Le blog donne la parole aux directeurs de programme du Collège :
ils y parlent de l'actualité de la philosophie (compte-rendus de livres, colloques...).

LES CARACTÈRES IMPOSSIBLES

22 avril 2014

LèbreJérôme Lèbre

Préface de Jean-Luc Nancy

Montrouge, Editions Bayard, avril 2014

300.p

ISBN : 2227482893

23,00€

Tout ce qui rend quelqu’un vraiment unique, tout ce qui appartient à son être, au-delà de son apparence physique, constitue son caractère. Le caractère est le sens que l’on donne communément à l’être singulier, et c’est pourquoi l’on parle tant de lui. Qu’est-ce alors qu’un caractère impossible, insupportable ? Celui qui se confronte à son existence forcément finie ? Celui qui manque de qualités ? Passant en revue les traits de caractère, de la bêtise à la folie, et les caractères in- supportables, des invivables aux destructeurs, tout en s’interrogeant sur la transmission des caractères dans la famille et l’éducation, leurs indices, leur permanence, leur articulation avec les personnages fictifs, Jérôme Lèbre nous tend un troublant miroir.

POUR UNE THÉORIE CRITIQUE DE LA TECHNIQUE

8 avril 2014

theorie-technique-siteAndrew Feenberg

Préface de Michel Callon
Traduit de l’anglais par Iketnuk Arnaq et Véronique Dassas

Montréal, Éditions Lux, mars 2014

472.p

ISBN : 978-2-89596-166-6

22,00€

C’est désormais un fait incontestable, le désastre écologique nous guette. D’aucuns attribuent ces convulsions planétaires à notre insatiable appétit de progrès technique et affirment qu’il n’y aurait d’autre choix, pour nous sauver de nous-mêmes, que de faire marche arrière. Pour d’autres, il faut faire marche avant et décuplerdécupler l’efficacité des machines. Inlassablement, dans les discours, progrès technique et écologie s’opposent.

Notre salut se trouve-t-il vraiment dans un renoncement à l’un ou à l’autre ? Ni contempteur ni adorateur de la technique, le philosophe Andrew Feenberg s’attelle depuis vingt ans à dégager une troisième voie. S’appuyant sur de nombreux exemples et discutant les thèses de quelques grandes figures de la philosophie contemporaine (Heidegger, Marcuse, Nishida, Habermas et Latour), il précise les contours d’une véritable théorie critique de la technique, qui en révèle les possibles usages démocratiques.

Clair et stimulant, Pour une théorie critique de la technique s’adresse non seulement aux philosophes, mais à tout citoyen désireux de mieux comprendre nos évolutions sociotechniques.

Auteur de nombreux ouvrages, dont (Re)penser la technique (La Découverte), Andrew Feenberg est aujourd’hui titulaire de la Chaire de, recherche canadienne en philosophie de la technique à l’Université Simon Fraser (Vancouver). Il est également directeur de programme au Collège international de philosophie à Paris.

Présentation par Jacques Munier sur France Culture, dans la rubrique “Essai du jour” du 26 mars 2014, à écouter ici : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4821852

COMMUN
Essai sur la révolution au XXIe siècle

27 mars 2014

Pierre Dardot et Christian Laval

Paris, Éditions La Découverte, mars 2014

592.p

ISBN : 978-2-7071-6938-9

25,00 €

Partout dans le monde, des mouvements contestent l’appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe : le commun.
Pierre Dardot et Christian Laval montrent pourquoi ce principe s’impose aujourd’hui comme le terme central de l’alternative politique pour le XXIe siècle : il noue la lutte anticapitaliste et l’écologie politique par la revendication des « communs » contre les nouvelles formes d’appropriation privée et étatique ; il articule les luttes pratiques aux recherches sur le gouvernement collectif des ressources naturelles ou informationnelles ; il désigne des formes démocratiques nouvelles qui ambitionnent de prendre la relève de la représentation politique et du monopole des partis.
Cette émergence du commun dans l’action appelle un travail de clarifi cation dans la pensée. Le sens actuel du commun se distingue des nombreux usages passés de cette notion, qu’ils soient philosophiques, juridiques ou théologiques : bien suprême de la cité, universalité d’essence, propriété inhérente à certaines choses, quand ce n’est pas la fin poursuivie par la création divine. Mais il est un autre fil qui rattache le commun, non à l’essence des hommes ou à la nature des choses, mais à l’activité des hommes eux-mêmes : seule une pratique de mise en commun peut décider de ce qui est « commun », réserver certaines choses à l’usage commun, produire les règles capables d’obliger les hommes. En ce sens, le commun appelle à une nouvelle institution de la société par elle-même : une révolution.

