Le blog donne la parole aux directeurs de programme du Collège :
ils y parlent de l'actualité de la philosophie (compte-rendus de livres, colloques...).

D’APRÈS FOUCAULT – GESTES, LUTTES, PROGRAMMES

12 avril 2012

Philippe Artières, Mathieu Potte-Bonneville

Paris, Éditions Points, avril 2012

Collection : Essais

384 p.

ISBN-10 : 2757827022 / ISBN-13 : 978-2757827024

9,00 €

Historien ou philosophe ? Théoricien de la culture ou intellectuel engagé dans les luttes de son temps ? Parce que la trajectoire de Michel Foucault a déjoué de bout en bout ces alternatives, sa relecture contemporaine oblige à adopter un double regard, aussi attentif au détail de ses arguments qu’à la forme même de ses interventions dans l’ordre du discours et l’espace public. Livre à deux voix, entre histoire et philosophie, D’après Foucault rassemble une série d’études dont l’enjeu commun est d’éclairer, par un retour sur l’œuvre de Foucault, la contribution possible de celui-ci aux débats et aux combats du présent, son apport à la compréhension d’une époque qui, déjà, diffère de la sienne. Comment Foucault a-t-il transformé, pour longtemps, les gestes canoniques de l’enseignement ou de l’écriture, leur adjoignant l’exigence du diagnostic, le goût pour l’anonymat ou pour l’éclat de rire ? Quel éclairage offrent ses travaux sur les transformations contemporaines du droit et de la lutte pour les droits, sur l’irruption des soulèvements, sur le renouveau d’une éthique qui ne se réfugie pas dans l’invocation des grands principes ? Comment tirer, de sa lecture, des horizons renouvelés – le programme d’une histoire politique de l’écriture, ou d’une politique des usages et des usagers ? Lecteurs autant que « passeurs » de la pensée de Foucault, Philippe Artières et Mathieu Potte-Bonneville tentent ici d’inventer, vis-à-vis de lui, une fidélité sans nostalgie, afin de prolonger et de relancer cette « morale de l’inconfort » dont il s’est voulu le promoteur, dans la théorie comme dans la politique.

MARX, PRÉNOM : KARL

6 avril 2012

Pierre Dardot, Christian Laval

Paris, Gallimard, mars 2012

Collection : NRF Essais

832 pages

ISBN 9782070122646

34,90 €

 

La crise mondiale du capitalisme porte à redécouvrir Marx. Il serait pourtant vain d’y chercher une doctrine prête à l’emploi moyennant une simple actualisation. Ce livre se propose – la chose est plus ambitieuse qu’elle ne le paraît – d’apprendre quelque chose de cet ensemble de questions et de réponses, afin non pas d’y trouver l’assurance d’un avenir meilleur, mais de penser notre présente situation historique et sociale et d’en concevoir une issue possible.
Tous les grands textes de Marx cherchent à articuler deux perspectives très différentes. La première est la logique du capital comme système achevé – à la fois le mouvement inéluctable par lequel le capital se développe en une totalité qui se subordonne tous les éléments de la société, et le jeu des lois immanentes de la production qui le conduit à accoucher nécessairement d’un nouveau mode de production. La seconde est la logique stratégique de l’affrontement : la guerre des classes, sourde ou ouverte, transforme les conditions de la lutte, modèle les subjectivités des acteurs et, pour finir, dégage les dominés de l’assujettissement, leur traçant la voie de l’émancipation. Loin de donner à la doctrine une cohérence inentamable, le « communisme » est le moyen terme imaginaire chargé de résoudre cette tension entre les deux perspectives disparates qui écartèlent de l’intérieur la pensée de Marx.
Mettre en évidence cette disjonction indépassable – entre le jeu de l’action révolutionnaire dans l’histoire ou l’implacable automate qui brise toute résistance et se soumet chaque individu – nous aide à poser la question qui est aujourd’hui la nôtre : comment nous libérer du capitalisme, de cette forme historique qui est devenue « monde », sans être condamnés à le subir encore longtemps, au prix de ravages de tous ordres dont nous ne faisons aujourd’hui qu’entrevoir l’ampleur ?

