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Frédéric Yvan

Actuel Directeur de programme    du 01/07/2025  au 30/06/2031

Direction de programme : Le seuil, la Chose

Résumé : Si Lacan définit l’architecture primitive – et par là le sens de l’architecture, comme moment fondamental d’une configuration à l’abord d’un vide, alors le lieu, et par extension la réalité comprise comme système de lieux, est agencement à l’entour de ce vide. L’habiter est donc logiquement structuré autour de ce vide. D’autre part, Lacan établit un rapport entre vide architectural (ou local) et ce qu’il nomme « Chose » - qui s’opère de l’émergence de la réalité d’un sujet : la Chose est le vide central de la réalité subjective et extérieure à celle-ci ; extime. On s’attachera à l’hypothèse que le seuil consiste (dans l’architecture comme dispositif symbolique et imaginaire – et matériel) en un reste nécessaire et irréductible de ce vide. Le seuil, extime de l’architecture et du lieu, issu de l’opération architecturale, est non-ou hors-lieu ; l’inhabitable par lequel s’organisent les lieux et l’habiter, reste anamorphotique de la Chose. Le seuil, logiquement et structurellement centre de toute architecture, participe simultanément d’un dehors. Poursuivant l’articulation d’une logique de la subjectivation à une logique culturelle de la localisation (création de lieux), on développera la proposition que le seuil est ce reste nécessaire de la Chose, l’inhabitable au centre de l’habiter comme son fondement et sa condition ; extime de la réalité.

On s’attachera à explorer notre hypothèse selon plusieurs axes. Établir déjà une logique du seuil à partir des modalités de sa constitution dans et par l’acte architectural, en rapportant cette logique de constitution à celle de la Chose. Élaborer parallèlement une topologie du seuil afin de déterminer sa position spécifique et paradoxale ; topologie accompagnée et étayée d’une esthétique du seuil – à partir d'œuvres ou de travaux repérés dans les domaines de l’architecture, des arts plastiques et de la littérature. Enfin, en rapport avec l’élaboration de la Chose et selon le sens de son extension dans une dimension collective et culturelle, on s’intéressera à cette position d’être dans le seuil : l’enseuillement concernant soit les objets mis au seuil (le fou, l’étranger, etc...), soit la subjectivité même du seuil (la mélancolie) ; cette approche permettra alors peut-être de comprendre autrement, à la proximité du vide chosique, les pratiques et les dispositifs de rituels de seuils.