VIOLENCE, POLITIQUE ET CIVILITÉ AUJOURD’HUI
La Turquie aux prises avec ses tourments

26 mars 2014

Sous la direction de Marie-Claire Caloz-Tschopp 

textes de Pinar Selek, Ahmet Insel et Étienne Balibar

Paris, Éditions L’Harmattan, mars 2014

Ce petit  livre édité par Marie-Claire Caloz-Tschopp dans la perspective d’une pratique philosophique articulant recherche philosophique académique et démarches de « sociétés civiles » ,réunit des textes de chercheuses et chercheurs en philosophie et sciences humaines de plusieurs nationalités, lieux, continents, et de plusieurs générations.
Il est destiné au large public  engagé dans la lecture de travaux  d’Etienne Balibar, en lien avec un colloque international  à Istanbul en mai 2014.
Il vise à faciliter la lecture philosophique dans un contexte. Il contient des  réflexions sur la politique, la violence, la civilité, contemporaines dans leurs dimensions politiques, philosophiques, et anthropologiques, en s’efforçant de réunir une diversité d’expériences et d’approches et de les rapporter
aux enjeux de l’actualité.
La préface de Marie-Claire Caloz-Tschopp, du Collège International de Philosophie (Paris-Genève), « Que peut nous apprendre la Turquie à propos de la violence, de la politique et de la civilité ? »,  est un appel au déplacement physique et épistémologique, à la curiosité, au plaisir de la réflexion collective, ici en Europe et là-bas en Turquie. C’est un précieux outil de travail collectif du Réseau de lecture international. Il s’adresse à un large public appelé à lire, à débattre de textes, matériaux en préparant le colloque international organisé à Istanbul du 7 au 11 mai 2014 : « Violence politique, exil/des-exil dans le monde d’aujourd’hui ».
Il contient trois textes : les textes de Pinar Selek et Ahmet Insel amènent des éléments concrets et théoriques de réflexion sur ce qui se passe en Turquie ; le texte d’Étienne Balibar formule des questions philosophiques pour lancer la réflexion sur le thème « Violence, Politique, Civilité ».
Notre premier  souci est  de rendre abordable l’outil et la démarche populaire. Notre deuxième souci est d’inviter les lectrices et lecteurs un voyage passionnant  aux bords de l’Europe.

APRÈS LE LIBÉRALISME ?
Ses impasses, son avenir

29 janvier 2014

John Dewey, traduction de Nathalie Ferron, présentation et notes de Guillaume Garreta

Paris, Editions Climats Flammarion, janvier 2014

172.p

ISBN : 978-2-0812-8321-3

16,00€

L’un des fondateurs du pragmatisme, John Dewey, souhaitait voir la philosophie, discipline à ses yeux essentiellement « critique » et expérimentale, se prolonger en une « éthique sociale » incluant toutes les sciences sociales concrètes concernées par les problèmes de la conduite humaine. Ce cycle de conférences, prononcées en 1935, dans l’Amérique du New Deal, illustre son programme : elles veulent faire comprendre au plus grand nombre les dangers, les contradictions et les limites du libéralisme contemporain, ainsi que les moyens de les surmonter. Retraçant la généalogie intellectuelle du libéralisme américain, puis ses crises, ce livre s’achève sur un plaidoyer en faveur d’une démocratie libérale et progressiste, qui défend le droit à l’expérimentation de méthodes nouvelles et à l’intelligence collective, à travers de grandes missions d’éducation. Dewey se prononce avec une clairvoyance inégalée en faveur d’une inversion des priorités : remettre les hommes au coeur de la politique et de l’économie, pour préserver et renouveler la démocratie.

 

 

PENSER LES MÉTAMORPHOSES DE LA POLITIQUE, DE LA VIOLENCE, DE LA GUERRE

24 janvier 2014

Sous la direction de Marie-Claire Caloz-Tschopp et Teresa Veloso Bermedo

Paris, L’Harmattan, novembre 2013

416.p

ISBN : 978-2-343-01604-7

40,00 €

Le livre est un des résultats d’un projet vaste citoyen et académique mené dans le cadre d’un Programme du Collège International de Philosophie (CIPh), Exil, Création, Philosophie et Politique. Philosophie et Citoyenneté contemporaine, entre 2010 et 2016, en Europe et à ses frontières (voir site : exil-ciph.com) et des activités del Colectivo de Mujeres para la Memoria (Concepcion, Chile).