Plus d’informations : Question Marx

La poursuite de la recherche en séminaire : Du public au commun

SPINOZA : UNION ET DÉSUNION

29 mars 2012

Pascal Sévérac

Paris, Vrin, septembre 2011

Collection : Bibliothèque des philosophies

272 p.

ISBN : 978-2-7116-2344-0

26 €

 

Pour beaucoup, philosophes ou non, Spinoza est avant tout le nom d’un affect : lire Spinoza, penser avec Spinoza, se servir de Spinoza, ce n’est pas simplement gratter un vieil os avec indifférence ; c’est chercher, à travers l’épreuve d’une pensée à la radicalité certaine, une véritable modification de soi. Toute la philosophie de Spinoza peut dès lors être lue à travers cette perspective : comment se modifier soi-même, en comprenant et transformant son union – affective – avec les choses, avec les autres, avec Dieu. Comment s’unir pour devenir plus ferme, plus fort, plus libre – plus éternel en somme. Comment s’unir… au risque de se désunir.

ORDRE ET TEMPS DANS LA PHILOSOPHIE DE FOUCAULT

26 mars 2012

Diogo Sardinha

Paris, L’Harmattan, septembre 2011

Collection : La Philosophie en commun

Avec une préface d’Étienne Balibar

252 pages

ISBN 978-2-296-56327-8 
24,5 € 

 

Nous n’avons pas encore saisi le sens fondamental de l’œuvre de Foucault. Certes, cette œuvre ne cherche pas à établir de nouvelles normes pour la vie et la pensée. On l’accuse d’avoir comme seul but la subversion de la forme présente de la société. Elle apparaît comme une succession d’analyses concrètes et d’études dispersées, plus que comme un système abstrait et un tout cohérent. Ce sont des raisons assez fortes pour que l’on doute du caractère même d’œuvre que constitueraient l’ensemble de ces travaux. À plus forte raison, ces textes rassemblés ne sauraient former une œuvre philosophique. Ils ne seraient plus que les traces d’un simple – quand bien même impressionnant – « parcours intellectuel ».

Mais une œuvre peut chercher à montrer comment sont les choses, sans prétendre dire comment elles devraient être. Elle peut briser les évidences et lancer l’invitation à ce que d’autres jettent les bases pour de nouvelles formes d’existence. De plus, on peut considérer que les recherches sur des domaines circonscrits (la folie, la prison, la sexualité) ont un recours subtil à des schèmes spéculatifs et abstraits qui sont le fait de la philosophie. Si nous parvenons à comprendre que ces réalités sont intimement associées dans la démarche de Foucault, et si par ailleurs nous démontrons qu’elles ne sont pas des caractéristiques transitoires, mais des traits constants de son travail, alors il n’y aura plus de raisons pour refuser à ce dernier le statut d’œuvre, ni pour hésiter à lui reconnaître sa valeur philosophique.

LUTHER ET LA PHILOSOPHIE

26 mars 2012

 Philippe Büttgen

Paris, Vrin/EHESS, mai 2011

Collection : Contextes

ISBN 978-2-7132-2285-6

322 pages

32 €

Par nécessité, un livre sur Luther et la philosophie ne peut qu’être un livre sur la haine de la philosophie. Que signifie haïr la philosophie en 1520 ? C’est une question de philosophie, car la philosophie en est l’objet. Mais c’est aussi une question d’histoire.

Ce livre montre comment une question de la philosophie a pu se constituer en mobile d’une réforme religieuse. Luther s’est fait une vocation d’« aboyer contre la philosophie et exhorter à l’Écriture sainte ». Ce mot d’ordre ne se comprend que dans son monde : celui des livres et des Écritures, de l’École et du cloître, des censures et des condamnations, celui d’Aristote. Il n’y a pas d’un côté la Réforme, de l’autre la critique de la philosophie. La Réforme est le nerf à vif de l’antiphilosophie luthérienne, et l’antiphilosophie a fait des années 1510-1530 une conjoncture doctrinale à nulle autre pareille.

