25 avril 2013
544 p.
ISBN 978-2-204-09900-4
63,00 €
Il est impossible de théoriser « le » politique, tant dans ses définitions abstraites que dans les formes concrètes de la politique, sans s’appuyer sur sa théologie et plus précisément sur sa « théologie politique », dont les formes actuelles et les réaménagements ne peuvent à leur tour être évalués sans faire référence aux médias technologiques, d’hier et d’aujourd’hui. C’est particulièrement flagrant dans les diverses manières dont la violence, la violence phénoménale et politique, la violence gratuite comme celle des guerres dites « justes », se légitime en se raccrochant à des raisons et des motivations qui restent transcendantes et excèdent toute cause possible. Ce constat informe l’hypothèse centrale du présent ouvrage : pas de violence, injuste ou apparemment juste, sans religion ; pas de religion sans une certaine violence empirique ou symbolique, ni sans cette violence que l’on peut qualifier de « transcendantale ».
En empruntant la voie ouverte par Derrida dans ses lectures de Kant notamment, cette étude montre que la marque la plus profonde de la tradition occidentale est moins à chercher dans la dogmatique théologique et l’éthique, l’esthétique et la pratique rituelle, que dans l’exposition sans cesse réitérée à et d’un « horror religiosus », et entend proposer une interprétation de ce que, à présent, cela peut précisément vouloir dire.
Publié dans Publications des Directeurs de programme |
1 mars 2013
Sous la direction de Alain Kleinberger et Philippe Mesnard
Paris, Kimé, février 2013
568 p.
ISBN 978-2-84174-607-1
29,00 €
Au-delà des polémiques sur l’irreprésentabilité de la Shoah, les contributeurs de ce volume – parmi les plus grands spécialistes de la question – se sont interrogés sur les possibilités techniques, esthétiques et éthiques que recèle la fiction dès lors qu’elle aborde un tel sujet. Chaque intervenant livre une étude d’une ou de plusieurs oeuvres sur une période qui s’étend de la fin de la guerre jusqu’aux années 2000, du noir & blanc des années 1940 aux téléfilms actuels. S’il n’est pas un débat ou une tendance critiques sur la représentation de ce génocide qui ne soit abordé, l’originalité de cet ouvrage ne s’arrête pas là. Pour mieux comprendre les ressources et les enjeux du cinéma confronté à cet événement réputé intraitable, il a fallu faire intervenir le théâtre et sa science immémoriale de la cruauté sur scène. En cela, ce volume est sans précédent.
La fictionnalisation de la Shoah est une question doublement critique, désormais présente, sinon incontournable dans et pour notre culture. Doublement critique, d’une part, au regard d’une violence dont la radicalité et le projet mêmes ont dépassé l’imagination, y compris l’imagination de la violence extrême et, d’autre part, par l’histoire polémique qui en accompagne et, parfois, conditionne la réception.
Publié dans Publications des Directeurs de programme |
24 juin 2012
Collection : Diasthème
73 p.
ISBN 978-2-919121-07-6
15,00 €
Toute phénoménologie, par définition, part de et en reste au monde tel qu’il s’offre à la conscience. Une « phénoménologie de la transcendance » semble donc une entreprise impossible, puisqu’il s’agirait de chercher dans l’expérience du monde « quelque chose » qui ne puisse en aucune manière que ce soit être rapporté au monde. L’expression de « phénoménologie de la transcendance » est ainsi formellement contradictoire : car si la transcendance était «phénomène» et pouvait faire l’objet d’une « -logie », d’une saisie par le logos, elle serait précisément de l’ordre de ce qui peut être mis sous la proposition « il y a quelque chose plutôt que rien ». Pour le dire autrement, si la transcendance était objet d’expérience possible, alors justement elle ne serait plus transcendance. Par principe, une « phénoménologie de la transcendance » ne cherchera donc pas positivement « quelque chose » de transcendant dans le monde. Il ne pourra s’agir que d’une phénoménologie de la trace : phénoménologie de ce qui est au monde sur le mode de la non-présence et de la non-représentabilité, phénoménologie de ce qui « brille par son absence » (p. 14-15).