Il est co-dirigé par Marie-Claire Caloz-Tschopp, (CIPh), et Teresa Veloso Bermedo, sociologue du Collectif pour la Mémoire (Chili). Il est publié dans le cadre de recherches sur les rapports entre violence, politique et insoumission.

Une préoccupation: les métamorphoses de la politique, de la violence, de la guerre et ses incidences sur l’action et la pensée politique. Que découvrons-nous en parcourant l’exil et le des-exil ? Que peuvent nous apprendre des féministes matérialistes sur ces métamorphoses ? On verra en quoi leur théorie minoritaire est fondamentale.

Nous sommes parties de quelques questions. Pourquoi des femmes battues meurent tous les jours sans soulever de réaction ? Comment un président des Etats-Unis peut engager la guerre d’Irak en s’appuyant sur un mensonge politique (armes de destruction massive) sans soulever le doute? Comment la manipulation de la haine contre les étrangers qui séduit autant de politiciens transforme la politique en guerre? Comment une Ministre en charge du droit d’asile en Suisse peut déclarer « je n’ai pas de tabou » en matière de politique des étrangers alors que des individus meurent dans les renvois forcés ? Que dit une militante du droit d’asile qui s’écrie en sortant d’un poste de police avec un requérant d’asile : « nous sommes en guerre ? Quoi de commun entre ces faits de violence banalisée ? Qu’est-ce que la militarisation des sociétés ? Pourquoi nous adaptons-nous si facilement à la violence guerrière ? Comment ne pas se laisser embarquer dans le climat guerrier de l’apartheid généralisé?

Le livre présente des travaux de 15 auteurs de divers domaines, lieux, générations, insertions – Pinar Selek, sociologie, Istanbul-exil, Marie-Claire Caloz-Tschopp, philosophie, théorie politique (Paris-Genève), Giselle Todelo Vera, Emile Ouedraogo, droit constitutionnel et international (Genève), Gina Inostroza, Lily Rivas, histoire (Concepcion, Chili), Claire Ansermet, formatrice en travail social (Lausanne), Stéphanie Pache, santé, (Lausanne), Irène Schmidlin, droit (Lausanne), Laetitia Carreras, ethnologie (Genève), Christiane Vollaire, philosophie (Paris), Nicole-Claude Mathieu, anthropologie, féminisme matérialiste (Paris), Valeria Wagner, histoire des idées (Genève-Argentine), Olga Gonzalez sociologie (Paris-Bogota),  Dominique Bourque, sociologie (Ottawa).

Le dialogue avec les féministes matérialistes - Colette Guillaumin, Nicole-Claude Mathieu, Paola Tabet - transforme leurs travaux. Le livre est un précieux manuel de travail collectif pour les mouvements sociaux et la recherche aujourd’hui.

BERGSON OU L’HUMANITÉ CRÉATRICE

23 janvier 2014

Nadia Yala Kisukidi

Paris, Éditions CNRS, octobre 2013

Collection : Philosophie et histoire des idées

308.p

ISBN : 978-2-271-07895-7

25,00 €

Y a-t-il une pensée consistante de l’art chez Bergson ? Existe-t-il une « philosophie politique » bergsonienne ? Ces deux questionnements, apparemment distincts, sont bel et bien traités et reliés chez l’auteur. Ils trouvent leur fondement au coeur d’une conception de l’homme, dont les contours sont tracés dans L’Évolution créatrice à l’intérieur du problème métaphysique de la vie. Partant de la question anthropologique, telle qu’elle se pose à partir de l’affirmation théorique du concept de création, Nadia Yala Kisukidi propose une lecture originale de Bergson perturbant les frontières de chaque livre et développant de nouveaux axes problématiques : peut-on parler d’un humanisme bergsonien ? Quels sont les enjeux psycho-sociaux d’une compréhension de l’homme centrée sur le concept de création ?

L’artiste figure-t-il un modèle singulier d’humanité ? Pourquoi la promotion de la démocratie et des Droits de l’Homme tient-elle tout autant de la proposition politique effective que de la réaffirmation nette des résultats de la métaphysique de la vie ?

