifiée de la raison obsessionnelle. Cette étude aura un double sens : repenser, dans son fondement inarticulé, le rapport entre la doctrine psychanalytique et la loi de la castration, considérée comme contingence historique et non pas comme loi universelle, et essayer de mettre à distance en le connaissant, l’effet aliénant de la raison obsessionnelle, le fonctionnement de ses organisations symboliques, et envisager, dans la mesure de possible, un modèle différent de vérité, qui sera, selon la logique freudienne, en mesure de réarticuler l’affect à l’idée, sans tomber dans les pièges qu’on a voulu éviter par cette séparation.
Mon hypothèse est la suivante : la crise que nous constatons dans les organisations symboliques dominantes aujourd’hui, et qui se traduit de plus en plus par violence, demande une forme nouvelle d’organisation symbolique pour s’exprimer. On constate, bien sûr, la crise ; mais tant qu’on essaie de la penser par des modèles proposés par la raison obsessionnelle, dont l’insuffisance est justement la cause de cette crise, il sera impossible d’en rendre compte, et moins encore de proposer des solutions pour en sortir. Pour éviter les camouflages permanents de la raison obsessionnelle, on ne peut que commencer par l’étudier là où elle se cache le mieux : derrière la neutralité de la raison universelle. Et c’est le premier but que ce travail se propose.