« Seul un monde au cœur duquel s’est ouverte la perspective d’un autre ordre que le sien est inachevé : si aucune brèche, aucune fenêtre n’est ouverte sur un autre horizon que celui du monde tel qu’il est, si le monde est à lui-même son propre horizon ultime et indépassable, alors il est déjà parfaitement achevé » (VII.1).
Publié dans Publications des Directeurs de programme |
12 avril 2012
Collection : Essais
384 p.
ISBN-10 : 2757827022 / ISBN-13 : 978-2757827024
9,00 €
Historien ou philosophe ? Théoricien de la culture ou intellectuel engagé dans les luttes de son temps ? Parce que la trajectoire de Michel Foucault a déjoué de bout en bout ces alternatives, sa relecture contemporaine oblige à adopter un double regard, aussi attentif au détail de ses arguments qu’à la forme même de ses interventions dans l’ordre du discours et l’espace public. Livre à deux voix, entre histoire et philosophie, D’après Foucault rassemble une série d’études dont l’enjeu commun est d’éclairer, par un retour sur l’œuvre de Foucault, la contribution possible de celui-ci aux débats et aux combats du présent, son apport à la compréhension d’une époque qui, déjà, diffère de la sienne. Comment Foucault a-t-il transformé, pour longtemps, les gestes canoniques de l’enseignement ou de l’écriture, leur adjoignant l’exigence du diagnostic, le goût pour l’anonymat ou pour l’éclat de rire ? Quel éclairage offrent ses travaux sur les transformations contemporaines du droit et de la lutte pour les droits, sur l’irruption des soulèvements, sur le renouveau d’une éthique qui ne se réfugie pas dans l’invocation des grands principes ? Comment tirer, de sa lecture, des horizons renouvelés – le programme d’une histoire politique de l’écriture, ou d’une politique des usages et des usagers ? Lecteurs autant que « passeurs » de la pensée de Foucault, Philippe Artières et Mathieu Potte-Bonneville tentent ici d’inventer, vis-à-vis de lui, une fidélité sans nostalgie, afin de prolonger et de relancer cette « morale de l’inconfort » dont il s’est voulu le promoteur, dans la théorie comme dans la politique.
Publié dans Publications des Directeurs de programme |
6 avril 2012
832 pages
ISBN 9782070122646
34,90 €
La crise mondiale du capitalisme porte à redécouvrir Marx. Il serait pourtant vain d’y chercher une doctrine prête à l’emploi moyennant une simple actualisation. Ce livre se propose – la chose est plus ambitieuse qu’elle ne le paraît – d’apprendre quelque chose de cet ensemble de questions et de réponses, afin non pas d’y trouver l’assurance d’un avenir meilleur, mais de penser notre présente situation historique et sociale et d’en concevoir une issue possible.
Tous les grands textes de Marx cherchent à articuler deux perspectives très différentes. La première est la logique du capital comme système achevé – à la fois le mouvement inéluctable par lequel le capital se développe en une totalité qui se subordonne tous les éléments de la société, et le jeu des lois immanentes de la production qui le conduit à accoucher nécessairement d’un nouveau mode de production. La seconde est la logique stratégique de l’affrontement : la guerre des classes, sourde ou ouverte, transforme les conditions de la lutte, modèle les subjectivités des acteurs et, pour finir, dégage les dominés de l’assujettissement, leur traçant la voie de l’émancipation. Loin de donner à la doctrine une cohérence inentamable, le « communisme » est le moyen terme imaginaire chargé de résoudre cette tension entre les deux perspectives disparates qui écartèlent de l’intérieur la pensée de Marx.
Mettre en évidence cette disjonction indépassable – entre le jeu de l’action révolutionnaire dans l’histoire ou l’implacable automate qui brise toute résistance et se soumet chaque individu – nous aide à poser la question qui est aujourd’hui la nôtre : comment nous libérer du capitalisme, de cette forme historique qui est devenue « monde », sans être condamnés à le subir encore longtemps, au prix de ravages de tous ordres dont nous ne faisons aujourd’hui qu’entrevoir l’ampleur ?
Plus d’informations : Question Marx
La poursuite de la recherche en séminaire : Du public au commun
Publié dans Publications des Directeurs de programme |
1 avril 2012