L’histoire et elle seule offre les instruments d’une méditation philosophique de la Réforme. Elle s’impose ici sous ses formes les plus rigoureuses : histoire de l’Église, de l’Université, histoire de l’exégèse, histoire du livre. En retour, la Réforme relance l’enquête sur l’effectivité historique de la philosophie, dans la diversité de ses rythmes doctrinaux.

Présentation par l’éditeur

POLITICS OF CULTURE AND THE SPIRIT OF CRITIQUE : DIALOGUES

26 mars 2012

Gabriel Rockhill, Alfredo Gomez-Muller (org.)

New York, Columbia University Press, mars 2011

240 pages

Collection : New Directions in Critical Theory
ISBN : 978-0-231-15187-0
$26.50 / £18.50

Ce livre a une version française, publiée en 2010 aux Éditions du Félin.

INVENTIONEN, VOL. 1

26 mars 2012

Gemeinsam. Prekär. Potentia. Dis-/Konjunktion. Ereignis. Transversalität. Queere Assemblagen

Isabell Lorey, Roberto Nigro, Gerald Raunig (org.)

Zurich/Berlin, Diaphanes, février 2011

Collection : Inventionen
280 pages
ISBN 978-3-03734-153-7
€ 26,90 / CHF 40,00

Soutien aux manifestants egyptiens

23 décembre 2011

Objet d’une timide réprobation internationale, malgré les efforts des organisations non gouvernementales, la répression que le régime militaire égyptien exerce depuis plusieurs semaines sur les manifestants de la place Tahrir a pris des formes intolérables : tir à balles réelles ; jets de débris de marbre depuis les immeubles ; utilisation de gaz bien plus dangereux que les traditionnels gaz lacrymogènes, occasionnant de graves séquelles et susceptibles d’entraîner la mort, comme le rapporte le [1] ; ou tirs de balles en caoutchouc visant systématiquement les yeux, occasionnant la cécité de nombreux manifestants, comme le rapporte l’association [2].

Abattre, écraser, étouffer, aveugler : l’usage de la force est ici mis au service d’une sinistre politique de la métaphore. En tuant et blessant celles et ceux qui luttent contre la confiscation du pouvoir, et qui exigent que l’élan des révolutions arabes ne se brise pas sur le retour à l’ordre, les militaires entendent aussi en éteindre le souffle : en faire taire ces voix qui, en février dernier, s’étaient faites entendre comme jamais (on songe ici, singulièrement, aux voix des femmes, jusque là inaudibles et victimes aujourd’hui d’une répression particulière) ; et faute de pouvoir rendre invisible la contestation populaire dont la place Tahrir est devenue la scène et le symbole aux yeux du monde, ils entendent bel et bien crever les yeux de celles et ceux à même de la voir.

Du printemps arabe à l’hiver égyptien, l’opinion publique internationale a, semble-t-il, détourné le regard. Si l’émotion suscitée par le surgissement d’un peuple égyptien que l’on pensait, comme d’autres (tunisiens, palestiniens, syriens, lybiens, etc.) ; condamné à subir son régime n’était pas, de la part des démocrates du monde entier, une passade ou un vain caprice, ceux-ci ne peuvent aujourd’hui demeurer aveugles et sans voix devant une telle répression, sauf à s’en rendre complices. Il leur appartient d’exiger la fin de telles exactions et de relayer fermement auprès de  leurs gouvernements ces exigences, afin qu’ils prennent les mesures propres à les faire cesser : a  minima en assurant qu’aucune exportation d’armes ou de gaz ne contribue à les rendre possibles.

Le Collège International de Philosophie a relayé et soutenu ces derniers mois les prises de position des intellectuels du monde arabe ; sachant que la philosophie a amplement montré combien la politique, sauf à se ramener à un théâtre d’ombres, requiert de rendre le pouvoir visible et de donner de la voix, il en appelle à la conscience et à la citoyenneté de chacun : ne laissons pas la pire répression étouffer le possible sans réagir.