Si la question de l’art a pu sembler opaque à cause d’une absence de livre, et si celle de la politique apparut suspecte du fait de son ancrage dans la philosophie de la vie et des engagements de l’auteur au XXe siècle, cet ouvrage, en montrant que le problème de l’émancipation de l’homme constitue une des inquiétudes du bergsonisme, se présente comme une contribution majeure au renouveau des études bergsoniennes.

SITUATION DE SARTRE

22 janvier 2014

Sous la direction de Claire Pagès et Marion Schumm

Paris, Éditions Hermann, octobre 2013

404.p

ISBN : 9782705684471

30,00 €

La réception de l’œuvre sartrienne a évolué : les lectures actuelles ne sont plus celles des contemporains de l’auteur de L’Être et le Néant. En témoignent les contributions ici rassemblées, qui toutes interrogent librement – parfois de façon intempestive – la pensée de Sartre, qu’ils invitent à redécouvrir sous un jour nouveau.
Le principe du présent livre a été de placer au centre de la réflexion une œuvre qui, bien que déterminante pour la pensée contemporaine, n’occupe toujours pas pleinement la place qu’elle mérite dans l’institution philosophique universitaire en France. Conçu dans un esprit solidairement explicatif et critique, cet ouvrage questionne les enjeux actuels de la lecture de Sartre.
La première partie, «Thèmes et concepts», propose un éclairage nouveau de certains aspects et concepts spécifiques de l’œuvre. La seconde, «Art et littérature», présente des articles davantage consacrés à la théorie sartrienne de la littérature, de la poésie et de l’art. La troisième partie, «Confrontations et réceptions», expose la façon dont Sartre a pu être lu par les philosophes des générations suivantes et les réponses qu’il aurait pu leur adresser. Enfin, la quatrième partie, « Sartre en contexte », analyse le contexte historique dans lequel s’est développée sa pensée.

L’ÉMANCIPATION DE KANT À DELEUZE

19 novembre 2013

Diogo Sardinha

Paris, Éditions Hermann, octobre 2013

Collection : Philosophie

246.p

ISBN : 978-2-7056-8757-1

25,00€

Plus que jamais, sans doute, nous avons besoin de stratégies critiques pour l’émancipation. Or, lisant la philosophie des deux derniers siècles, on découvre les attitudes les plus contrastées dans ce domaine. Kant, qui définit les Lumières comme « la sortie de l’homme de la minorité dont il est lui-même responsable », incite son lecteur à devenir adulte. Par contre, Deleuze (seul ou avec Guattari) met en avant un devenir-mineur et insiste sur un devenir-enfant qui soit un devenir-force.
En même temps, cette opposition immédiate de Kant et Deleuze esquive tout ce qui a mené de l’un à l’autre. Lorsqu’on reprend le fil qui les lie, des figures inattendues surgissent : Sartre, Bataille et Foucault deviennent alors les personnages d’une histoire tissée autour de Baudelaire, par rapport auquel les trois philosophes écrivains prennent des positions radicalement divergentes. Si on veut donc comprendre ce qui semble être le renversement du devenir-majeur kantien par le devenir-mineur deleuzien, c’est ce parcours qu’il devient nécessaire de reconstituer. À la fin, on aura reconstruit quelques stratégies émancipatrices, utiles pour nous aujourd’hui.

DU CONNAÎTRE ET DU SENTIR DE L’ÂME HUMAINE

19 octobre 2013

Johann Gottfried von Herder, Traduit de l’allemand par Claire Pagès

Paris, Éditions Allia, septembre 2013

112.p

ISBN : 978-2-84485-711-8

10,00€

Pour la première fois traduit en français, cet ouvrage est souvent désigné comme l’œuvre préférée de son auteur. À l’origine de cet écrit, une question soulevée par l’Académie Royale berlinoise, concernant le lien entre la faculté de connaître et celle de sentir, ainsi que leur proportion réciproque dans la définition du génie humain. Herder démontre d’emblée que notre manière de penser dépend de celle de sentir. Connaissance et sensation vont de pair. Et Herder le fait savoir et ressentir dans son écriture même, en rupture avec la tradition philosophique classique. L’analogie, figure littéraire par excellence, apparaît à Herder voie de connaissance. Elle est argumentation logique autant qu’invention poétique. Pensée et écriture entretiennent une relation organique, à l’image des facultés de connaître et de sentir. Herder opère là une révolution dans la pensée philosophique et dans la manière de la transmettre.