Collection : Papiers
138 p.
ISBN 978-2-910227-70-8
28,00 €
L’arrivée de l’internet fait figure de révolution : technologique, intellectuelle, idéologique, sociologique. Cet ouvrage a pour ambition de poser quelques jalons théoriques et historiques : l’internet est une technologie du « temps long », un des avatars des modes de calcul et de pensée connus en Mésopotamie, en Iran, et plus près de nous, de la machine à calculer de Turing ; comme l’imprimerie lors de son invention, l’arrivée de l’internet impose une modification des modes de production de l’écrit, de la pensée et de sa transmission.
Ce sont ces voies, nouvelles en ce qu’elles ne posent pas l’internet comme une rupture brutale avec toute histoire antérieure, qui sont explorées par Henri Desbois, Éric Guichard, Clarisse Herrenschmidt, Paul Mathias et Philippe Rygiel.
Les auteurs sont tous membres fondateurs de l’équipe de recherche Réseaux, Savoirs & Territoires de l’École normale supérieure – Ulm (Paris).
Publié dans Publications des Directeurs de programme |
29 mars 2012

Paris, Vrin, septembre 2011
Collection : Bibliothèque des philosophies
272 p.
ISBN : 978-2-7116-2344-0
26 €
Pour beaucoup, philosophes ou non, Spinoza est avant tout le nom d’un affect : lire Spinoza, penser avec Spinoza, se servir de Spinoza, ce n’est pas simplement gratter un vieil os avec indifférence ; c’est chercher, à travers l’épreuve d’une pensée à la radicalité certaine, une véritable modification de soi. Toute la philosophie de Spinoza peut dès lors être lue à travers cette perspective : comment se modifier soi-même, en comprenant et transformant son union – affective – avec les choses, avec les autres, avec Dieu. Comment s’unir pour devenir plus ferme, plus fort, plus libre – plus éternel en somme. Comment s’unir… au risque de se désunir.
Publié dans Publications des Directeurs de programme |
26 mars 2012
Paris, L’Harmattan, septembre 2011
Collection : La Philosophie en commun
Avec une préface d’Étienne Balibar
252 pages
ISBN 978-2-296-56327-8
24,5 €
Nous n’avons pas encore saisi le sens fondamental de l’œuvre de Foucault. Certes, cette œuvre ne cherche pas à établir de nouvelles normes pour la vie et la pensée. On l’accuse d’avoir comme seul but la subversion de la forme présente de la société. Elle apparaît comme une succession d’analyses concrètes et d’études dispersées, plus que comme un système abstrait et un tout cohérent. Ce sont des raisons assez fortes pour que l’on doute du caractère même d’œuvre que constitueraient l’ensemble de ces travaux. À plus forte raison, ces textes rassemblés ne sauraient former une œuvre philosophique. Ils ne seraient plus que les traces d’un simple – quand bien même impressionnant – « parcours intellectuel ».
Mais une œuvre peut chercher à montrer comment sont les choses, sans prétendre dire comment elles devraient être. Elle peut briser les évidences et lancer l’invitation à ce que d’autres jettent les bases pour de nouvelles formes d’existence. De plus, on peut considérer que les recherches sur des domaines circonscrits (la folie, la prison, la sexualité) ont un recours subtil à des schèmes spéculatifs et abstraits qui sont le fait de la philosophie. Si nous parvenons à comprendre que ces réalités sont intimement associées dans la démarche de Foucault, et si par ailleurs nous démontrons qu’elles ne sont pas des caractéristiques transitoires, mais des traits constants de son travail, alors il n’y aura plus de raisons pour refuser à ce dernier le statut d’œuvre, ni pour hésiter à lui reconnaître sa valeur philosophique.

Introducción y extractos del libro en español :

Publié dans Publications des Directeurs de programme |
26 mars 2012
Collection : Contextes
ISBN 978-2-7132-2285-6
322 pages
32 €
Par nécessité, un livre sur Luther et la philosophie ne peut qu’être un livre sur la haine de la philosophie. Que signifie haïr la philosophie en 1520 ? C’est une question de philosophie, car la philosophie en est l’objet. Mais c’est aussi une question d’histoire.
Ce livre montre comment une question de la philosophie a pu se constituer en mobile d’une réforme religieuse. Luther s’est fait une vocation d’« aboyer contre la philosophie et exhorter à l’Écriture sainte ». Ce mot d’ordre ne se comprend que dans son monde : celui des livres et des Écritures, de l’École et du cloître, des censures et des condamnations, celui d’Aristote. Il n’y a pas d’un côté la Réforme, de l’autre la critique de la philosophie. La Réforme est le nerf à vif de l’antiphilosophie luthérienne, et l’antiphilosophie a fait des années 1510-1530 une conjoncture doctrinale à nulle autre pareille.
L’histoire et elle seule offre les instruments d’une méditation philosophique de la Réforme. Elle s’impose ici sous ses formes les plus rigoureuses : histoire de l’Église, de l’Université, histoire de l’exégèse, histoire du livre. En retour, la Réforme relance l’enquête sur l’effectivité historique de la philosophie, dans la diversité de ses rythmes doctrinaux.
Présentation par l’éditeur
Publié dans Publications des Directeurs de programme |
26 mars 2012

Sous la direction de Gabriel Rockhill et Alfredo Gomez-Muller
240 pages
Collection : New Directions in Critical Theory
ISBN : 978-0-231-15187-0
$26.50 / £18.50

Ce livre a une version française, publiée en 2010 aux Éditions du Félin.
Publié dans Publications des Directeurs de programme |