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Soutien aux philosophes hongrois. Rencontre avec Agnes Heller qui a eu lieu le lundi 14 mars au théâtre de l’Odéon

28 février 2011

Depuis le 8 janvier dernier, une campagne de dénigrement, orchestrée par l’entourage du premier ministre Viktor Orbán, se développe dans les médias hongrois contre plusieurs philosophes (Agnes Heller, Mihály Vajda, Sándor Radnóti…), accusés d’avoir écrit contre rétribution des textes « fumeux et inutiles » et d’avoir sali l’image du pays. Il ne s’agit pas là d’une attaque isolée : les calomnies dont ces chercheurs sont l’objet et les poursuites judiciaires engagées contre eux participent d’une volonté de mise au pas du monde intellectuel hongrois, dont témoigne par ailleurs le limogeage d’une partie des membres de l’Académie des sciences, ou la stigmatisation publique de l’homosexualité du directeur du Théâtre National de Budapest. Ce climat atteste du développement, au coeur de l’Europe, d’une idéologie et d’une politique clairement contraires aux principes démocratiques de respect des droits et de liberté de la recherche.

Attentif, depuis sa création, au caractère inconditionnel de ces exigences, ainsi qu’à la mémoire de la dissidence dont plusieurs des intellectuels mis en cause furent des acteurs essentiels, le Collège International de Philosophie a souhaité manifester son soutien en invitant Agnes Heller à Paris pour une rencontre exceptionnelle à l’Odéon – Théâtre de l’Europe. Cette rencontre se déroulera le lundi 14 mars 2011 à 20h30 ; y participeront notamment Gianni Vattimo et Vincent Peillon, députés européens et philosophes, ainsi que Marc Semo, journaliste au quotidien Libération. Invitation est aussi lancée, par l’Odéon-Théâtre de l’Europe, au Directeur du Théâtre National de Budapest. Cette rencontre sera un moment de réflexion et de vigilance, face à la manière dont un Etat européen entend mettre la recherche sous tutelle politique, et au retour de méthodes que l’on pensait définitivement disparues de notre continent.

Agnes Heller est née à Budapest en 1929. Son père meurt en déportation à Auschwitz en 1944. Se destinant initialement à des études de physique, elle s’oriente vers la philosophie et les sciences sociales en devenant l’élève de György Lukács, figure majeure du marxisme du vingtième siècle. En 1947, elle adhère au Parti Communiste, dont elle est exclue une première fois en 1949 pour avoir contesté le principe du centralisme démocratique, au nom de la nécessité de concilier engagement communiste et exercice de la réflexion critique individuelle. Partie prenante des événements de 1956, elle est de nouveau exclue du Parti Communiste et chassée de son poste à l’université. Elle contribue à la création de ce que l’on appellera « l’école de Budapest », collectif de chercheurs partisans d’une réinterprétation du marxisme valorisant les écrits du jeune Marx, la dimension oppositionnelle de ce dernier et son insistance sur la conquête de l’autonomie, contre les systèmes du « socialisme réel ». Partisans d’une attitude réformiste vis-à-vis du régime de l’est jusqu’au printemps de Prague, les membres de l’école de Budapest sont victimes de persécutions politiques dans les années 1970, ce qui conduit Agnes Heller à s’exiler en Australie en 1977, puis à rejoindre la New School for Social Research de New York, où elle se voit proposer la chaire d’Hannah Arendt. Sa philosophie a progressivement évolué vers une critique radicale du marxisme et une position essentiellement social-démocrate. Elle est l’auteur de nombreux essais en matière de morale, d’esthétique, ainsi que de réflexions sur la place de l’Europe centrale dans les événements historiques du vingtième siècle.

 

En savoir plus :

Le CIPh a mis en ligne ci-dessous une série de textes et de liens relatifs aux attaques dont les philosophes hongrois font l’objet, et à la mobilisation internationale qui s’organise pour les soutenir.

 

J.Nida-Rümelin et J.Habermas apportent leur soutien aux philosophes hongrois.

2 février 2011

Nous publions ci-dessous la traduction française de la tribune publiée par J.Nilda-Rümelin et J.Habermas, dénonçant la campagne de calomnie orchestrée par le pouvoir hongrois contre plusieurs figures importantes de la philosophie dans ce pays. (lire en version originale)

En complément de ce texte, et de la prise de position du CIPh en soutien à Agnes Heller et à ses confrères, nous renvoyons également à l’article paru sur le site de Philosophie Magazine ; celui-ci propose notamment une traduction française de l’importante lettre ouverte publiée par László Tengelyi, professeur de philosophie à l’Université de Wuppertal.

Sauvons les philosophes !

par Julian Nida-Rümelin et Jürgen Habermas, président et membre d’honneur de la Société Allemande de Philosophie.

Nous voulons dire notre inquiétude devant le sort politique et professionnel qui est fait à nos collègues hongrois. Au centre de l’actuel conflit, Agnes Heller, Mihály Vajda und Sándor Radnóti ont publiquement critiqué le Premier ministre Viktor Orbán à propos de la loi sur les médias votée récemment. Heller et Vajda avaient déjà été poursuivis comme dissidents à l’époque du pouvoir communiste. Ils avaient alors dû quitter la Hongrie (1977), après avoir perdu leurs chaires (1973). À présent, c’est le régime nationaliste qui leur impose son harcèlement politique, au moment où il utilise sa majorité des deux tiers au parlement pour vider la constitution hongroise de sa substance. La presse gouvernementale fait campagne contre un assez vague « cercle de philosophes libéraux » et l’adjectif « libéral » fait entendre ici, comme jadis, l’anti-intellectualisme et l’antisémitisme de l’attaque contre un prétendu cosmopolitisme sans patrie.

Le prétexte de cette campagne se trouve dans un procès que le gouvernement intente à cinq « porteurs de projets » en raison d’irrégularités supposées dans l’utilisation de crédits de recherche de l’Union européenne. Nos collègues répondent qu’ils n’ont tiré aucun profit personnel de cette activité bénévolement exercée de porteurs de projets : les crédits mis à disposition de leurs collaborateurs ont été utilisés conformément aux règlements en vigueur. Il est significatif que la dénonciation vise des philosophes politiquement suspects, ainsi qu’une discipline qui depuis ses débuts dans l’Athènes classique se confronte à la question de la communauté politique. La procédure administrative est accompagnée par un journal proche du pouvoir, de façon si infâmante que les intéressés se sentent lésés dans leurs droits.

Face à ces outrances populistes, Agnes Heller, lauréate du Prix Lessing et du Prix Hannah-Arendt, et qui l’année dernière encore recevait la médaille Goethe à l’issue d’une cérémonie solennelle à Weimar, a porté plainte contre le journal Magyar Nemzet.

Nous appelons donc la Commission européenne à soumettre la loi hongroise sur les médias à l’examen juridique qu’elle aurait dû passer depuis longtemps. À cet examen devrait s’ajouter celui des pratiques du gouvernement hongrois et de son administration, notamment en ce qui concerne le traitement réservé aux savants et intellectuels critiques. À la question de savoir si les principes fondamentaux d’un régime politique libéral sont ou non violés dans le pays qui représente aujourd’hui l’Union, le parlement européen s’abstient de répondre. Le Conseil de l’Union européenne, comme souvent, est divisé et le gouvernement allemand dénonce du bout des lèvres.

Quand il s’agit de la Chine, nous en appelons à juste titre au respect des droits de l’homme. Dans notre propre maison, nous nous surveillons moins. C’est le scandale dans le scandale.

Traduit de l’allemand par Philippe Büttgen

© Süddeutsche Zeitung GmbH, München. Mit freundlicher Genehmigung von (Süddeutsche Zeitung Content).